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17 février 2008

Yves Jego, porte-parole de l’UMP, porte plainte contre un blogueur

Yves Jego, porte-parole de l’UMP, porte plainte contre un blogueur


Yves Jego, porte-parole de l’UMP, porte plainte contre un blogueur

Blogosphère libertés individuelles Yves Jego | 17 février 2008 |  ( 6 commentaires )

Auteur : anonyme via Betablog


C’est une grande première pour moi : le 13 mars prochain, je serai traduit devant le tribunal correctionnel de Fontainebleau. Et pourquoi donc, je vous prie ? Ma plume, et en l’occurence mon traitement de texte, agacent souverainement notre porte-parole-député-maire-ump. En effet, Yves JEGO a pris ombrage de mon blog, et a lui-même directement saisi le Tribunal correctionnel pour diffamation et injures. FLAMBERGE, le blog de l’autre actualité monterelaise, réalisé avec mes petits doigts et mes petits moyens de militant socialiste de base, FLAMBERGE est devenu un moustique qui perturbe la magnifique image de papier glacé que donne de Montereau son tellement médiatique premier magistrat. Je confesse que l’on y lit souvent des infos, que très curieusement, on ne trouve jamais ailleurs. En pratique, que me reproche-t’on ? Un portrait un peu trop élogieux de Laurent HAMELIN, le candidat du PS aux prochaines municipales et en contre-point quelques phrases qui ont heurté la susceptibilité du député-maire sortant qui s’estime diffamé et injurié, dans le papier du 24 septembre 2007 dernier.

Extraits de l’objet de la citation devant le tribunal :

Sur la diffamation :

1)« En écrivant : « il n’a jamais grenouillé dans les diverses officines, cabinets et autres distributeurs d’emplois publics réservés. Lui. », Monsieur Yves POEY a imputé à Monsieur Yves JEGO des faits portant atteinte à son honneur et à sa considération. » 2)« En écrivant « Laurent n’est pas un apparatchik de parti, comme notre porte-parole-député-maire-ump », Monsieur Yves POEY a également porté atteinte à l’honneur et à la considération de Monsieur Yves JEGO, en assimilant implicitement, par l’emploi du terme péjoratif « apparatchik » le résultat de son parcours d’homme public et de parlementaire au simple résultat de son militantisme au sein d’un parti politique. »

Sur l’injure :

« En écrivant « Laurent est un fonceur connaissant à la fois le tissu social et économique local, se montrant très en prise avec la réalité du terrain. Lui », Monsieur Yves POEY a commis le délit d’injure envers Monsieur Yves JEGO. »

Voilà donc l’objet du délit.

Beaucoup moins drôle, si Yves JEGO ne demande qu’un euro symbolique, ce qui peut sembler généreux, il demande ma condamnation aux dépens et « 3000 euros de frais non répétibles ». C’est à dire que je vais, en cas de condamnation, être obligé de payer les frais du cabinet d’avocat très très onéreux qu’il a saisi. Le tout avec mon mirifique salaire de fonctionnaire de l’Education Nationale. (Je ne vous fais pas un dessin, vous connaissez la situation en la matière.)

Etouffer l’opposition par la multiplication des procès et des frais d’avocats est une technique bien connue, utilisée notamment aux Etats-Unis par les Républicains, et chez nous, dans nos Hauts-de-Seine. Elle n’a qu’un but, faire crouler sous le poids financier tous ceux qui s’opposent ou ne pensent pas la même chose que l’élu en place. Elle aboutirait à faire disparaître tout débat démocratique, toute critique, s’ils se laissaient impressionner. Je suis quant à moi persuadé de n’avoir utilisé aucun terme insultant, injurieux ou diffamatoire. Et je suis d’autant plus étonné de cette plainte, qu’Yves JEGO a été le premier sur les antennes nationales à justifier au nom de la liberté d’expression et du droit au débat le terme de « dégueulasse » utilisé par Fadela AMARA à propos des tests ADN mis en place par le ministre de l’identité nationale Brice Hortefeux. A moins que pour Yves JEGO, le débat ne puisse exister que dans la presse et sur les antennes nationales, mais en aucun cas sur le plan local, et que la liberté de ton et d’expression ne soit réservée qu’aux seuls membres du gouvernement !

Mon blog

Yves POEY     e.mail : yves.poey@yahoo.es

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11 février 2008

Reflexion pour ceux qui nous trahissent


Reflexion pour ceux qui nous trahissent

gauche Institutions Europe démocratie | 10 février 2008 | Betablog ( 6 commentaires )

Auteur : Brigitte via Betablog


Une question se pose maintenant, lorsque nous élisons nos représentants : nous représentent-ils ou bien peuvent-ils prendre toutes les libertés qui leur plaisent une fois élus ?

Il semble que, certains, prennent leur mandat pour argent comptant et oublient qu’ils sont Notre voix et pas la leur. Il est temps de remettre quelques pendules à l’heure après la gifle que viennent de nous donner nos futurs-ex élus.

Le 29 mai 2005, la France, toutes tendances politiques confondues, a, par plus de 55% des voix, voté contre la constitution européenne.

Monsieur le résident, momentané et actuel, de l’Elysée, nous a menti en disant que “son” nouveau traité était simplifié et mini. Il n’en est rien. Une fois de plus “ON” nous considère comme des imbéciles, des gens incapables de juger de ce qui est bien ou mal pour nous, pour des gens irresponsables dont il faut reprendre le destin en main. Malheureusement, nous sommes capables de lire et de constater que les deux traités n’en sont en fait qu’un seul avec des aménagements marécageux, nébuleux fais pour que le lecteur se perde dans des explications scabreuses, sorties de cerveaux tordus.

Nous ne sommes pas dupes et hélas pour eux, nous savons encore réfléchir. Mais bientôt, nous sera-t-il encore possible, permis, de penser ? Dans certains domaines, ce n’est déjà plus possible. Les médias sont déjà sous contrôle et les infos filtrées, épurées, ciblées nous sont imposées. La TV trash prend le pas sur les documentaires. Qu’une crise pointe à l’horizon.... Le petit père de son peuple nous sort une “news” made in sarkoland ! Et les médias de mettre les réalités de la France sous le paillasson.
- Des grèves sont annoncées = Le petit divorce.
- D’autres arrivent... silence... = ON se montre au bras d’une controverse
- ON reçoit un terroriste qui a le sang de Français sur les mains = ON part en vacances avec “controverse” qui déteste la France et ses habitants
- On fait changer la constitution sans referendum = ON se marie pour se venger...

Que va-t-ON nous sortir du chapeau le jour où la constitution sera passée en force ? Avec l’aide des traites futurs-ex élus ? Un enfant ? Une séparation ? Une nouvelle série de photos embarrassantes pour l’image de la France ?

Et la suite ? Un nouveau divorce ? Une fausse réconciliation avec “ex” ?

Nous sommes pris en otages et nos gardiens sont des gens que nous avions élus en toute confiance. Nous avions élu ces gens parce que nous partagions les mêmes idées, parce que nos idéaux étaient les mêmes. Nous leur faisions confiance. Certains sont passés de l’autre côté, ils ne peuvent donc plus nous représenter. Du moins, ils ne peuvent plus représenter, ceux qui ne sont pas dans leur nouvelle tendance politique. Nous ne pouvons continuer à leur accorder notre confiance.

Dans le cadre du passage en force de la « nouvelle-ancienne » constitution européenne, c’est renier 55% des votants. C’est un soufflet à la démocratie. Un soufflet à tous ceux qui ont voté : NON.

Maintenant, à nous, aux prochaines élections de leur faire savoir que nous n’apprécions pas leur attitude méprisante et dictatoriale. Il y a des candidats qui ne nous ont pas trahis. Des candidats qui restent à nos côtés, qui défendent nos droits, nos idéaux. Des candidats qui nous respectent. Alors restons en masse à leur côté et pour ceux qui ont des lâches dans leur municipalité, dans leur canton, votez pour ceux qui vous soutiennent, pour ceux qui n’ont pas planté de couteau dans notre dos. A nous de faire savoir aux futurs-ex élus que leur fonction est de nous représenter pas de s’auto-représenter. Ils sont nos voix, notre pensée. Nous les avons élus pour qu’ils nous défendent, pas pour qu’il fasse leur petite cuisine personnelle. Nous ne leur demandons pas de re juger ce que nous avons sanctionné.

Le déni de démocratie n’est-il pas le déni de la volonté du peuple ? Peut-on dire que nous sommes toujours en démocratie alors que le gouvernement ne respecte plus le résultat des urnes ?

Dans ce cas, pourquoi devons-nous subir un résident que nous ne voulons pas ? Nous entendons régulièrement que nous devons respecter cette élection, même si elle a été basée sur des mensonges, sur une campagne hyper médiatisée en faveur du maître. Que nous devons respecter ce choix et cette personne alors que celle-ci n’a aucun respect pour nous. Devons-nous accepter d’être des pantins dans les mains des grands argentiers de ce monde qui sont en fait les tireurs de ficelles ? Nous sommes gouvernés par des « Think Tanks » dont les présidents ne sont que les représentants de commerce. Nous devenons des machines à fabriquer les fortunes des autres. Nous ne retirons plus rien de notre travail. Les fruits ne sont pas redistribués, ils partent dans les paradis fiscaux. Maintenant, la situation devient de pire en pire puisque les délocalisations (faites uniquement dans le but de gagner encore plus) nous font perdre ce qui nous permettait de survivre. Que vont décider de faire les gouvernements de droite-droite, des gens qui, de plus en plus nombreux, se retrouvent et vont se retrouver dans les rues ? Faire ce qu’a préconisé un faciste américain ? Créer de grand centre où seraient parqués tous les chômeurs ?

Quand donc la réalité de ce que nous vivons maintenant va-t-elle frapper les gens en plein visage ? Il serait temps de restructurer la gauche, avec à sa tête des personnalités « saines » et pas seulement saines actuellement mais des personnalités qui n’ont pas changé de vestes plusieurs fois dans le passé. Réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard. Demandez à vos élus, les vrais, de reprendre les rennes. Et agissons pour garder nos droits. Faisons notre devoir de citoyens responsables et aussi gardons nos droits. Ce n’est pas seulement pour nous mais pour nos enfants et pour les générations à venir.

Il est temps de réagir..... Versailles doit nous réveiller.... En 1789, on a pris de la brioche en pleine figure. En 2008, on a pris un pain en pleine figure. Et le résident ectoplasme n’est-il pas allé à la lanterne ???

Ça suffit.... maintenant !

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29 décembre 2007

Yade la joie, bonjour bonjour l’hirondelle

BETAPOLITIQUE

Yade la joie, bonjour bonjour l’hirondelle

quinquennat sarkozy | 27 décembre 2007 | Morice sur Agoravox ( 0 commentaires )


Dans ce monde "pipolisé" par la volonté des publicitaires qui y ont vu une manne sans fin, la vie politique vient de changer de sens. Avant, nous avions des hommes et des femmes qui s’évertuaient à faire passer avant tout leur message et des valeurs, aujourd’hui nous avons des potiches mettant en valeur leur look ou leur vêtements avant même d’avancer une seule idée.

La France s’est dotée d’un gouvernement Star Ac, ou bientôt le gel coiffant de l’un aura autant d’importance que le tailleur de l’autre, les escarpins de Christine Boutin l’emportant sur le carré Hermès de Michèle Alliot-Marie. On ne revient pas sur Rachida Dati, on va dire que je fais ici dans l’acharnement. Non, aujourd’hui parlons de Rama Yade, puisque les autres en parlent également. Le Figaro, en l’occurrence, qui n’est jamais à la peine pour donner un coup de pouce gouvernemental, et qui titre ce week-end "Rama Yade, la star rebelle du gouvernement". Ça sent le coup de pouce téléguidé cette affaire, l’auteur n’en étant à son premier coup de rouleau à encenser. Ou comment faire d’une belle bourde un avantage sur ses collègues, qui passeront obligatoirement après pour des larbins et des mollassons (exit Kouchner, expédié par Le Figaro en un vengeur "même si la secrétaire d’État a démodé son ministre de tutelle"). Dans le style qui lui est propre, celui de la flagornerie, Le Figaro n’hésite pas à nous faire comprendre à quoi pouvait bien servir pareille saillie. Eh bien c’est simple : "elle est désormais la plus connue des secrétaires d’État, écrasant sur son passage Nathalie Kosciusko-Morizet, pourtant ’gourmande’ de médias." Désormais, donc, les ministres ne sont plus friands d’apporter de bonnes nouvelles au gens. Il s’occupent avant tout de leur propre communication. Les nouvelles destinées au bas peuple, c’est pour après, eux avant tout. Il faut faire de l’audimat...ou partir. Au point où nous en sommes, nous suggérons à notre bon président d’instaurer le même système qu’à la Star Ac, et de faire venir chaque samedi toute l’équipe de Nikos Aliagas pour déterminer en direct et par téléphone qui doit quitter le gouvernement, justement. En "prime", et en surtaxant les appels, on comblerait un peu plus le déficit, voilà une idée généreuse. Et le lendemain on pourrait lire trois pages au moins sur "cette soirée fantastique qui a vu Rama Yade éliminer Bernard Kouchner, handicapé par un choix de chanson contestable"... ("Not alone", "compilation dependant" !).

Et le cas Yade n’est pas un cas isolé. La Star Ac, c’est une équipe. Deux articles plus loin , le même journal nous explique le prochain remaniement ministériel... avec ceux en odeur de sainteté et ceux... sur le départ... "selon certaines sources, semblent plus en danger que d’autres : Hervé Morin (Défense), Christine Albanel (Culture), Christine Boutin (Logement), Christian Estrosi (Outre-Mer), voire Nathalie Kosciusko-Morizet (Écologie) ou Hervé Novelli (Commerce extérieur)". On apprend ainsi qu’il vaut mieux, pour garder sa place dans ce gouvernement, faire la une des journaux, quel que soit le moyen, plutôt que de jouer le ministre qui bosse discrètement. Exemple dominical : Borloo en short à Bray-Dunes (non ce n’était pas Bray-Dunes !) garde son fauteuil (de cuir de vache ?). A l’inverse, Morizet, qui n’a pas refait de cheval avec Sarko depuis l’élection présidentielle perd sa place sur le manège. On peut lui conseiller de remettre "le pied à l’étrier" : c’est comme ça que Rachida Dati explique tous ses liens avec ses vieux mentors. Quelques coups d’éperons plus loin et la voilà bombardée ministre. Le tout étant après, dans le rodéo gouvernemental, de ne pas subir de ruade intempestive de la part du collègue. Celle dans les brancards de Borloo, qui n’aime pas trop qu’on lui fasse de l’ombre, lui, le nouveau champion de l’énergie solaire.

Et au Figaro, quand on commence à utiliser la brosse à reluire, on pourrait avec repeindre plusieurs appartements : pour le journal, Rama Yade devient "la Naomi Campbell du gouvernement" . Judicieuse comparaison ? Pas vraiment, titraille tout droit sortie des journaux people, oui ! A part la couleur de peau on ne voit pas ce qui les rapproche, même la coiffure est différente ! Ou alors Le Figaro fait dans le flinguage à mots couverts, car en ce moment la Noémie défraie plutôt la chronique judiciaire par une répétition de frasques démontrant un caractère de cochon et une âme fondamentale de garde-chiourme et de mal élevée, toute sertie dans une vie de star qui méprise le bas peuple, confondant salon de coiffure et droits fondamentaux de l’être humain à ne pas se faire injurier comme un chien. Il est vrai qu’un président qui s’entoure de "stars" telles que Johnny Hallyday ne peut qu’avoir des ministres à paillettes, façon costumes d’Hallyday dans les années 70. Chuck Norris eût été Français qu’on lui aurait demandé de faire la publicité pour Michèle Alliot-Marie. Si bien qu’on ne désespère pas totalement de voir débarquer un jour le commissaire Moulin au gouvernement, dans cette optique, il n’y a pas que Mick Huckabee à songer à recruter homme si clairvoyant et si... percutant. On peut suggérer à notre commandant en chef de l’escadron présidentiel de contacter Jean-Claude Vandamme, qui doit bien avoir davantage de diplômes que Christian Estrosi, à savoir un seul. Ces dernières prestations publicitaires démontrent que l’homme a aussi de l’humour. En tout cas, bien d’avantage qu’Estrosi, notre ministre motocompatible, partisan lui du retour des cendres de Napoléon III (et donc subitement grand rival de Gonzague).

L’inflation communicative aidant, on obtient des personnages quasiment religieux : « Elle est devenue une icône pour un électorat dont la droite a besoin », dit avec emphase Le Figaro, qui s’y connaît en saints, à dépêcher des rédactions complètes à chaque élection papale. La sanctification gouvernementale, par un adoubement devant le seigneur du château, l’image reporte à un vieux fond historique auquel les lecteurs du Figaro sont habitués. Et les Français aussi. La cour du roi resurgit, avec ses luttes intestines, ses maîtresses plus ou moins cachées, et les réglements de compte internes entre ministres, à savoir quel sera donc le Fouquet de l’équipe. On écrit à cette époque Fouquet, sans l’apostrophe et le "s", rappelons-le. Ce sera celui qui a organisé la venue de Khadafi, sans doute. Fouquet, lui, ne s’est jamais remis de la grande tente qu’il avait fait dresser à Versailles. A bon entendeur... Rappelons ici même la fin de l’histoire "il est vraisemblable que l’étalage de luxe auquel a assisté Louis XIV a renforcé sa détermination d’abattre son trop puissant surintendant".

Ne manque plus dans ce décor façon "Que la fête commence" le "valet de pisse" ou le médecin chargé de regarder les étrons royaux matinaux. Dans l’hagiographie royale, on parlait en effet souvent de poudre de riz et de parfums, jamais de waters. Il y avait déjà toilette et toilettes, un peu comme aujourd’hui finalement. Khadafi n’a pas eu le temps de le vérifier, à traverser Versailles au pas de charge : il y avait bien des baignoires... mais pas pour plus de 5 000 personnes sur place (certains annoncent le chiffre de 300 baignoires, toutes amovibles, mais ça paraît un peu trop). Logiquement, à ce rythme, un communiqué de l’Elysée devrait bientôt annoncer que ce matin les urines du président sont claires, et que par conséquent tout va bien en France. Lafayette peut venir dormir au panthéon, son lot d’éloges posthumes est prêt, ce bon Gonzague s’en occupe d’une plume ferme. Estrosi, lui c’est Napoléon III, le retour (en corbillard side-car ?)

"Y a de-la-joie, bonjour l’hirondelle", qui tombe bien dans cet univers paillettisé de chanteurs sur le retour : l’hiver au Tchad, l’été en France, à vérifier le courrier de sa collègue et néanmoins ennemie Rachida, qui en a reçu trois à propos de l’arche de Zoé sans jamais les avoir ouverts. A surveiller les oiseaux migrateurs, parmi lesquels se glissent des avions incongrus : ceux des soldats du feu, reconvertis en bombardiers à expulsés grâce à la baguette magique d’un ex-ministre de l’Intérieur. A faire des déclarations incendiaires sur les dictateurs, quelques jours seulement après leur avoir décroché son plus beau sourire (et dieu sait si elle en a un !). Les jours qui vont suivre, l’hirondelle va repartir vers des cieux plus cléments et aux températures plus élevées : son Grand Marabout, auprès duquel elle s’était réfugiée lui a conseillé d’aller se faire voir ailleurs quelque temps. Ou plutôt de ne plus se montrer. "Il m’a dit d’entrer en hibernation", avoue-t-elle. Logique chez une hirondelle. On attendra quelques mois pour la voir à nouveau survoler la vie politique. Avec quand même une interrogation qui subsiste : une hirondelle peut-elle faire le printemps... d’un président ? A Paris, au printemps, il risque déjà de pleuvoir, saut si Borloo arrive en trois mois à inverser le réchauffement planétaire, à plonger partout comme un pingouin échappé de Happy Feet. Résultat, au moment ou elle se réveillera, elle ne pourra qu’entonner :

Mais soudain voilà je m’éveille dans mon lit
Donc j’avais rêvé, oui, car le ciel est gris
Il faut se lever, se laver, se vêtir
Et ne plus chanter si l’on n’a plus rien à dire...



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Critique des médias : en 2008, je soutiens Acrimed

BETAPOLITIQUE

Critique des médias : en 2008, je soutiens Acrimed

liberté de la presse | 27 décembre 2007 | Communiqué ( 0 commentaires )

Ci-joint l’appel à adhérer à l’association Acrimed. Betapolitique, qui cite souvent ce site, soutient et relaye cet appel. Acrimed rendait intelligent avant le début de l’ère Sarkozy. Aujourd’hui, il nous rendra peut-être un peu plus libres.

Voir en ligne : Acrimed


Ce fut un long et douloureux réveil. Mais il fallut bien se rendre à l’évidence : le Père Noël n’existe pas, les fées non plus.

Nous avions déjà renoncé à confier notre avenir à des actionnaires et à des publicitaires et notre action à des professionnels et à des clients. Pour un peu, nous ne saurions plus vers qui nous tourner…

Dieu, peut-être ? Mais d’aucuns prétendent qu’il n’existe pas ou que, s’il existe, il ne s’intéresse pas à la critique des médias.

Quant au père Noël, il nous a beaucoup déçu…

Donc, tout ça pour dire qu’Acrimed est un site totalement gratuit, indépendant, sans abonnement et sans publicité, sans autres actionnaires (si l’on peut dire…) que les adhérents de notre association et sans autres actions (non cotées) que leurs cotisations.

L’association et le site sont animées de façon totalement bénévoles (si l’on excepte le SMIC pharaonique versé à notre secrétaire administratif bien aimé).

Une association militante donc et non une PME qui produirait de la critique des médias comme on produit des lessiveuses (allez savoir pourquoi c’est cet exemple qui nous est venu à l’esprit…).

Une association qui ne craint pas d’avouer que la critique des médias n’est pas (ou pas seulement) une activité divertissante, qu’elle sollicite un engagement commun et partagé de journalistes et de salariés des médias, de chercheurs et d’universitaires, d’acteurs de la vie syndicale et associative, qu’elle n’est pas une activité journalistique comme les autres, mais une modalité de l’action collective. Action collective ? Quel archaïsme !

Acrimed a besoin de vous, Acrimed a besoin de sous.

Pas d’abonnements requis, ni de publicité convoitée : seulement des adhésions et soutiens volontaires. Avant 2008 ?

- C’est le moment d’adhérer et/ou de nous soutenir. Et donc de cliquer ici. Une adhésion de soutien, c’est toujours mieux qu’un soutien sans adhésion…

- C’est le moment aussi d’acquérir nos superbes cartes postales

Par Acrimed, nous vous remercions.



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27 décembre 2007

Bravepatrie : Carla Bruni était une taupe !

BETAPOLITIQUE

Bravepatrie : Carla Bruni était une taupe !

27 décembre 2007 | John John Don Parmalatte sur Bravepatrie ( 0 commentaires )

Voir en ligne : Bravepatrie


Bravepatrie.com pourrait se joindre au concert de louanges mêlées d’envie, de convoitises bien humaines mâles, de très sains désirs de compétition et d’admiration qui suinte de l’ensemble des organes de presse depuis ce week-end : Nicolas se tape une top model ! La classe ! Même si passer derrière Arno Klarsfeld ou Laurent Fabius ça fait tout de suite moins bling bling, il faut savoir reconnaitre l’exploit.

Et c’est justement ca qui met la puce à l’oreille : l’exploit.

En effet si il est un axiome constamment vérifié, qui plus est en ces temps de libéralisme triomphant sur l’ensemble des domaines de la lutte, c’est que c’est toujours les gars aux allures de félins et à la carrure de grand gorille noir des montagnes qui s’embarquent les mannequins de chez Elite.

Or, il ne faut pas se voiler la face, avec moins d’un mètre soixante dix pour plus de soixante quinze kilos, le président Sarkozy aurait plutôt le physique de celui qui est communément désigné sous le terme un peu potache de "petit gros". Sa grandeur politique, son courage et sa vision à long terme de l’avenir de notre Nation qu’il a su si pédagogiquement exposer au peuple à travers tous les media interposés ne peuvent rien changer au fait qu’il n’a statistiquement absolument aucune chance de conclure avec un mannequin ne serait-ce que de chez City Models.

Alors celle qu’on n’appelle déjà plus que Carla, puisqu’il est maintenant admis que les couples présidentiels se passent de patronymes, que veut-elle ? Apre au gain ? En quête de reconnaissance sociale ? Fascinée par les gyrophares des motards de la garde républicaine ?

La réponse est malheureusement bien plus troublante pour notre petit gros timonier. Une simple recherche sur internet bénévolement mise à disposition par d’aussi aimables que naifs journalistes de gauche vient toutefois ouvrir une sacrée brèche dans son sordide calcul d’agent double.

"Je voterai toujours à gauche"

Voilà, la traîtresse dévoilée par Google ! Le modèle n’était qu’une taupe, la partie émergée d’un complot anarchiste destiné une fois de plus a dÉstabiliser notre président. La manoeuvre est d’une simplicité enfantine, mais la belle est une redoutable actrice : Séduction, conclusion, diffamation.

Refusé tour à tour par Gallimard, Grasset, Hachette, Fayard, Odile Jacob, Rouergue, Actes Sud, Bayard et Harlequin (qui a longuement hésité), un pamphlet diffamatoire ayant pour titre « Nicolas est un éjaculateur précoce » par C. Bruni chercherait encore un éditeur avec l’espoir de se retrouver en rayonnage avant samedi pour Être dès lundi sous tous les sapins de France.

Alors Nicolas, de grâce, ne tombez pas dans le piège grossier de cette courtisane. Il faut parfois savoir prendre sur soi, se regarder dans un petit et large miroir pour se convaincre que cette union n’était pas possible.
Bien sÛr la séductrice jurera son amour, défendra sa pitoyable manigance avec des arguments rudement bien placés. Mais de la part de quelqu’un qui a réussi à vous abuser vous, à abuser l’une des plus perspicaces de vos ministres, Mme Bachelot qui déclarait sans sourciller : "Elle chante bien, Carla", il faut s’attendre à tout.

Aussi, sans attendre, répudiez la femme fatale.




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30 novembre 2007

Une française (d’origine africaine) a été menacée d’expulsion !

Betapolitique blog politique connectif

Une française (d’origine africaine) a été menacée d’expulsion !

libertés individuelles | 30 novembre 2007 |  ( 4 commentaires )


Mercredi 22 novembre 2007, Khady Savane, 30 ans, mère française de trois enfants, elle-même née en France, est interpellée par les agents de la Police de l’Air et des frontières (PAF), à sa descente d’avion, à l’aéroport d’Orly Sud.

Les policiers lui assurent qu’elle n’est pas la personne qui est sur la photo du passeport qu’elle présente. Elle répond que c’est bien elle. Ils notifie un « refus d’entrée sur le territoire français » et lui propose, au choix, soit, de reconnaître son usurpation d’identité et ainsi obtenir un sursis de 24h avant l’expulsion, ou d’être expulsée d’ici deux heures…

Malgré l’ambiance kafkaïenne, la jeune française ne s’inquiète pas, convaincue que les policiers ne vont pas tarder à réaliser leur méprise. Elle a été, leur explique t-elle, deux années durant, "adjointe de sécurité" au commissariat de Meaux et elle les invite à joindre ses anciens collègues. Ce qu’ils font.

Un lieutenant de police de Meaux atteste de sa nationalité française… mais sans convaincre nos fins limiers de la PAF qui ne sont pas du genre à s’en laisser conter (ce n’est pas eux qui se fieraient à la parole d’un flic...) Ils reprennent, donc, l’interrogatoire, mais avec des questions du type : "toi policier ?, alors toi savoir lire ?"...

Transférée dans un hôtel pour y passer la nuit avec une expulsion programmée pour le lendemain, elle ne sera libérée qu’à 3 heures du matin, grâce à l’intervention de militants associatifs qu’elle a pu joindre grâce au portable que sa soeur a, tout juste, eu le temps de lui remettre.

L’interview de Khady Savane, réalisée et postée par Thotep.com et Alert2neg.com : Vidéo

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14 novembre 2007

Grèves, syndicats, fonctionnaires : Sarkozy prépare-t-il une Tatchérisation radicale ?

BETAPOLITIQUE


Grèves, syndicats, fonctionnaires : Sarkozy prépare-t-il une Tatchérisation radicale ?

quinquennat sarkozy | 12 novembre 2007 | Raphaël Anglade ( 6 commentaires )


Nous l’avons déjà souligné dans Betapolitique : Sarkozy est difficile à « prendre » pour les politiques traditionnels.

Il est difficile parce que, paradoxalement, il ne fonctionne pas en « politique ».

Ah bon ? Pourtant, il ne semble pas complètement nul à ce petit jeu. Tout le paradoxe est là. Nous avons aujourd’hui un Président qui fonctionne comme aucun équivalent dans la vie politique française. Son « ouverture », cette « peopolisation », ce vocabulaire ordurier, ces attitudes à la scarface dont le seul exemple en politique était, jusqu’à présent, Bernard Tapie...

Pas de vision de la France, pas de grand dessein, aucune attention aux fragiles constructions de l’histoire, aucun lien charnel avec le pays, aucun souci (en apparence) de sa place dans l’histoire.

Ce monsieur n’est pas un Président, c’est un PDG. Son cours de bourse, c’est sa cote de popularité. Il la surveille, la bichonne, et l’utilise. Quand il est en force, il en profite pour accumuler du capital : OPA hostiles (« Ouverture ») ou amicales (« Nouveau centre »). Sa technique de management : la pression, la terreur (les ministres « imbéciles »). Sa méthode : les réductions d’effectif. Son objectif : accumuler du capital.

Et pour quoi faire ? L’hypothèse optimiste (et légère), c’est qu’il ne le sait pas. Il copie, par imbibition, ses amis PDG du CAC 40, Lagardère, Bolloré, Bouyghes, Bernheim... Il les admire depuis qu’il les a fréquentés, et bichonnés, à Neuilly, dont il était le Maire et le principal avocat d’affaires.

L’hypothèse pessimiste, plus sérieuse, est qu’il sait parfatement à quoi il va utiliser ce capital. Son modèle évident, il l’a dit et redit off the record pendant la campagne, c’est Margaret Tatcher. Elle avait commencé comme lui : à peine élue, les mesures faciles, celles qui lui ont permis d’augmenter son capital, la patte blanche, le brouillage des cartes. Puis quand l’heure est venue de porter l’estocade, au bout de quelques années (dans le cas de Tatcher), l’épreuve de force. les grèves massives. Les syndicats qui tombent dans le panneau et se font briser les reins, la guerre des Malouines.

Tout montre que c’est ce que Sarkozy veut faire avec les régimes spéciaux. Tous les témoignages montrent qu’il a choisi son terrain : un sujet partiel, corporatiste, les salariés divisés, non seulement entre privé et public mais au sein du public, une cause syndicale fragile, difficile à défendre... En première analyse, nous l’avons dit dans Betapolitique, la cause est entendue. Il faudra bien, tôt ou tard, que la France travaille plus longtemps. La démographie l’exige. Le bon sens le reconnaît.

Sur ce terrain favorable, il veut l’épreuve de force et la victoire. Tout le montre aussi. Les retours qui parviennent, exceptionnellement, dans la presse, montrent que les syndicats sont provoqués, poussés à bout. Sarkozy veut l’épreuve de force. Il veut l’affrontement. Il ne veut pas seulement passer sa réforme, il veut surtout vaincre. Vaincre définitivement. Avoir le champ libre. Anéantir l’opposition. Et poursuivre sa politique de libéralisation.

Au moment où les grèves se préparent, il est un peu tard pour éviter ce piège. Le provocations sont trop fortes (y compris l’augmentation de 172 %, dernière manoeuvre en date). Les esptits sont trop échauffés. La France souffre trop de la baisse du poucoir d’achat et de la violence sociale.

Il n’y a plus qu’un espoir, c’est qu’il perde le défi qu’il a choisi. Il n’y a plus qu’une chose à faire, soutenir les grévistes. La préservation du droit social est à ce prix. C’est le jeu qu’à choisi le Président. C’est l’alternatice qu’il nous laisse...





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21 octobre 2007

Site Internet de l’Elysée : entre monarchie et dictature

BETAPOLITIQUE.FR

Site Internet de l’Elysée : entre monarchie et dictature

quinquennat sarkozy | 21 octobre 2007 | Charlie enchaîné ( 0 commentaires )

Voir en ligne : Charlie Enchaîné


Cette reprise est pour nous l’occasion de saluer Charlie Enchaîné. Un joyeux site qui s’abreuve chez ces deux maîtres que sont Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo et de temps en temps de confrères bloggeurs.

« Le Canard enchaîné » (« Sarko comme une reine », 10/10/2007) et « Charlie Hebdo » (« Même King-Jong Il n’a pas osé » par Agathe André, 10/10/2007) ont eu la même réaction en découvrant le nouveau site internet de la présidence de la république : ils ont pour ainsi dire tiqué.

« Sarko Ier affiche son portrait dans le logo officiel de la Présidence, comme la Queen [reine d’Angleterre, NDLR] le fait pour « The official web site of the British Monarchy » » note « Le Canard » (voir documents ci-contre et ci-dessous, à noter que le bandeau du site officiel de la monarchie britannique change aléatoirement), qui explique que « le nouveau site internet de l’Elysée [a été] mis au point par [le conseiller de Sarko] François de La Brosse. »

En fait, constate Agathe André dans « Charlie », « ce site d’autocongratulation [est] la copie conforme de celui du candidat à la présidentielle ». Et pour cause : c’était déjà de La Brosse (à reluire) qui était en charge de la communication internet du vainqueur du 6 mai 2007. On ne change pas une formule qui gagne !

Sauf que le président n’est plus le candidat. « C’est une première en France, indique « Le Canard ». Auparavant, aucune photo de président ne décorait ce fameux logo. Le titulaire de la fonction se contentait d’afficher sa bobine dans les différentes rubriques ». « Charlie » l’a vérifié : le « Messie » est présent « à coup de deux portraits minimum par page, quand il n’apparaît pas plus de vingt fois via une tripotée de vidéos ». Vous avez dit omniprés-id-ent ?

« Le Canard » rappelle « un principe » (non écrit) jusque-là en vigueur à tous les niveaux de l’État : « L’institution ne doit jamais être confondue avec le titulaire de la fonction. » Agathe André ne passe pas par quatre chemins : « Désormais (...) l’Institution c’est Nicolas Sarkozy ». L’insolente ose même écrire que « Président TV » (sic) est « une véritable ode au culte de la personnalité ». C’est dans ces moments-là qu’on regrette de ne pas avoir connu internet plus tôt...

Les deux hebdomadaires satiriques sont allés consulter quelques sites internet de référence. « Même les chefs d’Etats totalitaires — Cuba, Corée du Nord et Birmanie inclues — évitent en général de coller leur portrait de cette façon », souligne « Le Canard enchaîné ». Constat similaire pour « Charlie Hebdo » : le site de l’Élysée « ne rivalise dans la forme, ni avec celui de la Maison-Blanche, ni même avec celui d’un King-Jong Il, d’un Chavez ou d’un Castro, étonnamment. » Pour Agathe André, il est plutôt « visuellement calqué sur les sites des régimes lybiens, biélorusse et iranien... ». « Le Canard » remarque que « seules quelques têtes couronnées, comme la reine d’Angleterre, le roi d’Espagne et Sarko Ier » se montrent dans le logo du site officiel de leur institution.

Reste à choisir un nouveau régime qui correspond bien au site : dictature monarchique ou monarchie dictatoriale ?

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10 octobre 2007

Calixthe Beyala, écrivain : Sarkozy, l’échec d’une intégration française

Sur Afrik.com, mercredi 3 octobre 2007

Sarkozy ou l’échec d’une intégration française

Une tribune de l’écrivain Calixthe Beyala

Qu’aurait dit Voltaire du test D’ADN imposé aux familles africaines dans le cadre du regroupement familial ? De quelle couleur serait la plume de Diderot face à cet extraordinaire coup de canif dans les principes fondateurs de la République ? De quelle diatribe se serait fendu Zola devant cette réactivation de dispositifs séculaires, qui ressemblent étrangement à ce qu’on appelait alors la Police des Noirs ? Qu’aurait fait Léon Blum de cette catégorisation et de cette ghettoïsation ? Qu’aurait pensé le général De Gaulle face à cette tentative d’isolement des nouveaux arrivants ? Qu’aurait dit le militant Mitterrand de cette loi dont l’objectif final est la désignation d’un groupe à la vindicte populaire ? A quelle honte se seraient voués les résistants, ou encore ceux qui aux côtés d’Africains ont donné leur vie dans les tranchées pour sauver la France ?

Non décidément, je ne reconnais plus la France. Il me semble vivre dans une république où jamais l’on entendit parler des droits de l’homme, qui jamais ne compta en son sein d’intellectuels, de philosophes, qui ne connut aucune révolution, un pays sans passé, sans histoire et sans culture. Oui, une de ces républiques qui s’adonnent au culte de la personnalité du Président de la République. Il s’agit dans ce cas d’espèce d’un mot d’ordre non consigné, ni paraphé dans un document, mais distillé par le regard apeuré de ce journaliste qui n’ose poser des questions gênantes à Sarkozy ; il est sous la plume de celui-là qui dans son article s’acharne à gommer ses défauts, à justifier ses dérives. Pourtant ses déclarations, ses procédés et ses agitements ne rappellent nullement ceux des grands Monarques Français, mais bien plutôt ceux de Mobutu ou de Bokassa. Je ne serais nullement surprise s’il s’avérait d’un futur plus ou moins proche qu’on lui attribuât le ridicule sobriquet de « papa ».

D’aussi loin que je m’en souvienne, aucun Président de la République Française, aucun monarque n’avait pensé, que pour créer une France lumineuse, grandiose et magnifique, il était nécessaire d’évacuer la morale, l’éthique et de piétiner les valeurs républicaines. Jamais auparavant, aucun Président Français n’avait accepté que soit adopté sous son mandat, les lois les plus ineptes telles celle de l’ADN. Jamais auparavant, aucun Président français n’avait pensé que pour créer une France compétitive il fallait donner la chasse aux immigrés. Jamais auparavant, aucun Président Français ne s’était permis de s’en aller devant les Africains débiter un discours bucolique, aux relents racistes, qui ferait de l’homme noir, un être sans vision, prostré dans son obscurité. Jamais en France, aucun Président n’avait usé d’autant de ces post-it « prêt à penser » où l’inutile flatterie côtoie l’injonction et l’ordre. Jamais un chef d’état n’avait usé comme Sarkozy d’une communication zapping dans laquelle les sujets sont abordés sans être traités, où l’on saute du coq à l’âne pour masquer l’inaction. Il faut reconnaître qu’ils avaient à leur actif, une armature intellectuelle solide et une équipe gouvernementale performante, qui leur permettaient de résister au populisme.

« Mon cerveau saturé s’obstrue devant tant d’irrespect des valeurs républicaines »

C’est vrai que l’homme Sarkozy jouit d’une extraordinaire intelligence politique et d’une réelle efficacité linguistique. L’on ne saurait nier la beauté de ses phrasés presque mystiques ni leur fulgurance. Mais lorsqu’il a fini d’épuiser la parole, recouru à toutes les subtilités qui tendent à dégager sa responsabilité politique du chaos économique dans lequel nous nous trouvons, et s’étant présenté comme l’homme providentiel, on s’aperçoit qu’il ne s’agit là que d’une diarrhée verbale. Il n’en reste rien. Si : un brin d’étonnement pour ceux qui échappent à cette malsaine fascination, et beaucoup de perplexité. On se demande si comme tout un chacun Sarkozy a croisé le chemin des intellectuels français qui, tout au long du vingtième siècle, ont démontré le mécanisme de production des inégalités et l’ambiguïté des politiques France-Afrique.

S’est-il imprégné des grands courants de la pensée française ? Avait-il lu les philosophes qui nous ont légué l’humanisme en tant que socle fondateur de notre République... et de notre personnalité qui revendique la totalité de l’homme jusqu’à son irréalisme lumineux ? Est-il passé par le tamis de l’école Républicaine qui fait de nous un peuple solidaire, capable de transcender les difficultés conjoncturelles afin d’assurer notre vocation universelle ? On se demande ce qui se cache derrière tant d’ignorance et d’insuffisance, auréolées d’une insupportable suffisance ? Mon cerveau saturé s’obstrue devant tant d’irrespect des valeurs républicaines.

Réflexion faite, il me semble que Nicolas Sarkozy est l’exemple le plus frappant de l’échec d’une intégration. Etre français ne signifie pas essentiellement être possesseur d’une carte d’identité, avoir été à l’école et gravir les échelons sociaux. Son implication est plus vaste. Au delà de la maîtrise linguistique, de l’obtention d’un quelconque diplôme universitaire, être français est une manière de vivre, un art de parler, de penser, de réfléchir. Etre français, c’est se nourrir de l’esprit des Lumières, des valeurs Républicaines, qui sont autant de garde-fous, empêchant tout un chacun de verser dans l’extrémisme politique ou religieux. Etre Français ce sont autant de petits actes du quotidien, tissés de tolérance, de justice sociale, l’idée qu’aucune cause n’est assez importante pour qu’on y sacrifie son humanité. Autant de valeurs que Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir intégrées. Ce qui implique qu’il conviendrait qu’il opère un difficile travail intellectuel, une profonde remise en question de sa vision exotique et impudique, frivole et américaine de la France, afin que s’arrête cette corruption des idéaux français.

Calixthe Beyala, écrivain.

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