29 février 2008
Le vrai métier de Sarko : manager !
Le vrai métier de Sarko : manager !
Le magazine Management consacre un dossier spécial au PDG de la France, Nicolas Sarkozy. Un régal !
« Un patron au contact direct », « un fin négociateur », un « Pdg en CDD de l'entreprise dont nous sommes tous les actionnaires »… le numéro de Management
du mois de mars se penche sur un chef d'entreprise un peu particulier :
Nicolas Sarkozy. Pas moins de 22 pages lui sont consacrées, calées
entre un portrait de la dirigeante de Concorde Hotels & resorts et
un autre du Pdg du groupe LaSer. Tout au long du dossier, une armée de
coaches, consultants et DRH commentent les méthodes d'un Président « polychrome et multitâche » (sic). Et l'on découvre, au fil de la lecture, que Sarkozy a recours à des techniques très « business » : « benchmarking » des idées politiques, « focus group » pour tester la popularité des réformes auprès de panels de consomm… pardon, de citoyens, équipe de conseillers en forme de « comité de direction ».
On apprend même que notre Pdg national a fait appel à un prestigieux
prestataire, le Boston consulting group, pour rendre plus attractif son
projet présidentiel. En somme, il était logique que Sarkozy, qui
organise l'Elysée comme un cabinet d'audit, soit sanctifié dans le
premier magazine de management.
Bien gérer son stress
Seul hic, ce dossier, assez élogieux, a sans doute été élaboré avant
que Sarkozy ne dévisse à grande vitesse dans les sondages. La
périodicité du magazine ne lui a pas non plus permis de prendre en
compte les événements récents. Evidemment, après l'affaire du Salon de
l'agriculture, les éloges du très médiatique consultant George
Chétochine sur la « capacité à rebondir sur une réaction de la salle » de Nicolas Sarkozy perdent un peu de crédit. Lorsque la salle se fend d'un « touche-moi pas », on a pu voir depuis les limites des « rebondissements » présidentiels.
Merci patron !
Autre curiosité : les grands patrons appelés à « évaluer les compétences » de
Sarkozy. Parmi eux, on trouve par exemple Pierre Kosciusko-Morizet,
fondateur de Priceminister et frère de la ministre de l'Ecologie (déjà
présent sur le plateau de Béatrice Schoenberg). Sans surprise, il loue « l'énergie, la capacité de travail et la vivacité »
du chef de l'Etat. Viennent ensuite les panégyriques de Dominique
Desseigne, président du groupe Lucien Barrière et propriétaire, entre
autres, du Fouquet's (« très réactif », « capacité d'écoute », « curiosité bluffante »), de Laurence Parisot, la présidente du Medef (« sens du résultat et de l'efficacité »), de Maurice Lévy, président de Publicis (« agile, rapide, énergique »), de Bertrand Méheut, pdg de Canal + (« force d'entraînement considérable »). Et même d'Anne-Marie Idrac, alors à la tête de la SNCF, qui assure que « c'est un vrai manager ». Depuis, le manager en question l'a virée pour la remplacer par Guillaume Pépy, mais, comme l'explique très bien Management
quelques pages plus loin dans un autre article, c'est aussi le rôle
d'un bon patron de savoir se séparer de certains éléments quand il le
faut. Enfin, à l'heure où Sarkozy se refuse à « vider des caisses déjà vides »,
on méditera sur le commentaire de Geoffroy Roux de Bézieux, le Pdg de
Virgin (lui aussi sur le plateau de Schoenberg), pour qui le président,
ex-roi de la com' « est davantage un marketeur qu'un financier »...
Vendredi 29 Février 2008 - 00:04
Anna Borrel
Plus fort que Thierry Meyssan : Marion Cotillard !
Plus fort que Thierry Meyssan : Marion Cotillard !
Pour la jeune comédienne, c'est clair : il n'y a pas eu d'attentats le 11 septembre, et l'homme n'a jamais marché sur la lune. On nous cache tout, on nous dit rien. Mais la Môme, elle parle trop, c'est sûr.
Marion Cotillard, oscar de la meilleure théorie du complot - MyCine - Flickr
A l'occasion du triomphe de Marion Cotillard aux Césars comme aux
Oscars, Paris Première a rediffusé cette semaine le numéro que
l'émission Paris Dernière avait consacré, il y a tout juste un an, à la
comédienne. Avec son adorable candeur, la talentueuse jeune femme y
laisse le journaliste Xavier de Moulins la suivre au cours de ses
pérégrinations, se prêtant au jeu de l'interview décalée avec bonne
volonté. Le problème, c'est que si les questions sont très second
degré, les réponses ne le sont pas toujours. Au cours d'une séquence
tournée dans les catacombes, Marion Cotillard se laisse même aller à
tenir au sujet des attentats du 11 septembre des propos que Thierry
Meyssan n'aurait pas reniés. Jugez-en :
[Xavier de Moulins lui demande ce qu'elle pense de la
thèse selon laquelle la mort de Coluche ne devrait rien à un accident]
Marion Cotillard : J'ai tendance à être plutôt souvent de l'avis de la théorie du complot.
Xavier de Moulins : Un peu parano ?
M. C. : Pas
parano, non c'est pas parano parce que je pense qu'on nous ment sur
énormément de choses : Coluche, le 11 septembre. On peut voir sur
internet tous les films du 11 septembre sur la théorie du complot.
C'est passionnant, c'est addictif, même.
X. de M. : Sur le 11 septembre par exemple, toi, qu'est-ce qui t'a le plus troublée, concrètement ?
M. C. : On
te montre d'autres tours du même genre ayant pris des avions, ayant
brûlé… il y a une tour, je crois que c'est en Espagne, qui a brûlé
pendant 24 heures.
X. de M. : Avant de s'effondrer ?
M. C. : Elle
ne s'est jamais effondrée ! Aucune de ces tours ne s'effondre. Et là,
en quelques minutes, le truc s'effondre. Et puis après, on peut en
parler longuement… Parce que c'était bourré d'or les tours du 11
septembre. Et puis c'était un gouffre à thunes parce qu'elles ont été
terminées, il me semble, en 1973 et pour recâbler tout ça, pour le
mettre à l'heure de toute la technologie et tout, c'était beaucoup plus
cher de faire des travaux etc. que de les détruire…
[A ce stade, il semble que le reste de sa tirade ait été coupé au montage, pour en arriver à la conclusion :]
Est-ce
que l'homme a vraiment marché sur la lune ? J'ai vu pas mal de
documentaires là-dessus et ça, vraiment je m'interroge. Et en tout cas
je ne crois pas tout ce qu'on me dit, ça c'est sûr.
Finalement, Marion Cotillard, on la préfère au cinéma qu'à la télé !
PS : Nous aurions volontiers mis en ligne les images de cette séquence
télévisée d'anthologie, malheureusement le service juridique de Paris
Première ne nous a pas donné son accord, et le service communication
n'a quant à lui pas jugé opportun de nous faire parvenir la copie de
l'émission - nous avons donc attendu sa rediffusion pour procéder à une
retranscription des propos de Marion Cotillard.
Vendredi 29 Février 2008 - 07:00
Bénédicte Charles
26 février 2008
Municipales (5) : on ne change pas un programme qui gagne !
Municipales (5) : on ne change pas un programme qui gagne !
Entre 2001 et aujourd'hui, Richard Dell'agnola, député-maire UMP de Thiais (Val de Marne) n'a pas changé. Son programme non plus. La preuve par l'image.
Richard Dell'agnola, député-maire UMP de Thiais (Val de Marne) est élu
à la tête de sa ville depuis 1983. Le secret d'une telle longévité ? Un
programme en béton. Indestructible. D'ailleurs, à quelques détails
près, il est quasiment le même cette année qu'en 2001, comme vous
pourrez les constater sur les extraits que nous en publions. Bien
entendu, Richard Dell'agnola s'en défend sur son blog, et affirme avoir seulement «
fait le choix de conserver la même charte graphique et la même
présentation », « pour des raisons de cohérence et de continuité dans
la communication ». Quant au contenu, il compterait aujourd'hui
41% de proposition nouvelles. Ce qui signifie que 59% sont des vieilles
promesses non tenues ! Devant tant d'honnêteté, on ne peut que
s'incliner… et inviter les internautes à jouer au jeu des erreurs :
qu'est-ce qui a changé à Thiais en sept ans ?
Réponse : la cravate du maire.
Quelques exemples de la constance du maire de Thiais dans ses propositions :
En 2008, Thiais occupe toujours la même « position stratégique »,
raison pour laquelle la ligne 7 doit être prolongée et le tramway
installé sur la RN7. Différence considérable : le développement des
pistes cyclables ne fait plus partie du « plan de développement urbain » mais tombe sous le chapitre « sécurité routière ». Un détail qui change... pas grand chose.
Comme c'est court, 7 ans : depuis les dernières municipales, le maire
n'a même pas eu le temps de réaliser l'éclairage du parking du Palais
Omnisports, de réhabiliter le gymnase Charles-Péguy, ou de développer
des classes sportives au collège Albert Camus !
Mardi 26 Février 2008 - 00:23
Bénédicte Charles avec Sylvain Lapoix
Et si on renationalisait TF1 ?
Et si on renationalisait TF1 ?
Invité au micro de France-Inter, Emmanuel Todd a pris tout son auditoire de court en proposant de renationaliser TF1. Le sociologue estime, en effet, que la privatisation de la chaîne est à l'origine de la stagnation du niveau des élèves.
TF1, chaîne publique ? (Photo Matthieu Guérin)
Grand artisan de la privatisation de TF1 en 1986, François Léotard en
convenait lui-même lors d'une émission chez Michel Drucker, la mise en
œuvre de ce projet ne correspondait pas tout à fait, aujourd'hui, à
l'idée qu'il s'en faisait à l'époque.
Le
démographe et sociologue Emmanuel Todd a mis récemment encore plus les
pieds dans le plat en appelant à une « renationalisation de TF1 », jugeant par ailleurs « scandaleux que la chaîne privée utilise les couleurs de la République alors que le secteur public ne le fait pas ».
«
Après 20 ans d'observation, nous sommes obligés de nous poser la
question, quel est le rôle de la télévision privée dans les difficultés
éducatives que rencontrent les élèves ? L'obsession de l'audimat, la
diffusion massive de la publicité, la mise à niveau supposée du
téléspectateur etc. Si j'ai conscience que la télévision ne peut pas
avoir un contenu intellectuel fort, il doit y avoir une différence de
contenus entre la télévision publique et la télévision privée. Et la
télévision privée a fait disparaître cela » expliquait-il sur les ondes de France Inter.
Jugeant « absurde »,
la proposition du président de la République de supprimer la publicité
sur les chaines publiques, Emmanuel Todd a estimé qu'il y avait «
là une occasion de poser la question de TF1. Nous devons renverser le
problème. Compte tenu du rôle négatif joué par la télévision privée sur
l'évolution éducative de la France et du rôle perturbateur pour la
démocratie joué par TF1, je crois très sérieusement que se pose la
question de la renationalisation de TF1 pour constituer un service
public fort avec un statut proche de celui de la BBC pour assurer son
indépendance ».
Questionner la télé mercantile
Si la proposition paraît aujourd'hui insensée, Monique Dagnaud, directrice de recherche au CNRS et membre du CSA de 1991 à 1999 juge «
incontestable que la télévision dans sa globalité a modifié le rapport
au livre et à l'érudition, mais de là à dire que TF1 est à l'origine
des difficultés éducatives d'une génération, cela me paraît un peu
compliqué. C'est désigner une cible rapidement, car c'est aussi la
multiplication des chaînes commerciales. Privatiser une chaîne
existante –et la première d'entre elles-, il n'y a qu'en France que
l'on a vu ça, mais c'est tout le développement d'une télé mercantile
qu'il faut questionner. Cette vision à l'emporte pièces me paraît ne
pas comprendre ce qu'il s'est passé. Les chaînes publiques sont entrées
aussi dans ce jeu là, les émissions de Pascale Breugnot sur Antenne 2
dans les années 80 en témoignent. Il y a deux moments clés dans un tel
processus, l'avènement de la télévision elle-même et l'arrivée de la
télévision commerciale ».
Evidemment, la chaine du supposé mieux-disant culturel n'a pas tout à fait rempli son cahier des charges, mais « il a été révisé et elle a de fortes obligations en matière, par exemple, de fabrication de journaux télévisés ».
Sceptique sur la solution proposée par Emmanuel Todd, Monique Dagnaud le rejoint au moins sur un constat : «
La télévision c'est le contraire de l'école. A l ‘école, on apprend par
paliers, à la télévision, on est tout de suite confronté au monde ».
Un résultat très incertain
Au Parti Socialiste, une telle proposition relève de la patate chaude,
difficile à défendre compte tenu du poids que pèsent les médias
audiovisuels dans le jeu politique. Stéphane Pellet, secrétaire
national chargé des médias en convient : «
C'est une idée très forte sur le plan symbolique, forte aussi dans
l'énoncé mais sans doute peu efficace, très difficile à mettre en œuvre
avec des conséquences que je n'imagine pas pour un résultat très
incertain. Mais évidemment qu'à l'époque, privatiser la première chaîne
a été la pire des solutions. Cela reste, pourtant, une vision un peu
schématique. D'abord parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas une télévision
privée, mais des télévisions privées et on remarque aussi une migration
vers d'autres écrans, donc on constate une baisse du poids de TF1. La
critique de ces médias est de plus en plus présente par d'autres biais.
L'analyse d'Emmanuel Todd est sans doute juste mais il y a d'autres
moyens de bâtir un audiovisuel public fort et innovant. D'abord en
parts de marché le rapport public-privé est plutôt équilibré. Ensuite
lors de la présidentielle, nous avons moins choisi de faire porter nos
efforts sur un combat contre les chaînes commerciales, mais plutôt sur
un renforcement du secteur public par divers modes de financements :
augmentation de l'assiette de la redevance, taxe sur la publicité et
les télécoms».
Une reprise en main nécessaire de l'Etat
Conscient de prendre ses interlocuteurs à contre-pied, par un discours
quelque peu provocateur et décalé, Emmanuel Todd a reçu dans le studio
de la station publique un accueil amusé, provoquant des rires chez les
professionnels et journalistes. Un indice du point de non-retour qu'a
atteint l'audiovisuel français. A contrario, il semble que France Inter
a reçu de très nombreux témoignages d'auditeurs favorables à la
proposition d'Emmanuel Todd. Monique Dagnaud ne s'en étonne guère :
« il y a toujours une forme de bonne volonté culturelle quand ces
propositions sont formulées. Les gens sont pour mais continuent à
regarder TF1 ». Emmanuel Todd, pour sa part, fait le pari d'un moment de crise salutaire : «
je sais que mon discours est décalé car nous vivons l'apogée de l'idée
de marché. Mais, passé le moment du « grand n'importe quoi Sarkozy » se
posera la question d'une reprise en main par l'Etat ».
Renationaliser TF1 : un train de retard ?
Sur le plan « pratique », renationaliser TF1 ne serait pas une mince
affaire : compensations pour le groupe Bouygues, remise à plat totale
du paysage audiovisuel français, nécessité de trouver de nouveaux
financements, bouleversement des rapports avec les producteurs. « Tout est envisageable » estime Monique Dagnaud, « mais le modèle européen consiste plutôt en des pôles publics forts et bien financés ».
Si la proposition a la force du symbole, et en paraît d'autant plus
sympathique, elle semble présenter une faiblesse essentielle :
s'attaquer au problème tel qu'il se présentait il y a 20 ans, au moment
même de la privatisation de la première chaîne, quand le PAF était
presque un monde tranquille. La multiplication des écrans, des moyens
de diffusion obligent désormais à dépasser le « problème » TF1
–peut-être même se règlera-t-il de lui-même- pour s'atteler à la
définition d'un plan bien plus ambitieux comprenant autant les missions
des médias audiovisuels que la maîtrise des outils numériques.
Mardi 26 Février 2008 - 00:02
Régis Soubrouillard
25 février 2008
RATP : caisses et pataquès
RATP : caisses et pataquès
Où l'on apprend que la RATP songe à revenir sur le tout automattique et à rétablir les guichets. Un bon exemple de l'incurie diffusée par le management moderne.
(Photo Phil h, flickr, cc)
Une rumeur court au sein du personnel de quai de la RATP, qui semble le
réjouir... Les caisses seraient prochainement de retour. Bonne nouvelle
– pour les clients de même - si elle est confirmée ? Petit rappel des
faits pour le savoir : depuis bientôt neuf mois, les guichets du Métro
parisien sont privés de caisse(s) et de personnel dédié à leur
fonctionnement (prise de commande et encaissement) ; en lieu et place,
on trouve des « comptoirs d'information » c'est-à-dire des espaces
conçus non pour délivrer des titres de transport mais pour renseigner
les clients. Renseigner seulement ? Mais alors... pour les tickets, on
fait comment ? Pas de problème ! De splendides automates vous délivrent
vos titres de transport sur demande.
Enfin presque... Car avec dextérité, il vous faut jouer du
rouleau – la commande qui permet de déplacer un curseur – puis
sélectionner et valider un choix dans un menu, ou plus exactement dans
une série de menus qui défilent sur un écran. L'agilité des doigts est
recommandée ainsi que la compréhension de la logique propre aux
technologies de l'informatique. Quant au paiement, glisser pièces ou
billets dans une fente s'avère souvent fastidieux et « chronophage ».
Dés lors, le résultat ne s'est pas fait attendre. En effet, hors les
réactions de rejet - émanant de publics ne goûtant pas l'automatisation
: personnes âgées, individus maîtrisant mal ou peu la langue française,
étrangers et touristes de passage à Paris – des phénomènes de queues et
autres files d'attente ont fait leur apparition, suscitant le
mécontentement des clients. Et, ironie du sort, ce qui avait été
initialement conçu pour permettre de gagner du temps se révèle être un
système qui en fait perdre dans plus d'un cas notamment lorsque le
personnel de la RATP doit donner un cours d'utilisation des machines à
quelqu'un, ce qui, immanquablement, provoque un ralentissement du flux
des acheteurs devant l'automate.
Une nouvelle race de technocrates
Que dire de ce paradoxe ? Qu'il traduit une réalité propre aux
organisations complexes que sont les grandes entreprises en général, et
les services publics dont la mission est celle du transport en
particulier, à savoir que certaines décisions émanent d'une nouvelle
race de technocrates : les analystes des besoins et du mental des
clients, grands connaisseurs (en principe !) de ce qui se trame dans la
tête, pour ne pas dire « l'âme » du consommateur. Ce, sans forcément -
voire très rarement – connaître ledit client et expérimenter, à sa
place et dans les mêmes conditions que lui, le produit qu'il utilise.
(Photo Daquella Manera, flickr, cc)
Ces savants, ces brillants théoriciens supputent, imaginent, modélisent
et conçoivent, loin du terrain et de ses réalités, des solutions qui
n'en sont pas. Remplis de certitude mais dépourvus de bon sens,
endoctrinés (la plupart au sein des « Sup de Co ») à coup de théories
fumeuses où domine le management libéral, ils prônent la communication
et la rentabilité mais engendrent plus sûrement le compliqué et
l'inadéquat.
Car après tout, le Métro et le RER, c'est simple. Que
veulent les usagers/clients ? Ni communication ni conseil toutes les
cinq minutes, contrairement à ce que disent les enquêtes sur leurs
soi-disant attentes et les enseignements (à courte vue) qui en ont été
tirés. Alors que veulent réellement les usagers/clients ? Aller vite et
en sécurité et ne pas attendre dans des lieux sales. Que faut-il pour
cela ? Des caisses et des guichetiers, des rames ou des trains, des
personnels de surveillance et d'entretien.
Le tout ... en (très) grand nombre.
La « privatisation des esprits » est en marche
Pour l'avoir ignoré, la RATP va sans doute être contrainte de
réinstaller ses caisses et remettre en poste des guichetiers pour les
faire fonctionner. Et à la dépense (en dizaines et dizaines de milliers
d'euros) occasionnée par la désinstallation des caisses et de leur
système et réseau se rajouterait celle du sens contraire : les remettre
et réintroduire des organisations du travail intégrant à nouveau le
métier de caissier et son temps de disponibilité pour encaisser et
délivrer des titres de transport.
Au-delà de cet exemple – presqu'anecdotique – limité à la
seule RATP se pose le problème de l'évolution générale des modes de
gestion des services publics de plus en plus impactés par une
privatisation rampante, celle des esprits notamment, exigeant
efficacité (souvent apparente mais pas si réelle ni si opérationnelle
que cela sur le long terme) et rentabilité aux allures de réduction des
coûts fleurant bon le cost killing
et utilisant notamment la sous-traitance vers le secteur privé à tour
de bras. Même l'armée subit le même sort, subissant les affres de
livraison et dotation de matériels – habillement de terrain et combat
notamment – très peu voire pas satisfaisantes.
Certes, ce n'est pas parce que l'on affaire au service
public qu'il faut ériger inefficacité, gaspillage en ligne voire
doctrine de conduite. Mais l'excès inverse qui consiste à introduire
partout et en tout du « tout management » méconnait fondamentalement
une réalité de cette activité au service du public : apporter une
prestation utile – mission d'intérêt général - réalisée dans des
conditions d'organisation et de rentabilité autres que celle de
l'initiative privée fondée uniquement sur le souci du lucre et de la
rentabilité.
Lundi 25 Février 2008 - 00:11
Jean-Louis Denier
24 février 2008
L'affaire Martinon exhume les vices du métier de sondeur
L'affaire Martinon exhume les vices du métier de sondeur
Qui a tué Martinon et pourquoi est-il mort ? Où il apparait que les instituts de sondage ont joué le rôle de poignard dans le coup des « assassins ».
lemaire.benjamin - Flickr
Le site de Paris Match
revient sur l'affaire du fameux sondage de Neuilly, qui a joué un rôle
essentiel dans la disgrâce municipale du candidat David Martinon. On se
souvient qu'Arnaud Teullé, le concurrent « umpiste » de Martinon avait
été dénoncé comme le commanditaire du sondage, sur la foi d'une
déclaration de Patrick Devedjian confirmant ce point et d'un
information selon laquelle son nom figurait en en-tête du document
présentant les résultats du sondage de BVA. Arnaud Teullé a ensuite
démenti cette information et exigé de BVA qu'il confirme son
«innocence». BVA a effectivement confirmé à paris-match.com ce que
notre propre enquête nous avait déjà persuadé, à savoir que Teullé est
le «diffuseur» et non le commanditaire de ladite enquête.
Un sondage pour tuer
Commanditeur ou diffuseur ? parismarch.com ironise sur le fait que si
le nom de Teullé ne figurait pas sur la première page du document, il
est effectivement imprimé sur toutes les pages à partir de la page 2.
Le site révèle le contenu édifiant du sondage qui proposait aux
électeurs de «comparer» les trois candidats, méthode qui ne laissait
aucune chance à Martinon. C'était donc bien un sondage pour tuer qui a
été commandé à BVA. Jérome Sainte Marie, que nous avons interrogé, se
réfugie derrière le secret commercial pour ne pas révéler le com de son
client, ce que l'on peut comprendre dans le fonctionnement actuel du
système Mais justement, ce fonctionnement repose un problème
déontologique que Marianne avait déjà soulevé dans une enquête sur les sondages que l'auteur de cet article avait réalisée
: dès lors que les sondages deviennent des agents actifs des campagnes
électorales et qu'ils sont publiés durant toute la durée des campagnes,
la loi ne devrait-elle pas obliger les instituts à publier le nom de
leurs clients ?
Cette exigence d'une transparence à laquelle les
politologues manifestent d'ordinaire leur attachement est d'autant
réactivée par le dossier de Neuilly que selon Rue89,
un autre conseiller aurait été fort actif dans la disgrâce de David
Martinon, en l'occurrence Patrick Buisson le « journaliste » officiant
sur LCI dont Marianne avait établi le rôle de conseiller oculte de Nicolas Sarkozy durant la campagne électorale.
Ce même Buisson aurait donc mis sous le boisseau une deuxième enquête
plus favorable à Martinon. Bref, plus l'enquête progresse sur cette
affaire, plus elle désigne, si ce n'est le Président lui-même, du moins
des membres de son entourage qui souhaitent sans doute lui faire
plaisir ou, surtout, faire plaisir à son fils Jean Sarkozy. La présence
d'Isabelle Balkany, qui s'affiche comme un coach de Jean Sarkozy
lorsque ce dernier s'est déclaré candidat aux élections cantonales
constitue sans doute une autre piste. A suivre.
Dimanche 24 Février 2008 - 00:07
Philippe Cohen
22 février 2008
Derrière le droit de grève soldé 1000 €, Francis Mer, Safran et l'Etat
Derrière le droit de grève soldé 1000 €, Francis Mer, Safran et l'Etat
Une entreprise du sud-ouest propose à ses salariés de renoncer au droit de grève contre 1000 euros. Le scandale n'est pas forcément où l'on croit.
malias - Flickr
La grève est un droit depuis 1864. Et ce n'est pas un gauchiste qui l'a
établi, mais l'empereur Napoléon III, dit «le petit»… Certains chefs
d'entreprises n'ont pas encore compris, ou même admis, que leurs
salariés ont des droits. La société GT Logistics, entreprise de
transports routier, sise à Ranos (Landes), a ainsi voulu « racheter »
le droit de grève de ses 94 chauffeurs qui menaçaient de cesser le
travail. Elle propose une « avance permanente de 1000 euros »,
remboursable en cas de grève. Autrefois Esaü vendit son droit d'aînesse
à son frère cadet Jacob pour un plat de lentilles. Aujourd'hui les
salariés sont invités à céder leur droit de grève contre une prime,
alors qu'il est inscrit dans la constitution depuis 1946. Une
cinquantaine de chauffeurs de l'entreprise l'aurait fait. La moitié du
personnel a donc renoncé à revendiquer des augmentations de salaires.
Exit la grève. On peut, et on doit évidemment condamner le patron de GT
Logistics, trouver peu solidaires ces salariés qui préfèrent le chèque
à la lutte syndicale. Mais avant de les accuser de vouloir revenir aux
âges obscurs du patronat tout-puissant, on se doit d'interroger le
donneur d'ordre, celui qui passe commande à GT, et qui n'est autre que
Turbomeca.
Le « bon exemple» ne vient pas de n'importe où...
Celui-ci, rappelle le patron transporteur, «nous fait obligation de maintenir une obligation de prestation».
Autrement dit : tu livres ma marchandise ou je te coupe les vivres,
quelles que soient tes difficultés. C'est donc la pression du client,
puissant et riche entreprise de l'aéronautique, qui est la cause
première de cet invraisemblable (et probablement illégale) prime de non
grève. Et Turbomeca est une filiale du groupe Safran, dans lequel
l'Etat est le premier actionnaire, et dont le président du directoire
s'appelle Francis Mer, ancien ministre de l'Economie. Safran, comme
nombre de ces grands groupes qui se défaussent de leurs problèmes sur
les sous-traitants, et en particulier ceux du transport, a aussi une
charte d'éthique «maison», qui stipule au chapitre «responsabilité
citoyenne» : «Safran favorise et donne à partager le progrès dans toutes ses dimensions : économiques, sociales et culturelles.» Et si les citoyens demandaient des comptes à Mr Francis Mer ?
Vendredi 22 Février 2008 - 00:03
Hervé Nathan
Le Grand Journal de Canal+ polémique avec JFK
Le Grand Journal de Canal+ polémique avec JFK
Jean-François Kahn était hier l'invité du Grand Journal sur Canal+, pendant lequel Jean-Michel Aphatie et Michel Denisot ont polémiqué de manière énergique avec le fondateur de Marianne sur l'appel pour une vigilance républicaine. Devant l'avalanche de réactions de nos lecteurs, nous publions la vidéo de cette émission.
Pour une vigilance républicaine
Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont
sur un certain nombre de sujets importants des positions très
différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de
convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.
- Leur attachement au principe
républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une
forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.
- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.
- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.
- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante
ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne,
attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver
l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever
les défis du XXI° siècle.
Au-delà de leurs divergences, les
soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément
ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de
l'Histoire de la République.
Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
François Bayrou, ancien ministre, député des Pyrénées-Atmantiques
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancien ministre
Nicolas Dupont-AIgnan, député de l'Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gauliennes
Pour signer ce texte, cliquer ici.
Vendredi 22 Février 2008 - 10:21
Marianne2.fr
Quand les psys se penchent sur le cas Sarkozy
Quand les psys se penchent sur le cas Sarkozy
De très sérieux universitaires planchent à l'Université Paris VII, sur le psychisme de notre Président. Marianne2 y était. L'exposant a parlé d'action et de masturbation.
Même le Washington Post (édition
du 15 février dernier) le dit : la France entière ne bruisse que d'une
question. Et cette question, ce n'est pas : « Carla Bruni va-t-elle
tomber enceinte ? », contrairement à ce que croit la presse de notre
côté de l'Atlantique. Non, que ce soit au bistrot, au boulot ou dans le
métro, ce que les Français - les « vraies gens », quoi - se demandent,
c'est : «Sarkozy a-t-il toute sa tête ?».
Il n'est donc guère surprenant de trouver, dans les programmes de l'UFR
de Sciences humaines Cliniques de l'université Paris VII, un séminaire
de psychanalyse intitulé «Sarkozy, le symptôme – Lecture de l'inconscient».
Le psychiatre et psychanalyste Hervé Hubert, qui anime le cours en
question, a prévu de consacrer 9 séances au «cas» Sarkozy sur la base
de Témoignage, le livre que
Nicolas a publié en 2006 et dans lequel il raconte sa vie, de l'enfance
à la candidature. Nous avions raté le premier cours- dont la conclusion
était, en gros : le principe fondamental du sujet Sarkozy, c'est qu'il
nous dit la vérité et qu'il nous aime (enfin, c'est ce qu'il croit.
Mais en psychanalyse, c'est ce que croit le patient qui est important,
pas la réalité). Voici le résumé du deuxième.
Martyr, prédateur, barbare
L'enfant Sarkozy est un enfant souffrant. Pas beau, pas sportif, se
croyant mal aimé, et vraiment abandonné par son père. D'où l'ombre de
l'enfant qui plane sur les décisions du président : enfant martyr (de
la Shoah, de la pédophilie) ou enfant prédateur, barbare (enfant de
sans-papiers qu'il faut chasser, racaille des cités qu'il faut
éradiquer). On note également l'importance de la notion de puissance
phallique chez un masturbateur forcené qui doute, justement, de sa
puissance. On apprécie aussi le fait que Nicolas, apprenant à 18 ans
que son défunt arrière grand-père était un bijoutier juif de Salonique,
se lance immédiatement dans la quête… de sa part d'héritage
grand-paternel perdue : il se rend à Salonique pour réclamer 4000
francs (et à l'époque, ce n'est pas rien). C'est que Nicolas, à moitié
abandonné par son père qui ne veut même pas verser la pension
alimentaire, a décidé que désormais, il se servirait. Dont acte. Mais
tout ça, nous dit-on, n'est que quête d'amour…
L'action ne doit jamais cesser
L'amour est, avec l'action, le moteur de super Nico. Chez lui, l'action
vaut tout. Elle remplace l'acte qui, lui, suppose un avant et un après,
une réflexion sur les conséquences, une portée symbolique. L'action,
c'est juste le mouvement. Je pense à un truc, je le dis, je le fais. Je
réfléchis après. Pour Sarkozy, l'action ne doit pas cesser, ou l'amour
ne doit pas cesser, sinon, c'est la destruction. Alors, puisque les
Français ne l'aiment plus, Nicolas agit. Et c'est là que son
inconscient parle. « Qui parle ? Ça parle », comme dirait l'autre.
Exemple : je vois dans mon agenda que je dois aller au
dîner du Crif ce soir. Je me dis qu'il faut trouver quelque chose à
dire (action). Puis, je sais pas, l'inspiration sans doute, je dégote
ce truc d'enfant de la Shoah. Action encore. Eh bien non : l'enfant de
la Shoah, c'est mon inconscient qui me l'a dicté. C'est le petit enfant
souffrant en moi qui parle.
Très bien. Mais alors qui, en Nicolas Sarkozy, s'exprime
quand il décide de toiletter la loi de 1905, quand il laisse sa
directrice de cabinet expliquer que la Scientologie, ce n'est guère
plus menaçant qu'un club de bridge ? L'adolescent qui se masturbait en
s'imaginant jouer le rôle de Tom Cruise dans Top gun ?
La suite le 13 mars…
Aphatie en journaliste timide face à la reine Christine
Aphatie en journaliste timide face à la reine Christine
Arbitre des élégances journalistiques, Jean-Michel Aphatie sait ne pas
dépasser les frontières de l'impertinence. Ainsi l'intervieweur des
matinales de RTL a fait preuve d'une rare complaisance avec Christine
Ockrent.
Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie n'aime pas Marianne. C'est son droit le plus strict. De même qu'il a le droit de contester l'appel Républicain lancé par le journal.
Pourtant « l'affaire Ockrent» est, à sa manière, une illustration de la
monarchie élective tant moquée par l'intervieweur des matinales de RTL.
Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent nommés à la tête de
la future holding France Monde (TV5, France 24 et Radio France
international) : un publicitaire, ancien d'Havas (Groupe Bolloré),
proche de Martin Bouygues, appartenant au réseau des « pubards » de
Neuilly, et la femme du ministre des affaires étrangères, habituée des
soirées du Roi, apparemment très en cour à l'Elysée. D'après Le Point, lorsque le nom de Christine Ockrent lui a été suggéré pour le poste, le président se serait exclamé : « Christine ? C'est une excellente idée. Je l'adore ! ».
Christine Ockrent, jamais prise en faute ?
Interviewée
ce matin sur RTL par Jean-Michel Aphatie, Christine Ockrent a nié tout
problème, ne cessant d'évacuer les questions de son interlocuteur.
Christine Ockrent a ainsi affirmé très sérieusement qu'elle « n'avait jamais été prise en faute »
dans sa carrière. Sa campagne grossière pour le « oui » au moment du
référendum européen relevait sans doute du simple oubli qu'à toute
question l'alternative du « non » était une possibilité à prendre en
compte ; ses « ménages » (véritables opérations de relations publiques
pour des entreprises privées) auxquels Jean-Michel Aphatie -qui donne à
l'accoutumée des leçons de journalisme plus vite que son ombre- n'a
fait aucune mention constituent, à l'évidence, une lourde faute
professionnelle. Même la direction de la rédaction de France 3 –et pas
seulement les méchants syndicats comme le dit Christine Ockrent- s'en
est émue.
Aphatie pas à son meilleur niveau
La journaliste s'est également targuée d'avoir exercé son métier 10 ans
aux Etats-Unis, intervenant sur les télés britanniques et japonaises.
Petit détail : en ces pays, jamais un ou une journaliste marié(e) à un
ou une responsable politique n'aurait pu accéder à ce type de poste par
le simple fait des soupçons qu'il engendrait. Il est des exemples à
prendre avec des pincettes…
Fin stratège, Jean-Michel Aphatie aime anticiper les reproches susceptibles de lui être adressés. Ainsi il admet sur son blog n'avoir pas été à son meilleur niveau face à Christine Ockrent.
Dur métier. C'est que les questions dérangeantes que l'on omet de poser
à ses chers confrères sont autant de questions que l'on devrait aussi
parfois se poser à soi-même…
Il a bon dos l'inconscient journalistique qui épure l'information « à l'insu de son plein gré » !
Kahn-Aphatie: Vigilance ou guerre civile ?
Jean-Michel Aphatie explique qu'il ne voulait pas se poser en procureur. Grand bien lui fasse. «
Cette posture aurait charrié trop d'agressivité, trop de violence, et
je pense au bout du compte qu'elle aurait pollué l'antenne et nuit à
son écoute » écrit-il le plus sérieusement du monde. « Non à la
violence et à la pollution des antennes. Assez de la guerre
journalistique ! », l'adage a tout du pacifisme béat, période hippies !
Plutôt que de se lancer dans des explications aussi tordues
que fantaisistes, Jean-Michel Aphatie aurait pu dire la vérité crue à
ses lecteurs : en Terre audiovisuelle de France, un journaliste digne
de ce nom ne touche pas à la Reine Christine. Car lors de ses attaques
répétées envers Marianne
ces derniers temps, monsieur Aphatie n'a pas hésité à se montrer
beaucoup plus agressif, confinant à l'insulte lorsqu'il s'étonne que
l'on puisse dire « autant de bêtises en si peu de mots ». La
tension était encore palpable lors de sa confrontation avec
Jean-François Kahn dans le Grand Journal de Canal-Plus. Certes,
Jean-François Kahn n'est pas Christine Ockrent mais Jean-Michel Aphatie
ne s'est, en l'occurence, que très peu soucié de la violence exprimée à
l'antenne et de la nuisance à l'écoute. Michel Denisot faisant
montre, à certains moments, d'une rare agressivité allant jusqu'à nier
la tenue de certains propos rediffusés quelques minutes auparavant. Ses
camarades de jeu volant à son secours, éberlués que l'on puisse
critiquer l'inattaquable Aphatie.
L'arbitre des élégances journalistiques
A sa manière, le dictionnaire départagera les contradicteurs: la
vigilance désigne un état d'éveil. En rien une parole de guerre civile
comme s'est laissé aller à le dire, très imprudemment, monsieur
Aphatie. De là à dire que l'éditorialiste du Grand Journal se
satisferait d'une population vassale et soumise. Nous n'entrerons pas
dans la surenchère des interprétations.
Celui
qui se veut un arbitre ultime des élégances journalistiques, du matin
au soir, en son terrain de jeu multimédiatique s'était montré bien plus
complaisant avec Nicolas Beytout, le nouveau patron des Echos qu'il
qualifiait de « très bon journaliste. Informé et travailleur, pertinent
et subtil, élégant en plus, solide et cultivé aussi etc. ». Michel Drucker n'aurait pas fait mieux. Peut-être même a-t-il trouvé son maître.
A croire que seuls les hommes politiques doivent garder le privilège
d'encaisser les banderilles de ce toréador. Entre confrères n'est-ce
pas. Sauf Marianne, bien sûr…
Jeudi 21 Février 2008 - 17:49
Régis Soubrouillard