28 janvier 2008

Municipales: tous les enjeux de la campagne

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Municipales: tous les enjeux de la campagne

                          

 

Villes principales, points chauds, analyse parti par parti. Décryptage d'un scrutin local sur fond de politique nationale.


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Politiser ou pas les élections municipales? La question est sur toutes les lèvres des observateur de la chose publique. Et a donné lieu à un délicat pas de deux présidentiel. Quinze jours après avoir martelé que "le concept d'action dépolitisée est absurde", ajoutant qu'il devait de fait y prendre part, Nicolas Sarkozy rétropédalait sur le mode: "Je n'ai pas à me mêler de la campagne municipale."

L'UMP. Il faut dire que les candidats de la majorité (UMP et Nouveau Centre confondus) ne se pressaient pas pour s'attirer le soutien d'un Président en chute dans les sondages. Mais attention à ne pas faire de confusion: la discrétion -véritable ou pas- du chef de l'Etat ne signifie pas pour autant qu'il ne sera pas donné une portée nationale à ce scrutin local des 9 et 16 mars. Un député UMP résumait récemment la situation:

"Si le gouvernement perd les élections municipales, elles seront politisées. S'il les gagne, on dira qu'elles sont purement locales."

Le PS. "On" correspond évidemment ici au Parti socialiste. Le Premier secrétaire François Hollande le répète à l'envi: il veut faire des municipales et des cantonales une revanche sur la double défaite à la présidentielle et aux législatives. Histoire aussi d'accroître leur main mise sur les exécutifs locaux après leur écrasant succès aux élections régionales de 2004 (20 régions sur 22 décrochées en France métropolitaine).

Pour y parvenir, le PS doit d'abord résister à l'ouverture prônée par l'UMP et incarnée notamment par Gauche moderne, le nouveau parti du secrétaire d'Etat Jean-Marie Bockel, ex-socialiste aujourd'hui au service de l'Elysée. Mulhouse et Pau sont les laboratoires grandeur nature de cette ouverture, qui a toujours existé pendant les élections municipales mais que le parti présidentiel érige désormais en slogan.

Le PCF. Le PS entend également capter tous les suffrages à gauche. Quitte à cannibaliser un Parti communiste en lambeaux depuis sa déroute à l'élection présidentielle (1,93 % des voix pour Marie-George Buffet), particulièrement en banlieue parisienne, comme à Bagnolet, La Courneuve, Pierrefitte, Vitry-sur-seine, Denain, Vaulx-en-Velin...

Les Verts. Autre composante de la défunte gauche plurielle, les Verts vont également conduire plus de listes autonomes qu'en 2001. Symbole de l'autonomie des écologistes vis-à-vis des socialistes: Montreuil. Ces derniers ont décidé de soutenir le maire communiste sortant, Jean-Pierre Brard, alors même que se présente face à lui la chantre Verts de l'alliance avec le PS, Dominique Voynet.

La LCR. Pas meilleur, et cela relève de l'euphémisme, devrait être le score de la Ligue communiste révolutionnaire. Grand vainqueur de la présidentielle à gauche de la gauche avec 4,08 % des suffrages, le parti antilibéral peine à s'implanter localement. Avec seulement 180 listes, Olivier Besancenot cherche avant tout à "faire un maximum de tests" dans les villes de plus de 100 %000 habitants et à soigner sa popularité grandissante.

Le FN et le MPF. De l'autre côté de l'échiquier politique, à droite de l'UMP, la situation de chacun des deux partis phare diffère. Au bord de la faillite financière, le Front national n'a pas pu présenter autant de candidats que souhaité et a réappris à "tracter dans les marchés", dixit sa vice-présidente Marine Le Pen. Pas de discours anti "UMPS" en revanche du côté du Mouvement pour la France: Philippe de Villiers a multiplié les accords avec l'UMP, en décrochant au passage plusieurs têtes de la liste. Ce qui fait prédire à Jean-Marie Le Pen "une présence de Villiers dans un prochain gouvernement remanié".

Le MoDem. Eux aussi sont l'objet de toutes les convoitises de l'UMP, mais également du PS. Les élus MoDem se font désirer, mais le parti de François Bayrou éprouve les plus grandes difficultés à dégager une ligne claire, et à sortir d'un simple rôle d'arbitre. Trois grandes villes illustrent ces hésitations: Alain Juppé a reçu le soutien du MoDem à Bordeaux, Marielle de Sarnez penche pour une alliance au second tour avec Bertrand Denaloë à Paris, alors que François Bayrou veut amener à la victoire sa liste autonome à Pau.

Posté par ERICCITOYEN à 18:46 - - Permalien [#]