24 février 2008

L'affaire Martinon exhume les vices du métier de sondeur

L'affaire Martinon exhume les vices du métier de sondeur

Qui a tué Martinon et pourquoi est-il mort ? Où il apparait que les instituts de sondage ont joué le rôle de poignard dans le coup des « assassins ».



lemaire.benjamin - Flickr

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Le site de Paris Match revient sur l'affaire du fameux sondage de Neuilly, qui a joué un rôle essentiel dans la disgrâce municipale du candidat David Martinon. On se souvient qu'Arnaud Teullé, le concurrent « umpiste » de Martinon avait été dénoncé comme le commanditaire du sondage, sur la foi d'une déclaration de Patrick Devedjian confirmant ce point et d'un information selon laquelle son nom figurait en en-tête du document présentant les résultats du sondage de BVA. Arnaud Teullé a ensuite démenti cette information et exigé de BVA qu'il confirme son «innocence». BVA a effectivement confirmé à paris-match.com ce que notre propre enquête nous avait déjà persuadé, à savoir que Teullé est le «diffuseur» et non le commanditaire de ladite enquête.

Un sondage pour tuer
Commanditeur ou diffuseur ? parismarch.com ironise sur le fait que si le nom de Teullé ne figurait pas sur la première page du document, il est effectivement imprimé sur toutes les pages à partir de la page 2. Le site révèle le contenu édifiant du sondage qui proposait aux électeurs de «comparer» les trois candidats, méthode qui ne laissait aucune chance à Martinon. C'était donc bien un sondage pour tuer qui a été commandé à BVA. Jérome Sainte Marie, que nous avons interrogé, se réfugie derrière le secret commercial pour ne pas révéler le com de son client, ce que l'on peut comprendre dans le fonctionnement actuel du système Mais justement, ce fonctionnement repose un problème déontologique que Marianne avait déjà soulevé dans une enquête sur les sondages que l'auteur de cet article avait réalisée : dès lors que les sondages deviennent des agents actifs des campagnes électorales et qu'ils sont publiés durant toute la durée des campagnes, la loi ne devrait-elle pas obliger les instituts à publier le nom de leurs clients ?
Cette exigence d'une transparence à laquelle les politologues manifestent d'ordinaire leur attachement est d'autant réactivée par le dossier de Neuilly que selon Rue89, un autre conseiller aurait été fort actif dans la disgrâce de David Martinon, en l'occurrence Patrick Buisson le « journaliste » officiant sur LCI dont Marianne avait établi le rôle de conseiller oculte de Nicolas Sarkozy durant la campagne électorale. Ce même Buisson aurait donc mis sous le boisseau une deuxième enquête plus favorable à Martinon. Bref, plus l'enquête progresse sur cette affaire, plus elle désigne, si ce n'est le Président lui-même, du moins des membres de son entourage qui souhaitent sans doute lui faire plaisir ou, surtout, faire plaisir à son fils Jean Sarkozy. La présence d'Isabelle Balkany, qui s'affiche comme un coach de Jean Sarkozy lorsque ce dernier s'est déclaré candidat aux élections cantonales constitue sans doute une autre piste. A suivre.


Dimanche 24 Février 2008 - 00:07

Philippe Cohen

Posté par ERICCITOYEN à 11:36 - - Permalien [#]