22 février 2008

Partir avec mon Mulhouse en valise

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Partir avec mon Mulhouse en valise

Par Jean-François Ott (12h38)       

                      

 

Exposition / A Rive gauche

Partir avec mon Mulhouse en valise

Traitée sur un mode léger, une exposition sur des valises à remplir en cas de départ révèle en filigrane que ceux qui ont fait leurs bagages, sont très attachés à la cité qui les a accueillis.

Rive gauche

Des vies dans des valises, exposition à Rive gauche. (Photo DNA - Sébastien Bozon)

« Si vous deviez faire votre valise demain, qu’emporteriez-vous de Mulhouse ? » Une dizaine de bagages vides avaient été confiées à des habitants, en majorité des gens qui sont arrivés il y a peu dans la cité. Une fois remplies, ces valises ont fait l’objet d’une exposition visible depuis la fin de la semaine dernière à Rive gauche, le local de campagne du candidat aux municipales Pierre Freyburger.

Conor garderait le merveilleux souvenir des enfants de l’école de rugby de Mulhouse

Ainsi si Rosalie, d’origine congolaise, devait partir de Mulhouse aujourd’hui, il y aurait dans sa valise, les photos des principales étapes de neuf années passées ici. Ayant le statut de réfugiée politique, Rosalie a photographié et reproduit les différents cadres de son intégration. Son arrivée dans un foyer, son premier studio, son premier appartement près de la Fonderie, la façade de son premier employeur (la Maison médicale de garde) et tous les endroits qu’elle aime à Mulhouse. Si Conor, Irlandais installé depuis sept ans à Mulhouse, devait partir, il emporterait l’équipement du rugbyman avec des autocollants de l’école de rugby de Mulhouse et un ballon ovale aux couleurs d’une banque qui s’est délestée, il y a peu, de cinq milliards d’euros (pas à cause du rugby). Avec un léger accent, il explique qu’il garderait ainsi le merveilleux souvenir d’éducateur qu’il a été auprès des petits Mulhousiens très réceptifs à ses conseils.

Du Pinot gris d’Alsace, du foie gras et les droits de l’homme

Dans une autre valise, confectionnée par un couple de réfugiés fasciné par les saveurs mulhousiennes, il y a, entre autres, un Pinot gris d’Alsace, un camembert (normand mulhousien ?), du foie gras (mulhousien périgourdin ?), deux « Que sais-je ? » sur les droits de l’homme et « L’éthique à Nicomaque » d’Aristote qui, comme chacun sait, définit l’homme de la cité aspirant à la vertu politique... Il y a aussi « la valise de Pandore » fermée avec une lourde chaîne « à n’ouvrir sous aucun prétexte ». Finissons avec la valise de Claudie, la Provençale qui, toute petite, adorait tricoter avec du fil DMC et qui s’est un jour installée à Mulhouse où elle a découvert pour de vrai les usines DMC. Sa valise, en fait une « valisette » et un Vanity, contient l’histoire de sa passion pour le tricot et les symboles, comme DMC, d’une ville ouvrière et sociale, avec des fils de toutes les couleurs, mais aussi du fil noir pour signifier la chute sans fin de cette grande maison textile. Corinne Vaudry, qui a distribué plusieurs valises, note que leur contenu raconte, mine de rien, « le parcours de personnes qui se sont battues pour rester à Mulhouse ».

E.Ch.

Le Point dans la valise

Une autre valise est ouverte la « une » de l’hebdomadaire le Point consacrée à Mulhouse avec le portrait Jean-Marie Bockel et cette citation : « Comment j’ai fait de ma ville un laboratoire ». Au-dessus du titre de la publication, il y a un renvoi en pages intérieures sur un article consacré aux « traîtres en politique et en histoire ». Un thème, empressons-nous de le dire, qui n’avait aucun rapport avec le laboratoire du maire de Mulhouse, puisque le numéro, même s’il fut prémonitoire pour certains, était paru le 31 mai 2007, dix-sept jours avant que Jean-Marie Bockel ne réponde favorablement à Nicolas Sarkozy et ne devienne secrétaire d’État dans le gouvernement Fillon.



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