23 octobre 2007
Mini traité : le PS dans un maxi piège
Mini traité : le PS dans un maxi piège
Par Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.
Les socialistes vont tenter d'en sortir aujourd'hui, lors de leur
bureau national, mais ils sont dedans jusqu'au cou, jusqu'aux yeux,
jusqu'aux cheveux ! Dans le piège du mini traité européen que Nicolas
Sarkozy a tenu à armer avant les élections municipales. C'est pourquoi
le chef de l'Etat a réuni précipitamment les dirigeants de l'UMP
dimanche dernier après le sommet de Lisbonne. Il s'agissait de profiter
de ce grand succès diplomatique qu'est celui de la France, qui est le
sien, qui doit devenir aussi celui de la majorité… Il fallait donc
capitaliser ce succès en organisant dans tout le pays des meetings de
mobilisation et l'UMP devait en profiter pour faire éclater au grand
jour, aggraver encore les divisions du PS et de la gauche sur l'Europe.
C'est pour cette raison que la ratification de ce traité dit simplifié
sera poussée à marche forcée, de l'examen devant le Conseil
constitutionnel dès le 14 décembre après ratification par les 27, au
vote devant le Congrès, juste après les fêtes de fin d'année mais, en
tout état de cause, avant les municipales afin de placer l'opposition
devant ses contradictions. Soit le PS dit non et il s'oppose à tous les
socialistes européens et un bon nombre de ses dirigeants qui sont
favorables au texte, soit il dit oui et il se met en porte-à-faux avec
sa gauche noniste. Soit encore il s'abstient, ce qui lui sera aussi
reproché par les mêmes et de toute façon, les deux camps s'affronteront
par média interposés.
Ce piège, le PS l'avait évidemment
subodoré, puisqu'une commission s'est réunie plusieurs fois depuis
l'été sous la direction du député européen Benoît Hamon afin de tenter
de dégager une position commune qui permette d'éviter la guerre civile
avant les échéances électorales. C'est au nom de cette raison
supérieure qu'Hamon et la direction du PS espéraient non pas s'en tirer
indemnes mais dégager une position qui évite l'écartèlement. Le premier
point tient en un renoncement au référendum. Comme François Bayrou,
Ségolène Royal s'était engagée à demander une nouvelle consultation
référendaire des Français afin que ne puisse être refait sans le peuple
ce qui a été défait par lui.
Plus question d'exiger un référendum
puisque ce traité ne serait plus qu'un texte technique qui permette une
relance a minima de l'Europe sans rien régler des politiques
essentielles à inventer en matière sociale comme énergétique ou même
éducative. L'on voit ce qui pourrait faire consensus au PS selon la
direction : une abstention ou un refus de vote critique. Allez hop,
circulez, il n'y a rien ou si peu à voir. L'essentiel est ailleurs, sur
l'Europe sociale donc d'abord qu'il faudra réinventer. Ainsi
tenterait-on de s'en sortir par le haut, ou par le bas. C'est en tout
cas ce qu'a dénoncé le noniste historique Jean-Luc Mélenchon qui, en
dépit des pressions des fabiusiens favorables à une abstention
raisonnable, a déclaré qu'il n'y aurait pas de consensus sur cette
question, que « ce traité n'était ni simplifié ni démocratique ni
social ».
Mélenchon est symbolique de toute
cette gauche qui refuse toujours qu'on lui refile en contrebande ce qui
a été refusé au grand jour. Une gauche qui rassemble du monde sur le
terrain et qui refuse de mettre son drapeau rouge dans la poche. Alors
qu'en face, les ouistes eux aussi sont mal à l'aise à l'idée de
s'abstenir. Jack Lang a déjà dit que pour lui c'était oui. D'autres
députés européens comme Bernard Poignant et Pierre Moscovici ou même
l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, sont
favorables au « oui malgré tout ». Alors, bien sûr, ils ne voudront pas
faire la guerre sur ce sujet. Ils ne voudront pas porter la
responsabilité d'un clash dans le parti juste avant les municipales.
Mais c'est pour eux une sortie piteuse qui revient à porter la
responsabilité du texte qu'ils vont laisser approuver sans en tirer
aucun profit. Les ouistes abstentionnistes seront la cible des
nonistes, sans même défendre leur point de vue ni leurs convictions et
en laissant Sarkozy pêché, chaluté toujours plus dans leurs rangs.
On comprend pourquoi le chef de l'Etat
avait recruté Jean-Pierre Jouyet aux Affaires européennes. Cet ancien
proche, très proche de François Hollande, va pouvoir accompagner
partout en France pendant la campagne électorale le chef de l'Etat afin
de vanter son engagement européen qui est censément aussi à la base de
l'engagement socialiste. Et sous les applaudissements arriveront
ensuite sur scène UMP un autre europhile, Bernard Kouchner, et puis
Jean-Marie Bockel et puis Jack Lang, etc. Le maxi supplice du mini
traité est avancé.
Mardi 23 Octobre 2007 - 12:59
Nicolas Domenach
Le nouveau monde du régime Sarkozy
Le nouveau monde du régime Sarkozy
Par Didier Peyrat, magistrat. Sauter par-dessus les limites civiles ? Attention, danger.
Depuis six mois, le gouvernement mène une politique de droite, disons,
"classique". Sur plusieurs sujets, cependant, il innove, va plus loin,
comme s'il cherchait à profiter du rapport de force issu des élections
de mai-juin 2007 pour donner des coups de canifs au consensus
républicain, en présentant parfois celui-ci comme un « tabou »
dérisoire qui doit sauter...
Il y a d'abord eu la suppression de
l'atténuation de peine pour les mineurs récidivistes, votée cet été. On
ne s'est pas trop demandé quels pouvaient être les effets de sens
pervers d'une telle mesure. A quoi rime en effet de juger les
adolescents comme des adultes, puisqu'on sait qu'ils ne sont pas des
adultes ? Or tracer une ligne de partage claire entre l'enfance et
l'âge adulte est une nécessité pour une société civilisée. C'est bien à
cette frontière que, mine de rien, à l'occasion d'un débat sur la
délinquance juvénile, on s'est attaqué, puisqu'on l'a déplacée. Voilà
un curieux relativisme, qui ne vient pas de là où il provient
d'ordinaire.
Ensuite est venu le projet de faire juger des personnes
déclarées irresponsables par les médecins, afin de répondre, paraît-il,
à l'attente des victimes. Mais qui peut penser qu'une victime se
sentira mieux après qu'on aura traîné devant elle, dans une audience-
spectacle bouffonne, une personne démente ? Les sociétés européennes
ont mis des siècles à se dégager de l'ornière du jugement des fous, ce
« délire judiciaire » moyenâgeux. Que devient la Justice quand elle
cesse d'être basée sur la responsabilité ? Faire une sorte de procès à
un fou, c'est miner tout doucement l'office du juge pénal qui consiste
précisément à imputer un acte à une personne.
Et maintenant, voici le projet débattu à l'assemblée -
avec l'article 5 bis rédigé par le député Mariani, voté en première
lecture par la majorité UMP - qui préconise des investigations
génétiques au prétexte de lutter contre les fraudes à l'immigration.
Cela, c'est rien moins que d'accorder à L'Etat la possibilité de
s'immiscer au coeur de l'intimité des êtres. Cette intrusion étatique,
quels que soient ses prétextes, nous fait encore franchir une limite.
La réforme joue la carte du spectacle
Certes, il ne s'agit pas de nier les problèmes auxquels ces mesures
prétendent répondre. Les jeunes délinquants récidivistes, dont le
nombre a augmenté depuis 15 ans, peuvent et doivent être punis. De
même, l'institution judiciaire doit certainement améliorer ses modes de
faire à l'égard des victimes, notamment, mais pas seulement, dans les
affaires tragiques où un non-lieu est prononcé pour cause de démence de
l'auteur des faits. A condition qu'on lui en donne les moyens humains
et financiers... Quant à l'immigration clandestine et les trafics
d'état civil, cela existe, et il est parfaitement légitime qu'une
politique cherche à les combattre, si elle réussit à combiner fermeté
et humanité, et pas à écraser la seconde sous la première....
Mais la voie qui a été choisie, dans
les trois cas, est singulière. Pour « traiter » ces problèmes, on joue
la carte du « spectaculaire ». Ce faisant, on ouvre une boîte de
Pandore : à force de « tripoter » les « fondamentaux », on chamboule
les repères invisibles qui conditionnent le vivre ensemble et reflètent
un certain état de civilisation. Soit qu'on teste, soit qu'on essaye
vraiment, on commence à lever des « interdits », non pas seulement de
la démocratie (cela, le conseil constitutionnel le dira, peut –être),
mais de la civilité. Pour un résultat dans les domaines considérés qui
risque, de surcroît, d'être fort maigre, car c'est moins la performance
qui est recherchée que le « symbolique », voire la démonstration de
force.
Vraiment, cette voie est celle de
tous les dangers. Il ne faudrait pas que par mégarde nous nous
précipitions dans une sorte de « nouveau monde », cruel, sans scrupule,
s'autorisant, au nom de la recherche d'une efficacité maximale, des
incursions dans les territoires qui sont le fond même de la société.
C'est ce qu'ont compris, d'ailleurs, une partie de la droite
raisonnable (au Sénat) et de nombreuses personnalités, notamment
religieuses.
Nicolas Sarkozy a gagné l'élection de
2007. C'est indéniable, et même ceux qui n'ont pas voté pour lui, comme
moi, doivent, désormais, faire avec. Parce que d'une certaine façon,
faire avec lui, c'est faire avec une majorité qui s'est dégagée
clairement. Je ne suis pas sûr, cependant, que lui, ou ceux qui
l'entourent, aient reçu mandat de nous faire subrepticement entrer sans
débat dans une autre civilisation.
Lundi 22 Octobre 2007 - 09:09
Didier Peyrat
Un instituteur devant le tribunal pour avoir gêné une expulsion
Un instituteur devant le tribunal pour avoir gêné une expulsion
LE MONDE | 23.10.07 | 15h01 • Mis à jour le 23.10.07 | 15h01
|
Florimond Guimard, le 20 octobre 2007 à Marseille. AFP/MICHEL GANGNE |
our le procureur, "il n'y a rien à dire de mal"
sur Florimond Guimard. Accusé de s'être opposé en novembre 2006 à
l'expulsion du père algérien en situation irrégulière de deux jeunes
filles, cet enseignant, militant du Réseau éducation sans frontières
(RESF), a comparu, lundi 22 octobre, devant le tribunal correctionnel
d'Aix-en-Provence pour "violences volontaires sur les policiers dans l'exercice de leur fonction avec arme par destination".
Ces charges n'ont pas tenu à l'audience. "La procédure n'est ni faite ni à faire", a expliqué le procureur, qui a demandé la requalification des faits en "rébellion" et requis, "pour le principe", deux mois de prison avec sursis. Professeur des écoles de 31 ans, M. Guimard a reconnu avoir suivi avec sa voiture un convoi policier, entre le centre de rétention administrative du Canet de Marseille et l'aéroport de Marignane. Mais il a récusé le fait d'avoir tenté de percuter le véhicule des policiers et a contesté leur avoir lancé une barrière métallique.
Le procès est intervenu après des manifestations organisées par RESF et le collectif Uni(e)s contre une immigration jetable, pour dénoncer "la criminalisation du militantisme". Plusieurs centaines de personnes se sont réunies devant le palais de justice pendant l'audience. Au nom de RESF, M. Guimard a reçu, le 16 octobre, au Parlement européen, le Silver Rose Award. Ce prix est décerné par un réseau européen de syndicats et d'ONG qui distinguent chaque année "les contributions exceptionnelles dans le combat pour la justice sociale".
Jugement le 21 décembre.
Michel Samson
Le taux de CO2 dans l'atmosphère augmente plus vite que prévu
Le taux de CO2 dans l'atmosphère augmente plus vite que prévu
LEMONDE.FR avec AP, AFP | 23.10.07 | 14h38 • Mis à jour le 23.10.07 | 16h05
a croissance économique mondiale a provoqué un accroissement de la
teneur en dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère beaucoup plus
rapidement que prévu, selon une étude publiée lundi dans les comptes rendus de l'Académie nationale des sciences des Etats-Unis.
Cette étude souligne que la concentration des émissions de gaz carbonique dans l'atmosphère a augmenté de 35 % en 2006, entre le début des années 1990 et les années 2000-2006, passant de 7 à 10 milliards de tonnes par an, alors que le protocole de Kyoto prévoyait qu'en 2012, ces émissions responsables du réchauffement climatique devaient avoir baissé de 5 % par rapport à 1990. "Les améliorations dans l'intensité carbonique de l'économie mondiale stagnent depuis 2000, après trente ans de progrès, ce qui a provoqué cette croissance inattendue de la concentration de CO2 dans l'atmosphère", indique dans un communiqué le British Antarctic Survey, qui a participé à cette étude.
Selon les chercheurs, les carburants polluants sont responsables de 17 % de cette augmentation, tandis que les 18 % restant sont dus à un déclin de la capacité des "puits" naturels comme les forêts ou les océans à absorber le gaz carbonique."Il y a cinquante ans, pour chaque tonne de CO2 émise, 600 kg étaient absorbés par les puits naturels. En 2006, seulement 550 kg par tonne ont été absorbés, et cette quantité continue à baisser", explique l'auteur principal de l'étude, Pep Canadell, du Global Carbon Project. "La baisse de l'efficacité des puits mondiaux laisse penser que la stabilisation de cette concentration sera encore plus difficile à obtenir que ce que l'on pensait jusqu'à présent", indique pour sa part le British Antarctic Survey.
Ces résultats obligent à une révision à la hausse des prévisions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat qui, dans son rapport de février, tablait sur une augmentation de la température moyenne de la terre de 1,8 °C à 4 °C à l'horizon 2100.
Au PS, la diversité ne s'impose pas sans heurts
Au PS, la diversité ne s'impose pas sans heurts
Par Pascal Riché (Rue89) 20H58 22/10/2007
A Clermont, le choix des candidats PS aux cantonnales s'est terminé par des accusations de racisme.
C'est une affaire qu'auraient pu connaître de nombreuses sections du Parti socialiste. Une affaire où se heurtent des militants à l'ancienne, qui se considèrent comme les meilleurs juges des stratégies électorales locales, et de jeunes militants, issus de l'immigration, qui ne veulent plus être de simples colleurs d'affiche.
Le 10 octobre, Karim Srikah, 29 ans, secrétaire de la section Nord de Clermont-Ferrand du PS, se rend à une réunion du bureau fédéral (l'instance politique), où l'on doit valider les candidatures aux cantonales. Srikah souhaite se présenter. Mais là, une surprise l'attend.
Il y a dans l'assistance le gratin local du PS. Un député (Alain Neri), un conseiller régional, des conseillers municipaux... Les candidatures de la section Nord -sa section- sont évoquées. Et là, selon le récit que Srikah en fait, juste après la réunion, dans une lettre aux militants de sa section, un des conseillers municipaux, Philippe Bohélay, s'emporte contre le système clientéliste mis en place dans le nord de la ville pour bâtir les sections PS, et déclare:
"Les candidatures de la section Nord ne sont pas raisonnables. Nous avions l'habitude de donner des maisons à la Plaine (un quartier de Clermont, ndlr) ou de donner du travail à ces gens-là, et voilà qu'ils veulent être comtes à la place du comte".
Pour Srikah, l'expression "ces gens là" désigne forcément les immigrés et descendants d'immigrés, qui forment la majorité de la population du canton Nord. Le "comte", dans son esprit, ne peut être que le conseiller général sortant, Alexandre Pourchon, fils d'un ancien notable du PS. A lire la lettre de Srikah, Philippe Bohélay a ajouté:
"Le canton Nord est le bastion de la ville de Clermont-Ferrand et il est inconcevable que l'on puisse s'appuyer sur de telles candidatures. Nous aurions dû empêcher ces gens-là, bien avant, d'adhérer au Parti socialiste. Alors que l'on voit des familles, aujourd'hui trois, bientôt vingt, qui risquent de peser demain sur la désignation de la tête de liste des socialistes aux futures municipales. Nous risquons donc de perdre le canton et la ville de Clermont-Ferrand."
Srikah y voit une allusion claire aux familles franco-marocaines, dont la sienne, qui "tiennent" la section PS du Nord. Choqué, il proteste. Un seul membre de l'assistance l'appuie franchement: Guy Kpamegan, prof de lycée, franco-béninois et candidat lui aussi pour la candidature dans le canton du Nord. Ce dernier a, depuis, décidé de démissionner de toutes ses fonctions au sein du parti, et confirme le récit du jeune militant: "C'était du délire, je ne reconnaissais plus Bohélay", nous dit-il.
"Tous les autres sont restés silencieux", rapporte Srikah dans sa lettre. Il décide alors de saisir la commission de discipline du parti...
Le lendemain, après une explication avec les dirigeants socialistes, Karim Srikah signe une nouvelle lettre à ses camarades, sur un papier à en-tête et dans une enveloppe de la fédération:
"Philippe Bohélay a tenu à s'expliquer et a reconnu le caractère maladroit de son intervention, dans laquelle il n'avait cherché à stigmatiser personne. Ses propos n'avaient aucun fondement raciste. Pour ces raisons, je retire ma demande de saisine de la commission des conflits."
Srikah, un employé municipal, père de deux enfants, retire alors opportunément sa candidature. Il n'a pas tenu à s'exprimer depuis.
Deux nouvelles plaignantes
Une autre candidate du canton, Zora El Afghani, porte plainte. Puis Chafia Mentalecheta, ex-pasionaria du PS, qui vient d'en claquer la porte, s'insurge sur son blog , décide de saisir la Halde , porte plainte elle aussi au pénal. Elle écrit à François Hollande:
"L’affaire tente d’être étouffée non pas en sanctionnant l’auteur des propos –ce qui aurait permis une issue noble et digne à ce sordide épisode- mais en exerçant les pressions les plus viles sur celui qui les dénonce."
Au téléphone, elle nous décrit un système socialiste délétère:
"Le PS n'est pas raciste tant que les descendants d'immigrés sont des gens en difficulté, tant qu'il faut les aider, faire la charité. Mais dès que ceux-ci prétendent avoir les même droits, être candidat comme les autres, alors ça coince."
A la fédération du PS du Puy-de-Dôme, l'affaire est décrite comme une "vaste manipulation" orchestrée par "des gens qui ont déjà la tête en dehors du PS". Aux législatives, Chafia Mentalecheta s'est en effet présentée contre une autre candiate du PS, Odile Saugue (mais a pris une claque). Puis elle a participé aux activités de "Clermont avant tout", une association de droite qui songe à soutenir Brice Hortefeux aux municipales. Elle apparaît sur cette vidéo de France3, tournée jeudi:
L'autre plaignante, Zora el Afghani a pour défenseur Gilles-Jean Portejoie, avocat en vue et girouette politique. Il rêvait de se présenter au poste de maire, mais il a été viré cet été de son poste de premier adjoint.... Lui aussi est en train de prendre ses distances avec le PS. Or c'est justement Portejoie qui a poussé à la constitution de sections PS dans le Nord de Clermont, ce fameux "système" dénoncé par Bohélay....Mais Zora el Afghani évacue la thérorie du complot: "C'est n'importe quoi, Portejoie n'est vraiment pas ma tasse de thé, je l'ai choisi parce que c'est le meilleur avocat, point barre."
Philippe Bohélay, qui a beaucoup milité pour les sans-papiers, peut difficilement être considéré comme une personne raciste.
"Lors de cette réunion, j'ai simplement piqué une colère contre un système totalement clientéliste, cela n'a rien à voir avec la question des immigrés, explique-t-il. Comment m'accuser de racisme, mon père est arabe, né à Oran? Je ne me laisserai pas traîner dans la boue!"
Pierre Sabatier, le secrétaire de la fédération (l'équivalent de François Hollande pour le Puy-de-Dôme), abonde dans le même sens: Philippe Bohélay dénonçait selon lui un système où l'on offre des logements et des boulots pour gagner de l'influence. Et par "ces gens-là", il visait "tous les gens qui participaient au système qu'il dénonçait, et il y a aussi parmi eux des Dupont-Durand. Il n'y avait pas une pointe de racisme là dedans." Un simple malentendu, donc.
Tensions partout en France
Cette affaire explose dans un contexte particulier, et les nerfs des uns et des autres sont à vif. De telles tensions, autour du thème de la "diversité", ont lieu dans bien des sections, pas seulement dans le Puy-de-Dome. Pour beaucoup de militants d'origine maghrebine, les socialistes ont bâti des sections PS dans les quartiers populaires pour ensuite bloquer les candidatures des militants issus de ces quartiers: soit pour garder leurs postes, soit par crainte de faire peur aux électeurs...
Mais ce calcul est-il malin? L'UMP, pendant ce temps, sans bruit, a décidé de présenter, dans le même canton Nord de Clermont-Ferrand, le candidat Samir El Bakkali... Et il a nommé au gouvernement une femme issue de ce quartier: la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, Fadela Amara.
Les Ig Nobel 2007, de la bombe gay aux secrets de la bouse de vache
http://www.futura-sciences.com/
Les Ig Nobel 2007, de la bombe gay aux secrets de la bouse de vache
Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences
Le Viagra qui améliore la résistance des hamsters au décalage horaire, les complications gastriques après l’ingestion d’un sabre, les recherches secrètes sur la bombe qui rend gay, l’extraction de la vanilline à partir de la bouse de vache… Le jury 2007 du désormais mythique prix Ig Nobel n’a pas démérité.
Comme chaque année, l’association Improbable Research a remis ses fameux prix Ig Nobel (prononcer ignoble) à peu près en même temps que le très respectable jury Nobel. Recherches loufoques, découvertes étonnantes et projets fantaisistes ont été généreusement récompensés lors d’une cérémonie déjantée, comme la tradition l’exige.
Pratiquement tous les prix correspondent à des spécialités retenues également pour les véritables prix Nobel. Mais les entorses sont permises. Le jury a ainsi créé un Ig Nobel d’aviation afin de ne pas rater la prometteuse découverte d’une équipe argentine (Diego A. Golombek avec Patricia V. Agostino et Santiago A. Plano, de l'Université Nationale de Quilmes) sur un effet secondaire du Viagra. Celui-ci, en effet, réduirait les effets du décalage horaire, du moins chez le hamster (dont on sait pourtant qu’il ne fréquente pas davantage les lignes argentines que les autres voies aériennes).
En médecine, c’est fort logiquement que Brian Witcombe (Département de radiologie, Gloucestershire Royal NHS Foundation Trust, Gloucester, Royaume-Uni) et Dan Meyer (Etats-Unis) l’emportent avec une étude innovante sur les effets secondaires de l’ingestion d’une épée. Dan Meyer (Antioch, Tennessee) sait de quoi il parle, étant lui-même pratiquant et même président de l’association des avaleurs de lames.
Bombe non létale
En matière de projets invraisemblables, l’association a exhumé une idée folle qui semble bien avoir été évoquée par l’armée de l’air américaine en 1994 : la conception d’un gaz aphrodisiaque qui provoquerait chez l’ennemi une irrésistible attirance sexuelle pour les collègues soldats, fussent-ils de même sexe. Appelée bombe gay, cette arme n’a semble-t-il pas été explorée plus avant. Pour son aspect non létal, elle est récompensée aujourd’hui d’un superbe prix Ig Nobel de la paix. Rappelons que Jacques Chirac avait eu cet honneur en 1996 pour avoir choisi en 1995 de reprendre les essais nucléaires français au moment du cinquantième anniversaire du bombardement atomique d’Hiroshima.
En chimie, la récompense ne pouvait échapper à la japonaise Mayu Yamamoto, du Centre international de médecine du Japon qui a trouvé le moyen d’extraire la vanilline présente - qui en aurait douté ? - dans la bouse de vache. Signalons également Johanna van Bronswijk, spécialiste hollandaise de l’hygiène dans les bâtiments, qui s’est lancée dans le catalogue exhaustif du petit peuple d’invertébrés s’épanouissant dans nos matelas. Plus fantasque, Brian Wansink, célèbre nutritionniste américain et spécialiste de comportement alimentaire a dû inventer, pour mener ses études, un récipient sans fond dans lequel un gourmand impénitent peut puiser indéfiniment de la nourriture.
Le succès planétaire de cette compétition ne se dément pas, à tel point que le serveur de l’association Improbable Research était complètement saturé ce week-end et ce lundi. Dans la compétition elle-même, l’élargissement international s’est concrétisé par des récompenses de scientifiques installés bien au-delà de la sphère anglo-saxonne. Plus réjouissant encore, de - véritables - prix Nobel ont eux-mêmes remis les prix : Craig Mello (médecine, 2006), Roy Glauber (physique, 2005) et William Lipscomb (chimie, 1976, qui collabore régulièrement à cet événement).
La fiabilité des radars est sévèrement mise en cause
VITESSE
La fiabilité des radars est sévèrement mise en cause
NOUVELOBS.COM | 23.10.2007 | 08:47
D'importantes "erreurs de mesure" sont mise en évidence par un rapport de 2006 réalisé par le secrétariat général de l'administration de la police de la préfecture de la zone de défense est, à Metz.

(Sipa)
Le magazine Auto Plus révèle, dans son numéro du mardi 23 octobre, le manque de fiabilité des radars de vitesse fixes ou embarqués, en se basant sur un rapport officiel de 2006. L'hebdomadaire dénonce d'importantes "erreurs de mesure".Le rapport, dont l'hebdomadaire publie quelques passages en fac similé, a été réalisé par le secrétariat général de l'administration de la police de la préfecture de la zone de défense est (Metz).
350 millions d'amendes
Il met en "évidence les erreurs de mesure et leurs conséquences sur le plan juridique engendrées par le mauvais positionnement fréquent des cinémomètres radar fixes et embarqués" et "propose également des solutions techniques pour éviter des contestations sur l'usage de ces appareils".
Ce rapport a été transmis, en juin 2006, selon Auto Plus, à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et à la Direction de projet interministériel pour le contrôle automatisé (DPICA).
Le total des produits des amendes générés par les radars s'est élevé à près de 350 millions d'euros en 2006.
A la fin de l'année, 2.000 radars seront en service sur les routes en France. Les deux tiers seront fixes et pour le tiers restant, il s'agira de radars mobiles.
Près de 140 millions de femmes excisées dans le monde
Près de 140 millions de femmes excisées dans le monde
LEMONDE.FR | 23.10.07 | 06h48 • Mis à jour le 23.10.07 | 06h53
ans
une étude rendue publique mardi 23 octobre, intitulée "Les mutilations
sexuelles féminines : le point sur la situation en Afrique et en
France", l'Institut national des études démographiques (Ined) indique
qu'entre 100 et 140 millions de femmes ont subi des mutilations
sexuelles dans le monde.
Les deux chercheuses de l'Ined à l'origine de l'étude, Armelle Andro et Marie Lesclingand, rappellent tout d'abord les nombreuses conséquences sanitaires et psychologiques liées à ces pratiques – infections, stérilité, difficultés lors de l'accouchement, angoisse, dépression – avant de rappeler que les mutilations sexuelles sont essentiellement pratiquées en Afrique sub-saharienne et dans certains pays du Proche-Orient et d'Asie du Sud-Est. En Afrique, les mutilations, de l'excision partielle du clitoris à l'infibulation (suture de l'orifice vaginal), sont pratiquées dans vingt-huit pays. Mais le nombre de femmes excisées varie beaucoup selon les pays africains, soulignent les chercheuses qui se sont appuyées sur des enquêtes nationales menées depuis les années 1990, de 1,4 % au Cameroun à 96 % en Guinée.
ENVIRON 50 000 FEMMES ADULTES EXCISÉES EN FRANCE
Bien que "la pratique des mutilations sexuelles féminines est souvent présentée comme la conséquence d'injonctions religieuses, notamment de l'islam", les chercheuses indiquent que "l'excision était pratiquée en Afrique bien avant l'arrivée des religions monothéistes et aucun texte religieux ne permet de la justifier". "Le principal facteur du risque de mutilation est l'appartenance ethnique et non la religion, ces partiques s'inscrivant traditionnellement dans les rites d'initiation associés à l'âge adulte dans certains groupes ethniques."
Les auteurs relèvent cependant que la pratique recule dans la plupart des pays africains depuis quelques années, "même si les changements sont lents dans certains". Ce recul s'explique de plusieurs façons : le degré de mobilisation des Etats – l'Ined rappelant que c'est seulement depuis 2003 que les pays membres de l'Union africaine ont signé un protocole condamnant et interdisant les mutilations sexuelles –, ainsi que le niveau d'instruction des femmes.
La seconde partie de l'étude s'attache à décrire la situation en France, "une réalité liée à l'immigration des dernières années". Si le nombre de femmes concernées en France est mal connu, les chercheuses indiquent qu'il y avaient, en 2004, environ 50 000 adultes excisées. "Une politique de prise en charge sanitaire reste à définir", soulignent-elles en rappelant qu'une étape importante a cependant été marquée récemment avec la mise au point d'un protocole de chirurgie réparatrice, remboursé par l'assurance-maladie. Ces opérations, pratiquées dans une dizaine d'hôpitaux et de cliniques, surtout en Ile-de-France, ouvrent la voie à la réversibilité des lésions qu'entraînent l'excision. Enfin, une enquête nationale "Excision et handicap", finalisée à l'automne 2008, permettra de mieux connaître le phénomène en France et débouchera sur des propositions pour la prise en charge des femmes mutilées vivant en France, précise l'étude.
Raphaëlle Besse Desmoulières
Les vrais chiffres du pouvoir d'achat

GAMMA/PATRICK PIEL
Aujourd'hui, près de 40 % des salariés gagnent moins de 1,3 smic.
Les vrais chiffres du pouvoir d'achat
LE MONDE POUR MATINPLUS | 23.10.07 | 07h37 • Mis à jour le 23.10.07 | 07h42
eux
ministres, Christine Lagarde (économie, finances et emploi) et Xavier
Bertrand (travail et relations sociales), le secrétaire d'Etat à la
consommation, Luc Chatel, le haut-commissaire aux solidarités actives,
Martin Hirsch, des représentants du patronat et des syndicats,
plusieurs experts de Bercy, ainsi que Robert Rochefort, directeur
général du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des
conditions de vie (Credoc), participent aujourd'hui à une conférence
sur l'emploi et le pouvoir d'achat à Bercy.
C'est peu dire que cette conférence, annoncée de
longue date, tombe à pic. Bien que l'Insee prévoie une progression du
pouvoir d'achat de 2,8 % cette année (après +2,3 % en 2006), la flambée
des prix d'un certain nombre de produits commence à inquiéter les
consommateurs. Et la modération persistante des salaires contribue à
persuader les ménages que leur niveau de vie a eu tendance, ces
dernières années, à se détériorer. Le sujet est sensible pour Nicolas
Sarkozy, qui, pendant la campagne électorale, s'est présenté comme "le président du pouvoir d'achat",
et pour le gouvernement, confronté à une conjoncture économique
difficile, qui réduit ses marges de manœuvre à quelques mois des
élections municipales de mars 2008.
La valse des étiquettes. Le prix du pétrole s'envole littéralement. Le baril de brent (le brut européen) a dépassé pour la première fois, jeudi 18 octobre, les 90 dollars. C'est une augmentation de près de 50 % sur un an. Du coup, les tarifs du fioul domestique, pour les livraisons inférieures à 5 000 litres, ont augmenté de 4,71 % sur un an, pour s'établir à 67,09 euros l'hectolitre en septembre, et ceux de l'essence à la pompe, qui frisent désormais 1,50 euro le litre, n'en finissent pas d'augmenter.
Si l'on y ajoute l'augmentation du prix du pain, liée à la hausse des céréales, et celle attendue des produits laitiers ( + 10, 48% chez Danone en novembre ; + 15 à 17% chez Lactalis), on conçoit que les Français aient du mal à croire les statisticiens de l'Insee, lorsqu'ils soulignent le niveau "historiquement bas" de l'inflation, malgré la légère remontée enregistrée en septembre (+1,5%).
Des salaires en berne. Bien qu'en légère diminution l'an dernier, la proportion de salariés payés au niveau du smic reste très élevée : elle est passée de 8,1 % à 15,1 % entre 1991 et 2006. A cette date, selon l'Insee, 27 % des salariés à temps complet du privé et du semi-public, cantonnés sur des emplois où les allègements de charges patronales jouent à plein, touchaient moins de 1,3 fois le smic. Si l'on y ajoute les travailleurs précaires employés en contrat à durée déterminée (CDD), à temps partiel ou sur des missions d'intérim, on n'est probablement pas loin des 37,8 % de personnes percevant un salaire mensuel de moins de 1,3 fois le smic, relevés par l'Insee en 2002 (dernier chiffre connu). La "smicardisation" de la société française, qui est d'une ampleur inédite en Europe, existe bien. Elle n'épuise pas, toutefois, la réalité de l'évolution des revenus.
L'envol des hauts revenus. A l'autre bout de l'échelle, en effet, les revenus les plus élevés ne cessent d'augmenter. Un chercheur de l'Ecole d'économie de Paris, Camillle Landais, a établi que, entre 1998 et 2005, les 3 500 foyers les plus riches de France ont vu leur revenu réel augmenter de 42,6 %, tandis que 90 % des foyers fiscaux devaient se contenter d'une hausse de 4,6 %. L'économiste explique le dynamisme des hauts revenus par la croissance des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values boursières, mais aussi par la nette progression des très hauts salaires. Cette explosion des inégalités nourrit, bien sûr, le "ressenti" des ménages sur la détérioration de leur niveau de vie.
Des charges plus lourdes. Dans le budget des ménages, le poids des dépenses dites contraintes – celles sur lesquelles on n'a guère de prise à court terme, comme le logement (loyers, charges), les assurances, les remboursements des crédits ou encore les impôts et autres contributions sociales (CSG et CRDS) –, n'a cessé d'augmenter. Il est passé de 22 % à 45 % du budget familial entre 1960 et 2006. Et encore, il ne s'agit que d'une moyenne, puisque ce type de charges absorbe les trois quarts du revenu disponible des plus modestes. Or ces derniers, du fait de leur mode de consommation, sont aussi ceux qui sont les plus touchés par la hausse des prix du tabac, des produits de première nécessité (pain, lait…), des loyers ou encore du fioul domestique.
Claire Guélaud
| La difficile réforme des indices de prix | |
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Réconcilier les Français avec leurs indicateurs économiques et réduire l'écart entre l'inflation mesurée par l'Insee et l'inflation perçue par les consommateurs. Tel est le but du rapport remis jeudi dernier par le Conseil d'analyse économique (CAE). Parmi les mesures proposées : rapprocher l'indice des prix à la consommation de l'indice européen ; établir des profils-types (familles monoparentales, jeunes actifs, retraités etc.), pour mieux mesurer l'inégale exposition des ménages à la hausse des prix ; créer un indice élargi pour tenir compte des dépenses de logement, et des indices complémentaires intégrant l'évolution des normes de consommation; enfin, mettre en place des indicateurs de "niveau de vie" et de "bien-être" | |

