27 février 2008

A Mulhouse, la campagne droite-gauche de Jean-Marie Bockel

A Mulhouse, la campagne droite-gauche de Jean-Marie Bockel

"La gauche française croit tellement détenir la vérité révélée, balaie M. Bockel, que lorsqu'elle est rejointe par des gens venant de la droite, elle considère qu'ils ont enfin découvert le droit chemin, alors qu'elle vit l'inverse comme une trahison. Au fond, elle met plus d'énergie à garder le temple qu'à se rénover."

L'ancien premier adjoint de M. Bockel à la mairie sera pourtant le candidat socialiste contre lui, et il sait bien que "beaucoup de gens qui, hier, votaient pour moi et appréciaient mon bilan voteront pour lui par choix d'étiquette politique." Evidemment, l'impopularité grandissante du président de la République n'a pas arrangé les choses : "Les plus hostiles répètent : on le lui avait bien dit, il n'aurait jamais dû rejoindre Sarkozy."

Il y a quelques semaines, le Mouvement des jeunes socialistes local a distribué un tract sur lequel figuraient sa photo et celle du chef de l'Etat, en noir et blanc, sinistres à faire peur. Sa femme, qui avait connu les années de militantisme au sein du PS, en a été outrée. Mais M. Bockel ne regrette pas son choix. Tout juste constate-t-il la difficulté de la situation lorsqu'il va soutenir des candidats de l'UMP ou du Nouveau Centre : "Je vois bien que, pour une partie de l'UMP, je suis un intrus."

"MOI, LE SOCIAL-LIBÉRAL"

Les cultures politiques entre droite et gauche restent différentes : "Au PS, le culte du chef est tout de même moins prégnant, sourit-il, mais il y a de profonds changements à droite, avec des gens plus modernes, plus sociaux et, au fond, moi le social-libéral, je me retrouve en phase avec des libéraux-sociaux."

Pour autant, s'il est parvenu à rallier Philippe Trimaille, l'ancien porte-parole de l'UMP au conseil municipal de Mulhouse, qui avait menacé de mener une liste dissidente, M. Bockel fait toujours l'objet de l'hostilité sourde de la députée UMP du Haut-Rhin, Arlette Grosskost.

C'est aussi pour cela que le maire garde un regret : "S'il y avait eu une véritable coalition, un vrai pacte de gouvernement accepté par les formations politiques, les choses auraient été plus faciles." Mais il sait bien qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible. "Je savais que ce serait difficile, dit-il donc crânement. Je n'ai pas d'états d'âme."

Raphaëlle Bacqué

Article paru dans l'édition du 27.02.08.

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