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18 octobre 2007

La FNUJA assigne l'Etat en justice devant le TGI d'Hazebrouck

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La FNUJA assigne l'Etat en justice devant le TGI d'Hazebrouck

NOUVELOBS.COM | 18.10.2007 | 17:27

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La Fédération nationale des Unions des jeunes avocats de France, "révoltée" par la "méthode autoritaire" de Rachida Dati, demande que toutes les pièces concernant la réforme soient communiquées.

      

(Reuters)

(Reuters)

La Fédération nationale des Unions des jeunes avocats de France (FNUJA), a décidé d'assigner l'Etat en référé, estimant que la garde des Sceaux, Rachida Dati, a manqué à ses engagements dans la réforme de la carte judiciaire. La décision a été adoptée à l'unanimité en conseil national de la fédération, le 13 octobre. L'assignation doit être délivrée le 19 octobre et sera plaidée le 25 octobre devant le tribunal de grande instance d'Hazebrouck (Nord), dont la suppression a été annoncée par la ministre de la justice le 12 octobre, à Lille. Dans un communiqué, la FNUJA se dit "révoltée" par la "méthode autoritaire" employée par Rachida Dati pour mener la réforme.

"Que les pièces soient communiquées"

Contacté par Nouvelobs.com jeudi 18 octobre, Me Lionel Escoffier, président de la FNUJA, a expliqué demander que soient communiqués "les rapports des chefs de cours, les rapports sur les études d'impact économique sur la suppression des juridictions et le schéma directeur de la réforme".
"La garde des Sceaux ne veut pas discuter, nous en prenons acte", a-t-il déclaré. Et de préciser : "Nous ne sommes pas contre l'idée d'une réforme de la carte judiciaire. Simplement, il existe une règle du respect du contradictoire, ce que ne fait absolument pas Mme le garde des Sceaux. Pour pouvoir en discuter correctement, nous demandons donc que les pièces nous soient communiquées".

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RESF prévient d'une rafle de sans-papiers à Paris vendredi

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SANS-PAPIERS

     

RESF prévient d'une rafle de sans-papiers à Paris vendredi

NOUVELOBS.COM | 18.10.2007 | 17:50

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Elle vise à "rattraper son important retard par rapport aux quotas d'expulsions imposés par le ministère de la rafle et du drapeau", fixé à 3.680 pour 2007 dans la capitale.

(c) Reuters

Le Réseau Education sans frontières (RESF), a averti jeudi 18 octobre dans un communiqué qu'"une monstrueuse rafle de sans-papiers serait prévue" vendredi à Paris. RESF cite "des informations concordantes émanant de sources sûres".
Selon la police, une opération de contrôle serait bien prévue vendredi mais son ampleur serait habituelle.
Pour l'association, qui défend les parents sans-papiers d'enfants scolarisés, "une rafle d'une ampleur inégalée" serait prévue vendredi à Paris par la préfecture de Paris.

Consignes de prudence


Elle vise à "rattraper son important retard par rapport aux quotas d'expulsions imposés par le ministère de la rafle et du drapeau", a ajouté RESF qui désigne ainsi le ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du co-développement.
RESF donne même des "consignes de prudence" aux sans-papiers et appelle les Parisiens "à placer les interventions policières sous le regard de la population".
Le chiffre des expulsions serait en effet en dessous des objectifs, selon la police. L'objectif d'expulsions de clandestins avait été fixé à 3.680 pour 2007 sur Paris, d'après le ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du co-développement.

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Quand Bourdieu prenait fait et cause pour les grévistes en 1995

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Quand Bourdieu prenait fait et cause pour les grévistes en 1995

Le 12 décembre 1995, en pleine grève, le sociologue renouait avec la tradition du compagnon de route du mouvement ouvrier, dans son discours demeuré célèbre de la gare de Lyon. Marianne2.fr vous le propose ici, pour ce qu'il révèle de la configuration politique et idéologique de l'époque.



Quand Bourdieu prenait fait et cause pour les grévistes en 1995

 

Combattre la technocratie sur son terrain, discours aux cheminots grèvistes, Paris, Gare de Lyon, 12 décembre 1995.

Je suis ici pour dire notre soutien à tous ceux qui luttent, depuis trois semaines, contre la destruction d'une civilisation, associée à l'existence du service public, celle de l'égalite républicaine des droits, droits à l'éducation, à la sante, à la culture, à la recherche, à l'art, et, par-dessus tout, au travail. Je suis ici pour dire que nous comprenons ce mouvement profond, c'est-à-dire à la fois le désespoir et les espoirs qui s'y expriment, et que nous ressentons aussi ; pour dire que nous ne comprenons pas (ou que nous ne comprenons que trop ) ceux qui ne le comprennent pas, tel ce philosophe qui, dans le Journal du Dimanche du 10 décembre, découvre avec stupéfaction "le gouffre entre la compréhension rationnelle du monde", incarnée selon lui par Juppé - il le dit en toutes lettres -, "et le désir profond des gens".

Cette opposition entre la vision à long terme de "l'élite" éclairée et les pulsions à courte vue du peuple ou de ses représentants est typique de la pensée réactionnaire de tous les temps et de tous les pays ; mais elle prend aujourd'hui une forme nouvelle, avec la noblesse d'Etat, qui puise la conviction de sa légitimité dans le titre scolaire et dans l'autorité de la science, économique notamment : pour ces nouveaux gouvernants de droit divin, non seulement la raison et la modernité, mais aussi le mouvement, le changement, sont du côté des gouvernants, ministres, patrons ou "experts"; la déraison et l'archaïsme, l'inertie et le conservatisme du côté du peuple, des syndicats, des intellectuels critiques.

C'est cette certitude technocratique qu'exprime Juppé lorsqu'il s'écrie: "Je veux que la France soit un pays sérieux et un pays heureux". Ce qui peut se traduire: "Je veux que les gens sérieux, c'est-à-dire les élites, les énarques, ceux qui savent où est le bonheur du peuple, soient en mesure de faire le bonheur du peuple, fut-ce malgré lui, c'est-à-dire contre sa volonté ; en effet, aveuglé par ses désirs dont parlait le philosophe, le peuple ne connaît pas son bonheur - en particulier son bonheur d'être gouverné par des gens qui, comme M. Juppé, connaissent son bonheur mieux que lui". Voilà comment pensent les technocrates et comment ils entendent la démocratie. Et l'on comprend qu'ils ne comprennent pas que le peuple, au nom duquel ils prétendent gouverner, descende dans la rue - comble d'ingratitude ! - pour s'opposer à eux.

Cette noblesse d'Etat, qui prêche le dépérissement de l'Etat et le règne sans partage du marché et du consommateur, substitut commercial du citoyen, a fait main basse sur l'Etat ; elle a fait du bien public un bien privé, de la chose publique, de la République, sa chose. Ce qui est en jeu, aujourd'hui, c'est la reconquête de la democratie contre la technocratie : il faut en finir avec la tyrannie des "experts", style Banque mondiale ou F.M.I., qui imposent sans discussion les verdicts du nouveau Leviathan ( les "marchés financiers" ), et qui n'entendent pas négocier mais "expliquer" ; il faut rompre avec la nouvelle foi en l'inévitabilité historique que professent les théoriciens du libéralisme ; il faut inventer les nouvelles formes d'un travail politique collectif capable de prendre acte des nécessités, économiques notamment ( ce peut être la tache des experts ), mais pour les combattre et, le cas écheant, les neutraliser.

La crise d'aujourd'hui est une chance historique, pour la France et sans doute aussi pour tous ceux, chaque jour plus nombreux, qui, en Europe et ailleurs dans le monde, refusent la nouvelle alternative : libéralisme ou barbarie. Cheminots, postiers, enseignants, employés des services publics, étudiants, et tant d'autres, activement ou passivement engagés dans le mouvement, ont posé, par leurs manifestations, par leurs déclarations, par les réflexions innombrables qu'ils ont déclenchées et que le couvercle médiatique s'efforce en vain d'étouffer, des problemes tout à fait fondamentaux, trop importants pour être laissés à des technocrates aussi suffisants qu'insuffisants : comment restituer aux premiers intéressés, c'est-à-dire à chacun de nous, la définition éclairée et raisonnable de l'avenir des services publics, la santé, l'éducation, les transports, etc., en liaison notamment avec ceux qui, dans les autres pays d'Europe, sont exposés aux mêmes menaces? Comment réinventer l'école de la Republique, en refusant la mise en place progressive, au niveau de l'enseignement supérieur, d'une éducation à deux vitesses, symbolisée par l'opposition entre les grandes ecoles et les facultés? Et l'on peut poser la même question à propos de la santé ou des transports. Comment lutter contre la précarisation qui frappe tous les personnels des services publics et qui entraîne des formes de dépendance et de soumission particulièrement funestes dans les entreprises de diffusion culturelle ( radio, télévision ou journalisme ), par l'effet de censure qu'elles exercent, ou même dans l'enseignement?

Dans le travail de réinvention des services publics, les intellectuels, écrivains, artistes, savants, etc., ont un rôle déterminant à jouer. Ils peuvent d'abord contribuer à briser le monopole de l'orthodoxie technocratique sur les moyens de diffusion. Mais ils peuvent aussi s'engager, de maniere organisée et permanente, et pas seulement dans les rencontres occasionnelles d'une conjoncture de crise, aux côtés de ceux qui sont en mesure d'orienter efficacement l'avenir de la societé, associations et syndicats notamment, et travailler à élaborer des analyses rigoureuses et des propositions inventives sur les grandes questions que l'orthodoxie médiatico-politique interdit de poser : je pense en particulier à la question de l'unification du champ économique mondial et des effets économiques et sociaux de la nouvelle division mondiale du travail, ou à la question des prétendues lois d'airain des marchés financiers au nom desquelles sont sacrifiées tant d'initiatives politiques, à la question des fonctions de l'éducation et de la culture dans des économies où le capital informationnel est devenu une des forces productives les plus déterminantes, etc.

Ce programme peut paraître abstrait et purement théorique. Mais on peut récuser le technocratisme autoritaire sans tomber dans un populisme auquel les mouvements sociaux du passé ont trop souvent sacrifié, et qui fait le jeu, une fois de plus, des technocrates.

Ce que j'ai voulu exprimer en tous cas, peut-être maladroitement - et j'en demande pardon à ceux que j'aurais pu choquer ou ennuyer -, c'est une solidarité réelle avec ceux qui se battent aujourd'hui pour changer la societé : je pense en effet qu'on ne peut combattre efficacement la technocratie, nationale et internationale, qu'en l'affrontant sur son terrain privilégié, celui de la science, économique notamment, et en opposant à la connaissance abstraite et mutilée dont elle se prévaut, une connaissance plus respectueuse des hommes et des réalités auxquelles ils sont confrontés.


Jeudi 18 Octobre 2007 - 00:01

Pierre Bourdieu

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R. M. Millambourg (Sud) : un jeune employé d'EDF ne gagne que 1060 euros !

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R. M. Millambourg (Sud) : un jeune employé d'EDF ne gagne que 1060 euros !

Pour ce délégué syndical Sud-EDF, seule une grève longue avec des coupures de courant ciblées peut être efficace. Interview.



Marianne2.Fr : Pourquoi la grève ?
René Michel Millambourg : Le service public est en train de changer, et pas seulement à cause des réformes du gouvernement, dont celle sur les retraites. Aujourd'hui un jeune employé chez EDF gagne 1060 euros par mois, il ne peut même pas vivre de son travail. Nous ne voulons pas perdre sur la retraite et le tarif préférentiel, la réduction de 10% sur notre facture d'électricité, l'équivalent d'un quatorzième mois. Notre mot d'ordre portera sur le maintien de la retraite à 37 annuités et demi de cotisation. Si ces réformes continuent on va devoir travailler jusqu'à 70 ans, comme on le voit déjà en Angleterre.

Dans la mobilisation d'aujourd'hui, qu'est-ce qui vous distingue de la CGT ?
Il n'y a pas de différence entre Sud Energie et la CGT concernant la réforme des retraites. Nous divergeons sur les méthodes d'action. La CGT prépare des journées d'action ponctuelles qui ne servent à rien ! Alors que nous sommes prêts à aller plus loin. Une grève de trois semaines comme en 1995, ça marche ! La CGT protège l'entreprise, nous, nous protégeons les employés. L'intervention sur l'outil, comme les coupures de courant ciblées, de préférence dans des bâtiments publics, tels que les ministères, est aussi un moyen efficace d'action. Ce type d'action a pour but de coûter de l'argent à EDF et de perturber le service. Il peut s'agir de coupures sauvages de la part d'agents isolés.

Pensez-vous que cette journée de mobilisation sera efficace ?
Je pense que ça va marcher et si ce n'est pas aujourd'hui ce sera pour le mois prochain. La retraite à 55 ans, ce n'est pas négociable.

Qu'est-ce qui a changé depuis 1995 ?
À l'époque, nous étions plus efficaces. Depuis, l'entreprise a changé, nos patrons sont maintenant des gestionnaires qui dirigent EDF comme n'importe quelle autre boîte. Notre but est de servir et non pas de vendre.


Jeudi 18 Octobre 2007 - 00:01

Pauline Mouchard

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Les cheminots plus mobilisés que lors du conflit de 1995

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Près de 10 000 manifestants ont défilé, jeudi 18 octobre, à Marseille contre le projet de réforme des régimes spéciaux de retraite voulu par le président de la République Nicolas Sarkozy. | STR/CLAUDE PARIS

STR/CLAUDE PARIS

Près de 10 000 manifestants ont défilé, jeudi 18 octobre, à Marseille contre le projet de réforme des régimes spéciaux de retraite voulu par le président de la République Nicolas Sarkozy.

Les cheminots plus mobilisés que lors du conflit de 1995

         

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 18.10.07 | 06h38  •  Mis à jour le 18.10.07 | 12h37
20 h 24 : Jean-Pierre Raffarin : même si elle est "fondée", il faut "savoir sortir d'une grève"
L'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin a estimé jeudi que les syndicats avaient "marqué le coup" avec la journée de mobilisation contre les régimes spéciaux de retraite, mais devaient maintenant "savoir sortir d'une grève" et négocier."Cette grève est fondée, dans la mesure où un certain nombre de personnels vont être appelés à un effort important", a-t-il jugé. "Il faut comprendre que ces gens ont des choses à dire, et que nous devons respecter leur message" mais "à un moment, il faut se mettre autour de la table et négocier ce qu'il y a à négocier", a-t-il estimé, soulignant qu'"il peut y avoir, sur la pénibilité des tâches, des discussions" at-il ajouté. M. Raffarin avait affronté un important mouvement de grève en 2003 contre la réforme des retraites, lorsqu'il était à Matignon.

 

20 heures : trafic SNCF encore "très perturbé vendredi matin"
Le trafic SNCF sera encore "très perturbé vendredi matin" sur l'ensemble du réseau national "en raison des opérations de maintenance", a annoncé la direction, alors que trois syndicats SUD-Rail, FO et Fgaac ont appelé à reconduire la grève. L'entreprise prévoit toutefois "un retour à la normale à partir de vendredi 16 heures pour les TGV et les Corail au départ ou à l'arrivée de Paris".
Cinq liaisons TGV entre Toulouse et Paris-Montparnasse seront maintenues et quatre entre Paris et Toulouse.  La SNCF ajoute que "la reprise progressive des trafics Transilien et TER se fera tout au long de la journée de vendredi et que la pointe de soirée pourrait être assurée à plus de la moitié".
Entre un et quatre allers-retours seront assurés entre la plupart des gares de Midi-Pyrénées à partir de Toulouse. Sur le réseau des trains Corail, deux allers-retours vers Paris seront assurés, de même que quatre liaisons entre Bordeaux et Marseille. Trois trains de nuit Lunéa circuleront entre Bordeaux et Nice, Toulouse et Paris, ainsi que Cerbère et Paris. Compte tenu des perturbations de vendredi matin, la SNCF "recommande à tous les clients qui le peuvent de renoncer ou de différer leurs déplacements dans cette matinée".

19 h 14 : la CGT-Cheminots n'appelle pas à la reconduction de la grève
Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots a appelé, sur RTL, jeudi 18 octobre, les salariés "à tout faire pour éviter la division, les oppositions et surtout l'instrumentalisation du mouvement à d'autres fins que d'assurer l'avenir et la pérennité des régimes spéciaux". Pour une grève "carrée" de 24 heures selon"la stratégie qui a été décidée", il a confirmé que son syndicat n'appellait pas à reconduire la grève vendredi, contrairement à SUD-Rail, à FO et à la Fgaac. Il a ajouté qu'il lui "appartient de continuer à conserver un cadre unitaire et interprofessionnel le plus large possible" à ce conflit. Enfin, M. Le Reste a affirmé "attendre dès ce soir des propositions émanant de la direction de la SNCF pour ce qui relève de sa responsabilité".

19 h 10 : la direction de la RATP prévoit un métro sur trois vendredi
La RATP prévoit un métro sur trois vendredi 19 octobre et attend de fortes perturbations pour les RER A et B, les bus et les tramways, certains syndicats ayant reconduit la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Selon une porte-parole de la RATP, un tiers du trafic des métros à Paris sera assuré. Les lignes A et B du RER seront "fortement perturbées", mais toutes les gares seront ouvertes. Le trafic des bus et des tramways parisiens sera également "fortement perturbé", a-t-elle ajouté.

18 h 34 : un mouvement de grève "particulièrement réussi", selon François Hollande
Le mouvement de grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite est "particulièrement réussi", a estimé jeudi François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste lors d'un déplacement en Alsace. "Le gouvernement et Nicolas Sarkozy sont directement interpellés. Il faut une réforme juste et équitable des régimes spéciaux", a-t-il estimé, jugeant nécessaire de prendre en compte "le principe de pénibilité". "Aujourd'hui, l'information principale n'est pas le divorce de M. et Mme Sarkozy, c'est la grève particulièrement suivie qui a donné l'espoir qu'après ce mouvement il puisse y avoir une vraie négociation", a-t-il encore indiqué.

18 h 13 : trafic perturbé à la RATP vendredi 19 octobre
Le trafic RATP restera "fortement perturbé" vendredi, avec un métro sur trois et des difficultés persistantes sur les lignes A et B du RER, ainsi que celles des bus et du tramway, après la grève de jeudi suivie par 58% des agents, a annoncé la direction. "Un tiers du trafic" des métros sera assuré. Sur les lignes A et B du RER opérées par la RATP, "toutes les gares seront ouvertes mais le trafic restera fortement perturbé". Les interconnexions resteront suspendues."Le trafic des tramways et bus sera également fortement perturbé avec également une tendance a la reprise", selon la RATP.
La régie "s'efforcera tout au long de la journée d'assurer un retour à un service normal", et signale qu'elle "paiera 2 millions d'euros au STIF (autorité organisatrice des transports en Ile-de-France), au titre des pénalités" du fait de son engagement pour un service garanti.

17 h 57 : 150 000 manifestants selon la police, 300 000 selon la CGT
En France, sur les 130 manifestations contre la réforme des régimes spéciaux de retraite ont rassemblé, selon la direction générale de la police nationale, 150 000 personnes.  Selon une estimation provisoire de la CGT, 300 000 personnes ont manifesté à travers la France.

17 h 52 : mobilisation partielle des employés des Assedic et de l'ANPE
Entre 8% et 10% du personnel des Assedic, et entre 15% et 20% à l'ANPE ont fait grève jeudi à l'appel d'une partie de leurs syndicats (FO, CGT, Sud) opposés au projet de fusion des deux établissements, selon les syndicats et directions des deux organismes. A l'Unedic, le taux de grévistes a atteint 7,68% selon la direction et 10% selon la CGT. ANPE et Assedic ne sont pas concernés par la réforme des régimes spéciaux, mais les syndicats jugeaient important de s'associer à la grève pour dénoncer les attaques contre la qualité du service public, particulièrement dans leur secteur.

 

17 h 25 : situation normale dans les aéroports
La situation était "tout à fait normale" jeudi à 17 heures dans les aéroports d'Orly et de Roissy, a-t-on appris auprès de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) qui n'a enregistré dans la journée ni retard de vols, ni gréviste parmi les contrôleurs aériens. La DGAC et Air France ont fait savoir que certains vols avaient été annulés préventivement afin d'anticiper les conséquences de la grève.

17 h 13 : environ 25 000 manifestants à Paris
Environ 25 000 manifestants participaient, jeudi après-midi à Paris, à la manifestation parisienne contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, selon la CGT. Pour la police, le défilé syndicale comptait environ 21 000 personnes. Organisé à l'appel d'une intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires), le cortège est parti vers 15 heures de la place de la République et se dirigeait vers la place de la Nation. Des militants d'autres syndicats, comme la CFDT ou l'UNSA, participaient au défilé.

16 h 56 : stigmatiser les régimes spéciaux "ne réglera pas le problème des retraites"
Annick Lepetit, secrétaire nationale du PS chargée du logement, a estimé jeudi que "la stigmatisation du gouvernement vis-à-vis des régimes spéciaux ne réglera en aucune manière le problème des retraites", regrettant une "politique à courte vue".  Par ailleurs, elle a fait remarqué que la disparité de l'espérance de vie "se creuse" entre les métiers les plus pénibles et les autres, avec un écart de neuf ans, "alors qu'il était d'à peine huit ans en 1997". Dans ce contexte, "pourquoi ne pas entamer maintenant les négociations sur la pénibilité du travail et ne pas faire entrer dans la négociation les questions oubliées des stock-options, des parachutes dorés, des conditions de financement des régimes autonomes par le régime général des salariés ?", a-t-elle demandé lors d'une conférence de presse au siège du parti, rue de Solférino à Paris.

16 h 21 : une réunion des syndicats de la RATP vendredi 19 octobre
Selon Jacques Eliez, secrétaire de l'union syndicale CGT-RATP, le taux de grévistes était de 59 % à la Régie autonome des transports parisiens."Des manœuvres existent et vont exister pour tenter d'affaiblir ce mouvement", a poursuivi la CGT-RATP, qui a précisé que vendredi "l'ensemble des organisations syndicales de la RATP se réunira afin de faire le point sur la mobilisation et les suites à y donner". Pour l'heure, seuls deux syndicats minoritaires à la RATP, UNSA et SUD, ont déposé des préavis de grève reconductibles. Notant la mobilisation de SUD-Rail et de l'UNSA, Jacques Eliez a déclaré que la CGT-RATP "poursuit sa démarche d'unité syndicale la plus large et de rassemblement en lien avec les autres secteurs pour une riposte interprofessionnelle majeure" .
La mobilisation à l'appel des huit syndicats de l'entreprise "est évaluée équivalente ou supérieure à celle de 2003 à la RATP", a-t-il déclaré.

15 h 49 : reconduction de la grève
Plusieurs assemblées générales ont voté la reconduite du mouvement de grève à la SNCF qui perturbe très fortement le transport par rail en France, ont annoncé des syndicats. Selon SUD-Rail, "les assemblées générales qui se sont tenues ce matin ont connu une forte participation. Quasiment toutes ont voté la reconduction" de la grève à la SNCF. Selon Christian Mahieux, responsable de SUD-Rail, toutes les gares parisiennes reconduisent la grève, ainsi que celles de Lyon et Marseille.

15 h 47 : "Le gouvernement veut réussir" la réforme des régimes spéciaux, selon
Xavier Bertrand
"Le gouvernement veut réussir, doit réussir cette réforme des régimes spéciaux mais, dans le même temps, la grève n'interdit pas le dialogue"
, a déclaré le ministre du travail, Xavier Bertrand, lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat. Xavier Bertrand avait dit dans la matinée qu'il était prêt à rencontrer l'ensemble des organisations syndicales la semaine prochaine pour évoquer ce dossier.

15 h 38 : entre 5 000 et 10 000 manifestants à Toulouse
Près de 5 000 personnes selon la police, 10 000 selon les syndicats, manifestaient jeudi après-midi à Toulouse pour protester contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Rassemblés derrière la banderole de tête de la CGT "Luttez pour gagner plus", les manifestants marchaient dans le centre-ville criant des slogans comme "De l'argent pour la Sécu, pour la retraite, pour l'école, il y en a... dans les poches du patronat".
Dans le cortège, les étudiants brandissaient des banderoles comme "O/20 à la loi Pécresse, note éliminatoire" afin de réclamer le retrait de la loi d'autonomie des universités. Des salariés du Trésor public et des impôts, ainsi que des agents d'hôpitaux participaient également à cette marche, suivis par des employés CGT de la société aéronautique Liebheer-Aerospace.

15 h 29 : la CGT appelle le gouvernement à prendre acte de la mobilisation
Bernard Thibault a appelé jeudi le gouvernement à prendre la mesure de la mobilisation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite et à ouvrir de "réelles négociations."

15 h 27 : entre 3 000 et 10 000 manifestants à Bordeaux
De 3 200 personnes selon la police à 10 000 selon la CGT, du public et du privé, ont défilé jeudi à Bordeaux pour défendre les régimes spéciaux de retraite et les services publics, mais aussi contre un large éventail de mesures gouvernementales. Derrière une banderole unitaire "Pour la défense de nos systèmes solidaires de protection sociale", les manifestants scandaient des slogans favorables à la retraite après trente-sept ans et demi de cotisation. Les protestataires demandaient tout aussi bien le retrait de la loi sur les universités que des franchises médicales. D'autres se mobilisaient pour à la défense des emplois dans les usines girondines de Flextronics et Ford. Le ton de la journée a été résumé par Luc Paboeuf, secrétaire départemental de la CGT, qui a fustigé "les orientations d'une politique gouvernementale de plus en plus soumise aux lois du marché et de la finance".

 

15 h 10 : début de la manifestation parisienne contre les régimes spéciaux
Plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler, jeudi vers 15 heures à Paris, de la Place de la République vers celle de la Nation, à l'appel d'une intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires) d'Ile-de-France contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. La CFDT ne s'est pas associée à l'appel unitaire, jugé trop large, mais participait au défilé, représentée notamment par Jean-Louis Malys.
Les secrétaires généraux de la CGT, Bernard Thibault, et de FO, Jean-Claude Mailly, marchaient en tête du cortège égayé par des gros ballons rouges, aux côtés de Gérard Aschieri (FSU), Annick Coupé (Solidaires) et Jean Grosset (UNSA). Le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste, était également présent. "Ensemble pour salaires, emploi, retraites, protection sociale, services publics", pouvait-on lire sur la banderole de tête.

15 h 01 : transports urbains en province très peu perturbés, selon le patronat
Les transports urbains en province étaient jeudi 10 octobre, "très peu perturbés", selon l'Union des transports publics (Patronat), qui a décompté 3 réseaux fonctionnant à moins de 50%, sur la trentaine ayant déposé un préavis, et six fonctionnant entre 50 et 70%. Les trois réseaux les plus touchés avec moins de 50% de fonctionnement, sont ceux de Douai, Forbach, et Evreux, a ajouté l'UTP.

14 h 32 :  SUD-Rail pousse à la reconduction de la grève à la SNCF
Sud Rail, le deuxième syndicat de la SNCF, a salué jeudi, "la participation historique des cheminots dans la grève" avec un taux de "75%" (73,5% selon la direction) et a estimé qu'un arrêt du mouvement "dans ces conditions" serait "un incroyable gâchis". SUD Rail, tout comme FO et la Fgaac (agents de conduite autonomes) ont appelé à la reconduite de la grève, au contraire de la CGT-cheminots et des autres syndicats partisans d'un conflit "carré" de 24 heures.

14 h 08 : 7 % des agents de la fonction publique d'Etat en grève
Le mouvement de grève jeudi contre la réforme des régimes de retraite spéciaux a été suivi par 7% des agents de la fonction publique d'Etat en moyenne, y compris l'éducation, a annoncé le ministère de la fonction publique. Hors éducation, le taux de grévistes est évalué à 5%, selon la même source.

14 h 00 :  entre 7 300 et 50 000 personnes ont défilé à Marseille
A Marseille, 7 300 personnes ont défilé, selon la police, et 50 000 selon les syndicats. "Tout le monde ment, le gouvernement ment énormément" scandaient les manifestants au son du groupe Massilia Sound System, derrière une banderole de tête sur laquelle on pouvait lire : "CGT, FSU, FO, CFDT, Solidaires, ensemble public-privé pour les cortèges de nos pensions, salaires, emplois et retraites". Dans le sud, les cortèges ont réuni 2 500 personnes à Avignon, 1 500 à Toulon, 700 à Montpellier et 2 400 à Perpignan, selon la police. En Corse, deux manifestations ont eu lieu à Bastia et Ajaccio, avec environ 250 personnes chacune, selon la CGT. Dans le sud-ouest, entre 1 800 et 2 400  personnes ont manifesté à Tarbes. A Auch dans le Gers, on dénombrait  200 manifestants.

13 h 53 : trafic toujours "très fortement perturbé" à la RATP
Le trafic était toujours "très fortement perturbé" jeudi en tout début d'après-midi à la RATP, en raison de la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, "quasi-nul" sur les RER A et B a indiqué la direction. Pour le Métro, le trafic des lignes 1, 4 et 6 était assuré "entre 15 et 25%" celui de la ligne 2 "à 10%" et sur les autres lignes le trafic était "quasi nul". Seule la ligne 14 — une ligne automatique, sans conducteur— fonctionne normalement. Enfin le trafic bus et tramway était assuré "à 15%".

13 h 21 : la grève est "illégale", affirme Jean-Marie Le Pen
Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, estime que la grève est "illégale". "Toute grève engagée contre des décisions politiques est illicite", déclare M. Le Pen dans un communiqué. "Une fois de plus, les syndicats de l'archéosocialisme paralysent le pays par une grève préventive et politique", regrettent-ils.

13 h 18 : un agent des finances sur cinq en grève
Environ 20 % des fonctionnaires des finances étaient en grève à la mi-journée, annonce le ministère du budget et de la fonction publique. Plus précisément, 26 % des agents étaient en grève jeudi à la direction générale des impôts, 10 % à la comptabilité publique et 5 % dans les administrations centrales, selon un porte-parole du ministère de l'économie et de l'emploi. Cette mobilisation se situe "au niveau du CPE en 2006", a-t-il souligné.

13 h 05 : 50 000 personnes dans les rues de Marseille
Plus de 50 000 personnes selon les organisateurs, environ 10 000 d'après une première estimation de la police, défilent à Marseille. "On espère que Nicolas Sarkozy saura entendre la volonté des salariés. Si le gouvernement devait rester droit dans ses bottes, il y aura un prolongement à cette journée", prévient la secrétaire de l'union départementale CGT, Mireille Chessa. En tête du cortège, une banderole proclamait : "Nous avons la force de les arrêter pour imposer de nouvelles conquêtes sociales." Sans surprise, ce sont les cheminots qui fournissent le plus important contingent de manifestants.

12 h 52 : les journaux de France 3 perturbés
Le journal national de la mi-journée de France 3 ainsi que deux éditions régionales sur treize ont été perturbés jeudi, en raison d'un appel à la grève suivi par "4 % du personnel en régions", indique la direction. Le journal national, sans présentateur, a proposé une édition "tout images".

12 h 50 : la grève reconduite à la RATP
Des assemblées générales de salariés décident de reconduire la grève vendredi sur le réseau RATP des RER A et B et plusieurs lignes de métro. Le mouvement est notamment reconduit dans "40 des 46 terminus métro", indiquent l'UNSA (autonomes) et SUD, tous deux minoritaires et les deux seules organisations qui appelaient à la poursuite de la grève.

12 h 47 : 10 % de grévistes chez France Télécom

Selon les chiffres de la direction, 10,2 % des employés de l'entreprise étaient en grève à la mi-journée. Les syndicats n'avancent pas de chiffres.

12 heures : 73,5 % des cheminots en grève
A 11 heures, la direction de la SNCF comptabilisait 73,5 % de ses cheminots en grève. En 1995, au plus fort du conflit, ils étaient 67 %.

11 h 49 : la FSU prévoit voit un "bras de fer" avec le gouvernement

La grève de jeudi pourrait annoncer d'autres mouvements de grogne sur des thèmes comme l'emploi ou le pouvoir d'achat, prévient la FSU, premier syndicat de la fonction publique d'Etat. Pour son secrétaire général, Gérard Aschieri, cette journée de mobilisation nationale est "un passage obligé" susceptible de déboucher sur un "bras de fer" avec le gouvernement. "Il y a aujourd'hui une accumulation de motifs d'inquiétude et de mécontentement", a-t-il déclaré sur la chaîne France 24.

11 h 46 : "Un premier avertissement réussi", pour Olivier Besancenot
"Le gouvernement vient déjà de perdre la première manche puisqu'il voulait que les cheminots soient divisés, et ce n'est pas le cas puisque c'est une journée qui est déjà un gros succès", affirme le porte-parole de la LCR sur Canal +. Pour gagner "la deuxième manche", il faudrait réussir à reconduire la grève "au moins pour demain" vendredi, estime-t-il.

11 h 32 : la grève touche aussi l'énergie
La CGT mines-énergie, syndicat majoritaire à EDF et GDF, assure que la grève est bien suivie dans l'énergie, avec de premiers taux de grévistes autour de 80 % et une baisse de la production d'électricité de 10 000 mégawatts dans la matinée. "Il est trop tôt pour savoir si cela entraînera des délestages ou de l'importation [d'électricité], d'autant plus que le réseau est moins sollicité avec la grève dans les transports", a indiqué Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la fédération syndicale. L'électricité a été coupée jeudi matin à La Lanterne, résidence secondaire du président Nicolas Sarkozy à Versailles.

11 h 25 : entre 7 % et 15 % de grévistes à La Poste
La grève à La Poste était suivie jeudi matin par 7 % des postiers selon un premier décompte de la direction, tandis que SUD-PTT parle de 15 % de grévistes. Selon la direction de La Poste, la grève n'a que très peu de conséquences sur la distribution, "ici ou là". "La Poste a mis tout en œuvre pour assurer l'accueil de ses clients et la continuité de service, que ce soit dans les domaines du courrier, du colis et de la Banque postale", précise la direction. Pour Régis Blanchot (SUD-PTT), il n'y a effectivement "pas beaucoup de perturbation, à part sur la distribution du courrier à Paris, où 30 % des facteurs sont en grève".

10 h 35 : Xavier Bertrand "prêt à recevoir" les syndicats la semaine prochaine
Le ministre du travail, Xavier Bertrand, est "prêt à recevoir" les organisations syndicales sur la réforme des régimes spéciaux de retraite "dès la semaine prochaine", a-t-il indiqué jeudi à l'AFP. "La CGT souhaite que je la reçoive à nouveau, ce sera fait dès la semaine prochaine", a déclaré le ministre interrogé par l'AFP, à la suite de la demande du secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste."D'autres organisations syndicales ont demandé à me rencontrer à leur tour, je les recevrai également la semaine prochaine à des dates que nous fixerons pour chacune d'entre elles", a ajouté M. Bertrand. "Certaines organisations m'ont déjà transmis des documents détaillés avec des propositions, je peux vous dire que je les étudie complètement d'ici le prochain rendez-vous, que j'aurai avec elles la semaine prochaine", a poursuivi le ministre.

10 h 34 : le succès de Vélib' à Paris
Le système de vélo en libre service Vélib à Paris avait enregistré, jeudi à 9 heures 27 000 utilisations, soit près du double des 14 000 utilisations en temps habituel à cette heure, a-t-on appris auprès de la mairie de la capitale. "C'est quasiment le double d'un jour normal" ajoute-t-on à propos de l'utilisation des Vélib en ce jour de grève des transports parisiens. "Cela fonctionne pas mal", a-t-on indiqué de même source. Des "mesures spécifiques" de renforcement des effectifs de maintenance ont été prises pour cette journée de grève.

9 h 30 : La CGT-Cheminots attend un message du gouvernement
Le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste, a déclaré que les "cheminots en grève aujourd'hui attendent que le gouvernement leur envoie des messages", ajoutant qu'il en tiendrait compte pour la suite du mouvement. "Les cheminots en grève attendent que le gouvernement leur envoie des messages, leur fasse des annonces, comme la direction de l'entreprise", a déclaré M. Le Reste, sur i-Télé. Le secrétaire général a ajouté qu'il "apprécierait dans la journée" quelle est leur attitude pour décider éventuellement de la suite à donner au mouvement.

9 h  25 : "Un affichage politique", pour le secrétaire général-FO des cheminots
La fédération FO des cheminots met en garde le gouvernement sur le risque qu'il court de provoquer un conflit dur à la SNCF pour obtenir un "affichage politique" sur la réforme des régimes spéciaux de retraite."Le gouvernement ne veut pas négocier sur des principes qu'il a déclarés non négociables, sur l'essentiel", c'est-à-dire le passage de 37,5 ans à 40 ans de cotisations, déplore son secrétaire général, Rémy Aufrère."Est-ce que c'est pour des raisons financières ou politiques qu'on veut casser le régime général des cheminots et d'autres régimes spéciaux ?", ajoute-t-il dans un entretien téléphonique avec Reuters.

9 h 02 : "On n'a pas créé les conditions du dialogue", dit Bernard Thibault
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a justifié la grève sur France Inter. "Ceux qui ont décidé d'avoir recours à la grève n'ont pas eu d'autre choix parce qu'on n'a pas créé les conditions du dialogue, de la négociation, pour définir ce qui devait être fait pour l'avenir de leurs retraites", a-t-il déclaré. "On s'est entendu dire il y a quelques semaines par le premier ministre : 'la réforme est bouclée'. On s'est entendu dire quelques jours après par le président de la République : 'Je demande au ministre du travail d'arrêter la réforme en quinze jours'", a-t-il poursuivi. "On ne peut pas modifier des pans importants du contrat de travail, on ne peut pas décréter que les retraites diminueront de 20 à 25 % de manière unilatérale".

8 h 52 : "On est très déterminés", indique Laurent Wauquiez
"Notre état d'esprit, c'est de dire : on est là pour écouter derrière la grève les craintes et les inquiétudes qui s'expriment et d'essayer d'y répondre", a dit Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement, sur France Info. Mais l'augmentation de la durée de cotisation "c'est quelque chose sur lequel on ne peut pas céder", a-t-il dit. "On est très déterminés sur le fait que passer de 37,5 ans à 40 ans de durée de cotisation, ce qu'ont fait comme effort les gens du public et du privé, c'est quelque chose sur lequel on ne peut pas céder", a-t-il ajouté. "On n'est pas là pour stigmatiser, on n'est pas là pour dire 'vous êtes des nantis', on essaye juste de dire 'essayons ensemble d'assurer la pérennité du financement des retraites'", a-t-il ajouté à l'adresse des grévistes. Laurent Wauquiez a rappelé que le système de service minimum, voté cet été, n'entrerait en vigueur qu'à partir du 1er janvier 2008. "C'est vrai que sur un jour comme celui-là on aurait bien aimé qu'il soit là, mais pour l'instant il n'est pas encore appliqué", a expliqué le porte-parole du gouvernement.

8 h 30 : Olivier Besancenot veut prolonger la grève
Olivier Besancenot, le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), espère que le mouvement contre la réforme des régimes spéciaux de retraite durera plus de 24 heures. "Nos militants de la LCR poussent à ce que la grève soit reconduite demain matin, c'est ce qu'ils vont proposer aux autres salariés, ils ne sont pas les seuls et c'est tant mieux", a-t-il déclaré, jeudi matin, sur Canal +.

8 h 28 : François Hollande demande au gouvernement de rouvrir le cadre global
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a souligné l'ampleur de la mobilisation à l'occasion de la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, faisant remarquer que le mouvement était "soutenu par toutes les organisations syndicales". "Je dis au gouvernement de rouvrir le cadre global qui doit permettre les discussions entreprise par entreprise", a déclaré M. Hollande sur RTL. "Il n'y a pas eu véritablement négociation. Le cadre a été fixé, l'alignement [des régimes spéciaux] décidé, mais il n'y pas eu prise en compte de la pénibilité", a-t-il expliqué. "La réforme des régimes est nécessaire, mais pour être réussie, elle doit respecter deux principes : le premier, celui de la négociation à partir d'un cadre global, ensuite le critère de la pénibilité qui doit être le fondement de la durée de cotisation", a-t-il ajouté.

7 h 56 : trafic SNCF nul en PACA
Le trafic SNCF était quasiment à l'arrêt dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Selon la direction régionale de la SNCF, aucun des 500 trains express régionaux (TER) ne circulait. Le trafic était également totalement nul sur les trains grandes lignes. Seuls deux TGV à destination de Paris ont été maintenus. La SNCF a mis en place un dispositif d'environ 200 cars pour desservir les principales villes de la région. A Marseille, les transports en commun fonctionnaient en revanche normalement.

7 h 45 : le trafic toujours "très fortement perturbé" à la RATP
Aucun train ne fonctionne sur les RER A et B, et aucun tramway, a indiqué la direction de la RATP vers 7 h 30.
Deux métros sur trois circulaient sur la ligne 1, 35 % du service était assuré sur les lignes 2 et 4, 20 % sur la ligne 6, et moins d'une rame sur six sur les lignes 5, 8 et 9. La ligne 14, automatique, fonctionnait normalement.

7 h 20 : trafic peu perturbé à Lyon
Le trafic du métro et des trois lignes de tramway à Lyon était presque normal tandis que la circulation des bus était plus perturbée, indiquent les Transports en commun lyonnais (TCL). Les lignes A et B du métro fonctionnaient à 71 %, tandis que 100 % des rames des lignes C et D, cette dernière étant automatique, circulait. Du côté des tramways, le service de la ligne T1 était limité pour une durée indéterminée entre Charpennes et son terminus, l'IUT Feyssine, non à cause de la grève mais d'un incident technique, précisaient les TCL. La ligne T2 était quant à elle assurée à 81 % et la ligne T3 fonctionnait normalement. Le funiculaire reliant Saint-Jean à la basilique de Fourvière était totalement arrêté, tandis que celui entre Saint-Jean et Saint-Just fonctionnait normalement. Enfin, du côté des bus, les TCL annonçaient un trafic assuré à 65 % en moyenne. Sur certains trajets, aucun bus ne circulait jeudi matin, tandis que sur d'autres, le trafic était normal ou très peu perturbé.

7 h 00 : "Situation normale" à Orly et Roissy
La situation était "tout à fait normale" jeudi matin dans les aéroports d'Orly et de Roissy, a-t-on appris auprès de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) qui n'enregistre ni retard de vols, ni gréviste parmi les contrôleurs aériens.
La DGAC a confirmé à l'AFP que certains vols ont été annulés préventivement afin d'anticiper les conséquences de la grève. La DGAC avait estimé, en début de semaine, qu'il pourrait y avoir des perturbations en début de journée notamment à Orly.

6 h 45 : trafic RATP "très fortement perturbé"
Vers 6 h 30, les lignes A et B du RER n'avaient "pas encore démarré". Leur trafic devait être "quasi nul" dans la journée. Les interconnexions sont suspendues à Nanterre-Préfecture et gare du Nord.
Un métro sur deux circulait sur la ligne 1, 35 % du service était assuré sur les lignes 2 et 4, 20 % sur la ligne 6, et 10 % sur les lignes 8 et 9. La ligne 14, automatique, fonctionnait normalement.
Les autres lignes n'avaient "pas encore démarré", les "prises de service des agents pouvant se faire jsuqu'à 7 h 30", a précisé la RATP. Seuls "quelques trains" devaient circuler au cours de la journée.
10 à 15% des bus et tramways étaient en circulation.

6 h 30 : trafic normal pour le métro toulousain, légers retards pour les autobus
Le trafic était normal, jeudi matin, pour le métro automatique de Toulouse, et de légers retards étaient constatés à 6 heures pour la circulation des autobus, a indiqué Tisséo, la société gérant les transports. Aucun des deux dépôts de la ville n'était bloqué et "tous les bus sortent", a-t-on ajouté auprès du service communication de Tisséo. Certains grévistes distribuent des tracts, ce qui retarde d'une vingtaine de minutes le départ des autobus vers Toulouse et son agglomération.
Les deux lignes du métro automatique, de type Val, desservent normalement la ville de Toulouse sur des axes est-ouest et nord-sud.

6 h 15 : "Apparition de quelques petits bouchons"
La circulation routière sur les grands axes d'Ile-de-France était relativement dense, jeudi à 6 heures du matin, avec l'"apparition de quelques petits bouchons" inexistants d'ordinaire à une telle heure, a-t-on appris auprès du Centre national d'information routière (CNIR).
Le trafic est dense mais dans l'ensemble fluide en Ile-de-France, a-t-on indiqué de même source, en observant toutefois "l'apparition de quelques petits bouchons de 3/4 kms à des endroits où d'ordinaire il n'en existe pas à pareille heure : ainsi à hauteur de Lisses (Essonne) sur l'A6, de Brie sur l'A4 (Seine-et-Marne) et de Romainville (Seine-Saint-Denis) sur l'A3".
En province la situation était normale, sans difficulté notable ou toutefois inhabituelle.
Le CNIR n'était pas en mesure de faire un pronostic quant à l'évolution de la circulation en région parisienne en début de matinée, ignorant les comportements d'anticipation des Franciliens face à ce mouvement social.

6 h 00 : trafic SNCF "très perturbé"
Le trafic SNCF au plan national était déjà "très perturbé" jeudi matin, à 6 heures, conformément aux prévisions annoncées, en raison de la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite à l'appel des huit syndicats de cheminots, a indiqué l'entreprise.
La SNCF a prévu que seulement 46 TGV sur environ 700 en temps normal circulent sur le réseau national, entre Paris et la province, dont aucun au départ ou en provenance de Paris-Nord.
Huit Eurostar (Paris-Londres) sur 10, et 6 Thalys (Paris-Bruxelles, Paris-Amsterdam, Paris-Cologne) sur 10 sont assurés.
Le trafic TER est très perturbé dans toutes les régions SNCF. Des transports de substitution par bus sont proposés sur certaines lignes, de sorte que plus de 1 800 circulations (train et bus) seront assurées dans la journée.
Seuls dix trains Corail (grandes lignes hors TGV) doivent circuler jeudi.
Certains trains Transiliens et RER sont assurés en Ile-de-France mais sur des tronçons réduits, notamment aux heures de pointe, le matin avant 10 heures et en fin d'après-midi, à partir de 16 heures. Aucun train ne circulera entre Paris et l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.


                          Les trafics SNCF et RATP sont très perturbés, jeudi matin, au plan national, conformément aux prévisions. | AFP/BERTRAND GUAY                          

AFP/BERTRAND GUAY

Les trafics SNCF et RATP sont très perturbés, jeudi matin, au plan national, conformément aux prévisions.

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Les Sarkozy divorcent: c'est (enfin) officiel

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Les Sarkozy divorcent: c'est (enfin) officiel

                                   

      

L'Elysée confirme la séparation par consentement mutuel des Sarkozy. Retour en images sur leurs turpitudes récentes.



Dans un communiqué publié à 13h20, l'Elysée confirme la séparation par consentement mutuel de Nicolas et Cecilia Sarkozy. Mardi prochain, ils auraient dû fêter leurs onze ans de mariage. "Ils ne feront aucun commentaire", précise le communiqué. A 11h30, le porte-parole de la présidence avait, lors de son point presse, refusé de commenter. Retour, en images, sur les turpitudes hautement médiatiques du couple présidentiel.

Le 19 janvier 2004 au JT de France2. Le ministre de l'Intérieur annonce que son épouse, qui disait "souhaiter avoir une vie politique personnelle", ne se présentera finalement pas aux régionales en Ile-de-France.

Le 26 mai 2005 au Soir3. Nicolas Sarkozy revient sur les rumeurs persistantes concernant sa vie privée: "Comme des millions de familles, la mienne a connu des difficultés. Nous sommes en train de les surmonter."

Le 18 novembre 2005 au 19/20 de France3. La biographie "Cecilia Sarkozy entre le coeur et la raison" ne paraîtra finalement pas. Le ministre de l'Intérieur aurait fait pression sur l'éditeur, First, pour que les 25000 exemplaires déjà imprimés ne soient pas diffusés.

Le 29 juin 2006 au Soir3. Retour sur le voyage, largement mis en scène et médiatisé du couple Sarkozy filant le parfait amour en Guyanne.

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Gendarmes et pompiers pour arrêter une famille

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Gendarmes et pompiers pour arrêter une famille

Cadacimg2257SOCIETE – Scène de vie en passe de devenir ordinaire en France ? LibeLyon a assisté, mardi matin, au déploiement en masse de gendarmes et de pompiers dans un village lyonnais, pour empêcher une famille de se jeter par la fenêtre alors que les forces de l’ordre venaient l'arrêter.
(lire la suite)




Les pompiers déploient bâche et échelle pour éviter une défenes- tration au centre d'accueil
Photo : DR

Les Ali, Albanais, ont été déboutés de leur demande d’asile par l’Ofpra, puis par la commission des recours. Mais ils sont restés dans la chambre du centre d’accueil pour demandeurs d’asiles de Fontaines Saint-Martin, ce qui n’était pas prudent. Les militants du village avaient trouvé une solution de replis, un appartement qui devait être mis à disposition samedi matin. Mais mardi, vers 7h, une enseignante a reçu un appel de Gloria, la mère. Les gendarmes frappaient à la porte.

Quelques militants se sont alors rendus sur place. L’enseignante mais aussi des gens de la paroisse voisine, qui suivent la famille. Quelques gendarmes de la brigade voisine sont là, ainsi qu’un membre de la «cellule étrangers en situation irrégulière» de la gendarmerie nationale, nouvellement créée à Lyon. Visiblement rodé, ce dernier explique aux militants que le plus simple est d’ouvrir la porte, la famille ayant selon de bonnes chances d’être ensuite libérée par le juge des libertés. Une femme lui répond que le plus simple est peut-être en ce cas de ne pas l’arrêter. Elle explique que la famille est convoquée au tribunal administratif en novembre. Elle a demandé une suspension de la mesure d’éloignement et un nouvel examen de son dossier, des éléments nouveaux étant, selon leur avocat, intervenu en Albanie.

Cimg2278 A l’intérieur, les enfants hurlent. La mère répète au téléphone que si quelqu’un force la porte, elle se jettera par la fenêtre avec ses deux enfants. Après les drames récents, les gendarmes ne veulent pas prendre de risque. Ils  «réfèrent». Un officier glisse qu’il n’est "pas là de gaîté de cœur", que des dossiers l’attendent plein son bureau, «avec des délinquants plus dangereux que ceux-là». Puis des renforts arrivent. Des pompiers, nombreux, déplient une grande bâche sous la fenêtre de la chambre, et déploient une grande échelle vers l’appartement. La famille ferme alors précipitamment ses volets, pensant que les pompiers viennent la chercher. Un sapeur fait alors un signe aux gendarmes. La situation est sécurisée, ils peuvent intervenir.

La porte de la chambre est alors forcée. Il n’y a aucune procédure judiciaire engagée. Mais selon le parquet de Lyon, les forces de Lyon, les forces de l’ordre, qui agissent sur ordre préfectoral, puisqu’ils se trouvent devant un cas de flagrance : une famille se maintenant illégalement sur le territoire français. Plusieurs avocats spécialisés en droit des étrangers répondent qu’il ne peut y avoir de flagrance lorsqu’on se trouve devant une porte close.

La famille est ensuite conduite dans une pièce voisine où des photos sont réalisées, puis les gendarmes chargent toutes les affaires de grandes valises, avant de redescendre avec tout le monde. En bas de l’immeuble, des assistantes sociales demandent l’autorisation d’embrasser la famille qu’elles ont suivie pendant plusieurs mois. D’autres résidents sont là aussi, il y a beaucoup de pleurs. Un enfant hurle. Elle a déjà vécu cette situation. C’est la plus jeune de la famille Raba, expulsée en décembre dernier, revenue, et qui habite pour l’instant dans ce centre. Quelques gendarmes détournent le regard. Un responsable de la société gestionnaire se défend curieusement, répétant : «C’est la loi, rien que la loi. On n’y peut rien».
Ol.B.

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Le PS français découvre un parti social-démocrate allemand débordé sur sa gauche

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Oscar Lafontaine (à gauche) et Lothar Bisky, les deux leaders de "La Gauche" (Die Linke), le 16 juin 2007 à Berlin. Ce parti formé par certains des transfuges du SPD et les héritiers du parti communistes de l'ancienne Allemagne de l'Est, mettent en difficulté le SPD allemand. | AFP/AXEL SCHMIDT                          

AFP/AXEL SCHMIDT

Oscar Lafontaine (à gauche) et Lothar Bisky, les deux leaders de "La Gauche" (Die Linke), le 16 juin 2007 à Berlin. Ce parti formé par certains des transfuges du SPD et les héritiers du parti communistes de l'ancienne Allemagne de l'Est, mettent en difficulté le SPD allemand.

Le PS français découvre un parti social-démocrate allemand débordé sur sa gauche

         

LE MONDE | 15.10.07 | 15h42  •  Mis à jour le 15.10.07 | 15h42         

BERLIN  ENVOYÉ SPÉCIAL

L'un est aux affaires depuis neuf ans et l'autre n'a pas quitté les rangs de l'opposition depuis plus de cinq ans mais le Parti social démocrate allemand (SPD) comme le PS ont un point commun. Au creux de la vague, chacun cherche à initier un nouveau cycle.

Alors que le SPD réunira son congrès à Hambourg à partir du 26 octobre, le PS qui souhaite "étudier les nouvelles voies qu'élaborent les principaux acteurs de la gauche réformiste de l'Union européenne", a dépêché une mission à Berlin du 11 au 13 octobre. Celle-ci a multiplié les contacts avec des interlocuteurs inquiets et parfois amers. Engagé dans la grande coalition dirigée par Angela Merkel qui a poursuivi la politique d'assouplissement du marché du travail et de redressement des finances publiques engagé par Gerhard Schroeder, le SPD a dégringolé dans les sondages et doit faire face à Die Linke ("La Gauche"), le parti formé par certains de ses transfuges et les héritiers du parti communistes de l'ancienne Allemagne de l'Est. "Ces mesures douloureuses - qui ont contribué à relancer la croissance et l'emploi - ont été imposées sans avoir été vraiment discutées dans le parti", insiste Niels Annen, jeune député au Bundestag qui se réjouit que le SPD "se batte désormais pour l'instauration d'un salaire minimum et une meilleure indemnisation des chômeurs". "Au congrès, nous aurions pu trouver une majorité sur une ligne plus radicale mais le texte proposé parle notre langage. Et puis, ajoute ce représentant de la gauche du parti, il n'est pas question de faire marche arrière."

Pour le député européen Henri Weber, qui conduisait la délégation, les difficultés du SPD imposent de tirer des enseignements en terme de méthode. "La réforme de l'Etat-protecteur ne peut être menée à bien sans avoir au préalable longuement préparé l'opinion, les syndicats et a fortiori, le parti. On ne peut pas passer en force et dans l'urgence", juge-t-il.

SPD ET SALAIRE MINIMUM

Point central du congrès de Hambourg, l'instauration d'un "Etat social prévoyant" - mettant l'accent sur la formation, l'éducation et les services à la population et non seulement sur les dépenses sociales classiques - a fait écho auprès des socialistes français. "Parmi nos propositions, les parcours professionnels sécurisés, la protection sociale professionnelle ou le revenu de solidarité active correspondent à cette notion. Mais pour vraiment se l'approprier, il nous faut la conceptualiser", estime la députée Elisabeth Guigou. L'ex-ministre de Lionel Jospin observe de nouvelles convergences entre socialistes allemands et français. Le SPD découvre l'intérêt du SMIC et insiste plus nettement sur l'Europe sociale alors que le PS s'intéresse aux politiques de l'offre et à la crise de l'Etat-providence.

La mauvaise passe du SPD renvoie les socialistes français à la volatilité de l'électorat. "Comme chez nous, les couches moyennes et les catégories populaires intégrées admettent mal les transferts sociaux au profit des plus défavorisés", constate le député européen Harlem Désir.

Laurent Baumel, responsable national chargé des études, souligne de son côté "la capacité qu'ont les sociaux-démocrates allemands à se définir". Il en veut pour preuve la nouvelle "majorité solidaire" que souhaite forger le SPD : "Une alliance allant du salariat précaire à la bourgeoisie éclairée, fondée sur l'attachement à la justice sociale et à une croissance génératrice d'emplois de qualité alors que, pour le New Labour, tous les emplois se valent."

"UN MÉTRO DE RETARD"

Jean-Luc Mélenchon, qui ne faisait pas partie du voyage - il participera à la mission envoyée en Espagne auprès du PSOE - porte un tout autre regard. "Le PS a toujours un métro de retard ; alors que le SPD s'interroge sur les moyens de sortir de l'impasse sociale-libérale, il se demande s'il doit s'y engager", se lamente le sénateur de l'Essonne qui entretient des liens privilégiés avec Oskar Lafontaine, le président et fondateur de Die Linke. Il craint que "l'état de sidération totale dans lequel se trouvent les socialistes français leur faire perdre de vue que la sociale-démocratie d'Europe du nord, à force de considérer que la question du partage des richesses est secondaire, a accumulé les désastres électoraux". Des critiques qui laissent de marbre le strauss-kahnien Laurent Baumel. "Par rapport au PS, fait-il valoir, le SPD dispose d'un sérieux atout ; son aile gauche joue le jeu et se garde d'instrumentaliser les difficultés du parti".

Jean-Michel Normand



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Un quart des Allemands trouvent des bons côtés au nazisme

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Un quart des Allemands trouvent des bons côtés au nazisme

         

LEMONDE.FR avec AFP | 18.10.07 | 10h12  •  Mis à jour le 18.10.07 | 10h12

La polémique née au début du mois de septembre avec le licenciement de la présentatrice Eva Herman, évincée pour avoir loué le rôle social des femmes sous Hitler, continue de troubler l'Allemagne. Un sondage publié jeudi 18 octobre dans le magazine Stern devrait encore un peu plus échauffer les esprits tant ses résultats sont surprenants : selon cette enquête, réalisée par l'institut Forsa, un quart des Allemands jugent que le régime d'Adolf Hitler a aussi eu des bons côtés, comme en matière de construction d'autoroutes, de politique familiale ou de criminalité.

Ils sont même 37 % chez les plus de 60 ans, la génération qui a grandi sous le Troisième Reich. C'est dans la tranche des 45-59 ans que cet avis est le moins partagé : seuls 15 % voient des aspects positifs au régime hitlérien. Entre les deux, les plus jeunes sont un cinquième à ne pas condamner en bloc la période nazie. Au total, 25 % des personnes interrogées voient des bons côtés au nazisme, 70 % n'en voient pas, et 5 % disent ne pas savoir, selon ce sondage réalisé auprès d'un échantillon représentatif de la population de 1003 personnes, les 11 et 12 octobre.

"CE RÉSULTAT EST LAID"

L'un des vice-présidents du Conseil central des juifs d'Allemagne, Dieter  Graumann, a réagi en exprimant son "dégoût" et sa "colère", sur le journal Internet netzeitung.de "Ce résultat est laid, désastreux",  a-t-il dit, appelant à considérer ces chiffres "comme un signal de mise en garde,  sans se montrer pour autant alarmistes".

Peu de temps après l'affaire Eva Herman, le très conservateur cardinal Joachim Meisner a, à son tour, suscité l'indignation en estimant que l'art qui se coupait de la religion était un "art  dégénéré", un terme rappelant les heures sombres du nazisme. Selon M. Graumann, de tels propos forgent une disposition à banaliser le nazisme. Il a appelé la classe politique allemande à en faire plus pour lutter contre l'extrême droite et l'expansion de ses idées, et pour "informer sur  l'époque nazie". "Nous avons besoin d'un Etat de droit qui montre davantage les crocs",  notamment face au parti néonazi NPD, a jugé M. Graumann.

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