22 février 2008

Les planètes soeurs de la Terre seraient légion dans la Voie lactée

Une vue de la Voie lactée.       

GAMMA/ROBERT LLEWELLYN

      Une vue de la Voie lactée.

Compte rendu

Les planètes soeurs de la Terre seraient légion dans la Voie lactée

    BOSTON (MASSACHUSETTS) ENVOYÉ SPÉCIAL
Les astronomes ne les voient pas, mais elles sont pourtant bien là. Les planètes extrasolaires de type tellurique - à l'image de la Terre, de Mars ou de Vénus - les seules à même d'abriter la vie, sont légion dans la Voie lactée. De 20 % à 60 % des étoiles semblables à notre Soleil y tiendraient de telles planètes dans leur orbite.
Cette conclusion de travaux présentés, dimanche 17 février, à Boston (Massachusetts), au cours du congrès annuel de l'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS), rend plus captivante encore la course engagée entre les équipes d'astronomes dans la recherche de mondes lointains et semblables à la Terre. Jusqu'à présent, l'écrasante majorité des quelque 270 exoplanètes découvertes sont des géantes gazeuses comme Jupiter ou Saturne.

Comment affirmer et quantifier l'existence d'astres qu'on ne voit pas ? L'astronome Michel Meyer (université d'Arizona) et ses coauteurs ont étudié des étoiles de notre galaxie, en les classant en six groupes en fonction de leur âge : des plus jeunes - de 3 millions à 10 millions d'années - à celles, plus vénérables, dont l'âge se situe entre 3 milliards et 10 milliards d'années.

Les chercheurs ont ensuite observé la répartition de la poussière autour de chacun de ces astres. Selon que les poussières sont chaudes (donc proches de l'étoile) ou froides (éloignées), leur lumière infrarouge diffère : ce sont ces variations de rayonnement qu'a pu détecter le télescope spatial américain Spitzer.

Résultat des observations : "Nous ne voyons que rarement des poussières "tièdes" autour des étoiles âgées de plus de 300 millions d'années, a déclaré Michel Meyer au cours d'une rencontre avec la presse. Cela est comparable au temps qui a été nécessaire pour que notre propre système solaire se forme et évolue."

Ces poussières tièdes sont précisément celles qui se situent à une distance "moyenne" de leur étoile qui, rapportée à notre Soleil, seraient situées entre la Terre et Jupiter. L'explication avancée par les chercheurs est que les poussières engendrées par le processus de formation des planètes rocheuses ont tendance à disparaître une fois l'agrégation de celles-ci achevée.

NAINS ET GÉANTES

Ces données et leur interprétation doivent cependant être confirmées par l'observation - toujours indirecte - de ces corps rocheux. Or ceux-ci, des nains très peu massifs en comparaison des géantes gazeuses, sont d'une difficulté extrême à distinguer. Une seule annonce d'une telle découverte a jusqu'ici été faite. Cependant, l'envoi sur orbite solaire, en février 2009, du télescope américain Kepler et les premiers résultats de l'observatoire européen Corot laissent espérer la détection prochaine d'un grand nombre de soeurs et de proches cousines de la Terre.

Stéphane Foucart

Article paru dans l'édition du 23.02.08.

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