28 octobre 2007
Après une semaine d'incendies, les autorités californiennes redoutent les conséquences sanitaires
Après une semaine d'incendies, les autorités californiennes redoutent les conséquences sanitaires
LEMONDE.FR avec AFP | 28.10.07 | 16h17 • Mis à jour le 28.10.07 | 16h19
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incendies qui ont dévasté plus de 200 000 hectares, détruit quelque 1
800 maisons et déplacé plus de 640 000 personnes en Californie du sud
pourraient également avoir des conséquences à long terme sur la santé
des habitants et l'environnement. Les services sanitaires de Californie
ont mis en garde, samedi 27 octobre, sur la toxicité de l'air,
particulièrement dangereuses dans certains comtés.
"LA POPULATION ENTIÈRE EST SUSCEPTIBLE D'ÊTRE AFFECTÉE"
"L'air est passé de 'malsain' à 'dangereux', ce qui veut dire que chacun est appelé à rester à l'intérieur", a déclaré la porte-parole du bureau sur la qualité de l'air de l'Agence de protection de l'environnement de Californie. Les habitants de cinq comtés de Californie (San Diego, Orange, Los Angeles, San Bernadino et Riverside) ont été invités à rester chez eux en raison des niveaux de pollution trois fois supérieurs aux normes fédérales.
Un air "malsain" signifie que "tout le monde peut commencer à en ressentir les effets sur sa santé, mais les personnes sensibles l'expérimentent de manière accentuée", tandis qu'un niveau "dangereux" entraîne des "alertes à la santé dans des circonstances d'urgence. La population entière est susceptible d'être affectée", a-t-elle rappelé.
Les autorités californiennes ont également lancé un avertissement à propos de la pollution et des gaz à effet de serre produits par ces incendies. En sept jours, les sinistres ont émis dans l'atmosphère l'équivalent en gaz à effet de serre de 440 000 voitures en un an, ce qui est "très préoccupant", selon l'Agence. Et si les conditions météo favorisent désormais le travail des pompiers, elles n'ont aucun effet sur la pollution. "Il y a toujours beaucoup de fumée sur la bande côtière qui est poussée vers l'intérieur du pays", a noté la porte-parole.
Les "art toys", petits jouets pour grands enfants
Les "art toys", petits jouets pour grands enfants
Par Florent Daudens (Journaliste) 19H45 27/10/2007

(De Montréal) Les fraises tournent dans le cabinet du Dr Bao, mais ce soir, ce dentiste n'est pas en train de triturer une dent: il fabrique un jouet. Ou plutôt de l'art. Tantôt hideux, tantôt mignons, les "art toys" sont des figurines hautes de quelques centimètres, détournements de jouets existants ou créations inspirées de la culture urbaine. Celle-ci ressemble à un croisement entre Pikachu et Goldorak, celle-là représente un samouraï coiffé d'une banane digne d’Elvis, cigarette au bec.
Ces personnages issus de l’imagination du Dr Bao et de son acolyte Vince n’étaient au départ qu’un "blank", une figurine blanche en vinyle qui sert de base aux artistes. Mais les créateurs de ces figurines peuvent aussi sculpter un personnage de A à Z avec de la pâte fimo, sorte d’argile à faire cuire au four.
Lors de notre passage, Vince s’échine à poncer un chihuahua, une commande passée par un hôtel. La réplique miniature du chien de Paris Hilton, qui sera ensuite peinte et affublée de divers accessoires.
Les deux membres du NVC Crew touchent également au custom toyz, de vrais jouets détournés de leur usage original. "On utilise des matériaux différents. C’est notre façon de se démarquer des autres, d’avoir un style unique", explique Dr Bao. Il exhibe son chat rappeur, tiré d’un personnage de Cendrillon. Ecouteurs sur la tête, chaîne autour du cou et boîte de disques vinyles à côté, sa queue en forme de gramophone est dotée d’un haut-parleur. Il se branche à un lecteur MP3.

"C’est le support tridimensionnel parfait, qui donne d’autres côtés artistiques que ne peuvent pas procurer la sérigraphie ou la peinte, des choses en deux dimensions", précise Yann-Claude Philipot, co-fondateur des boutiques Artoyz en France. Selon lui, ce mouvement a pris naissance à Hongkong en 1989, sous l'impulsion d'artistes locaux.
Et tous refusent l’étiquette d’éternels gamins. "C'est à la croisée des chemins de pleins d'univers que j'aime beaucoup (...) et ça a plein de sens en plus parce qu'un artiste est à l'origine de la pièce", ajoute Yann-Claude Philipot.
Impossible toutefois de vivre de toys et d’eau fraîche. Dr Bao enfile sa blouse de dentiste le jour, Vince travaille dans un hôpital. "Faut bien payer le loyer", ajoute ce dernier. Le soir venu, ils se retrouvent dans le cabinet de dentiste ou au milieu de leur salon.
Pour une balade sonore dans ce monde où les pièces de collection se vendent comme des toiles, écoutez:
Quand Le Monde diabolise le référendum sur le Traité
Quand Le Monde diabolise le référendum sur le Traité
Le Monde stigmatise ceux qui appellent à l'organisation d'un référendum sur le Traité modifié. Pourtant, tous les candidats, à l'exception de Nicolas Sarkozy, y étaient favorables en mai-juin 2007.
Qui veut un référendum sur le Traité de Lisbonne ? La réponse du Monde
a le mérite de la clarté : ce sont les souverainistes et l'extrême
droite. D'ailleurs, c'est Christiane Chombeau, la journaliste
spécialiste de l'extrême droite, qui l'écrit.
Bien sûr, le titre n'est pas faux en soi. Mais en notant
que Paul-Marie Couteaux tout comme Jean-Marie Le Pen et Nicolas
Dupont-Aignant se sont lancés dans une vigoureuse campagne pour
l'organisation d'un référendum, Le Monde désigne implicitement les
éventuels « nonistes de gauche » comme étant à la traîne des nonistes
d'extrême droite. La journaliste reprend en cela la vieille antienne
des « rouges-bruns ».
Son papier prend tout son sens quand on lit celui de Jean-Michel
Normand sur la « conversion » des nonistes socialistes : une partie
d'entre eux, nous annonce-t-il, « basculent en faveur du nouveau traité ». Argument d'Antoine Peillon, chef de file des convertis : «
En 2005, nous avions appelé à voter non au référendum, espérant créer
un rapport de forces qui permettrait de renégocier le traité
constitutionnel dans de meilleures conditions. Cette fois-ci, si le
traité n'aboutit pas, il n'y aura pas de nouvelle renégociation. »
Drôle de cohérence, incompréhensible, sauf pour les journalistes du Monde
: en 2007, Ségolène Royal s'était engagée à proposer un référendum en
cas de rédaction d'un nouveau traité. Pourquoi ne pas réaliser l'unité
du PS sur ce principe-là, de démocratie élémentaire, consistant à ne
pas risquer de faire adopter par le Parlement ce que le peuple a
refusé, quitte par la suite, à appeler à voter oui ? Le rôle d'un
quotidien de référence ne serait-il pas de rappeler que tous les
candidats à la dernière élection présidentielle, partisans du oui ou du
non en 2005, étaient favorables à un référendum en cas de nouveau
Traité ?
Le traité européen simplifié monopolise les débats au PS
Le traité européen simplifié monopolise les débats au PS
Par Julien Martin (Rue89) 16H34 27/10/2007
Les stigmates des divisions du référendum de 2005 ressurgissent au moment de ratifier le nouveau traité.
C'est comme un invité surprise qui arrive à un dîner et attire toute l'attention à lui. Non inscrit à l'ordre du jour du Conseil national du PS, le traité européen simplifié était pourtant le sujet des principales déclarations, samedi à Paris. Elections municipales, relations avec les partenaires, critique du gouvernement... le programme des débats était chargé à l'intérieur de la Maison de la Mutualité, mais la question européenne revenait sur toutes les lèvres une fois dehors.
L'Europe a déjà déchiré le parti en 2005 quand partisans du oui et tenants du non se sont affrontés. Majoritairement favorable au traité constitutionnel, la direction du parti avait été désavouée par sa base qui, comme les électeurs français dans leur ensemble, avait finalement rejeté le texte. Deux ans plus tard, les séquelles n'ont toujours pas disparu.
Porte-flambeau du non socialiste en 2005, Laurent Fabius n'entend pas baisser l'étendard. Pas question de voter oui ou non pour l'instant. Ce sera l'abstention si Nicolas Sarkozy ne revient pas sur sa décision de faire ratifier par le Parlement ce qui n'est plus qu'un traité simplifié, mais organise tout de même le fonctionnement des institutions européennes:
La question du référendum ou de la ratification parlementaire ne se pose plus pour Jean-Christophe Cambadélis. A la forme, il veut désormais privilégier le fond. Pour celui qui porte la voix de la social-démocratie au PS depuis le départ de Dominique Strauss-Kahn au FMI, le seul intérêt est la réponse: oui, non ou abstention. Et, affirme-t-il, au Bureau national du PS, seul Jean-Luc Mélenchon s'est prononcé pour le non au traité simplifié:
Si la plupart des nonistes socialistes campent sur leur position depuis deux ans, certains évoluent et adaptent leur discours au contexte actuel. Ancien partisan du non, le député européen Vincent Peillon exhorte aujourd'hui ses camarades à voter oui, sous peine d'un coup d'arrêt, cette fois fatal, à la construction de l'Union européenne:
Le non, François Hollande, lui, le rejette d'ores et déjà. Il l'a déclaré samedi: "Le PS ne s'opposera pas au traité simplifié." Reste une rude tâche pour le Premier secrétaire: concilier les positions des uns et des autres, tout en ménageant les susceptibilités. Mais il a prévenu à la Mutualité:
"Nous avons à être responsables et collectifs. Si ce n'est pas possible, nous avons une règle dans ce parti, c'est la majorité. Je n'ouvrirai pas le débat ici, nous allons y revenir."
Le PS y reviendra même très vite, puisqu'une position commune est annoncée pour le 6 ou le 13 novembre. Le temps presse: Nicolas Sarkozy a souhaité que la France ratifie le nouveau texte dès le mois de décembre. Un tempo qui devrait empêcher une stratégie constructive de voir le jour et pourrait favoriser l'abstention. Le consensus mou guette encore le Parti socialiste.
Monster K7 ou la deuxième vie des cassettes audio
Monster K7 ou la deuxième vie des cassettes audio
LE MONDE | 27.10.07 | 14h07 • Mis à jour le 27.10.07 | 14h07
éhabilitons la cassette audio, redonnons-lui la place qu'elle mérite dans l'industrie musicale actuelle."
Affichée sur le site du label MonsterK7, cette déclaration prête à
sourire, à l'heure du bouleversement numérique. Créé à l'initiative de
deux musiciens, MonsterK7 est un jeune label indépendant parisien, qui
entend donner une seconde vie aux petites bandes magnétiques.
Retour en 1963, date de naissance de la cassette. L'objet est révolutionnaire par son format, moins contraignant que le vinyle, et surtout par la possibilité qu'il offre de faire des enregistrements. Rattrapée par le Compact Disc en 1982, la K7 audio, devenue désuète, n'aura vécu qu'une vingtaine d'années.
Les créateurs de MonsterK7 ont gardé la nostalgie des compilations partagées entre amis. "C'était une réaction un peu puérile au départ, raconte Anne Le Gal, cofondatrice du label, lancée à ceux qui balançaient dans le grenier leur vieille chaîne hi-fi".
De manière artisanale, l'équipe distribue via son site ses productions, enregistrées et "packagées" à la main à partir de cassettes recyclées. Si cette initiative demeure isolée en France, une trentaine de labels dans le monde tels Cass_et_tape_records aux Etats-Unis ou NO = FI Recordings en Italie se sont déjà engagés dans cette voie.
UNE ODE AU "TOY PIANO"
Pour MonsterK7, la réhabilitation passera d'abord par la Toile. La page MySpace du label, créée en mars 2007, est une première étape pour entrer en contact avec des artistes partageant la même passion. Plusieurs, venus du circuit underground (Scratch K7, un DJ qui scratche uniquement sur cassette, Jeffrey Butzer, Moujik, Toy Piano Fanfare, Snugtrio...), ont été séduits par la démarche, même s'ils ne sont pas rémunérés. Le site du label, monsterK7.com, est créé dans la foulée, en juin. Les titres sélectionnés témoignent de goûts musicaux pointus et affirmés, essentiellement de la musique électronique et ses dérivés.
La première compilation, une ode au toy piano (piano jouet), tirée à 200 exemplaires, est déjà épuisée. "Certains acheteurs ont acquis l'objet sans même être détenteurs de lecteur de cassettes", assure Anne Le Gal. Pour les retardataires, l'équipe propose une séance de rembobinage virtuelle : la compilation est en téléchargement gratuit sur le site. Une autre est déjà en préparation.
Les artistes qui souhaitent participer à cette nouvelle aventure peuvent envoyer un morceau en MP3 par mail accompagné d'une photo du ou des objets sonores détournés (jouets, etc.) à monsterk7@hotmail.fr.
Franck Colombani
Article paru dans l'édition du 28.10.07.

