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15 octobre 2007

Martinon sur Cécilia: "No comment"

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Martinon sur Cécilia: "No comment"
envoyé par rue89

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"Bob Denard a toujours agi pour le compte de l'Etat français"

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                          Bob Denard est arrêté par des militaires français aux Comores, le 5 octobre 1995. | AFP/ALEXANDER JOE                          

AFP/ALEXANDER JOE

                          Bob Denard est arrêté par des militaires français aux Comores, le 5 octobre 1995.

"Bob Denard a toujours agi pour le compte de l'Etat français"

         

LEMONDE.FR | 15.10.07 | 18h42  •  Mis à jour le 15.10.07 | 18h51

Pour Xavier Renou, auteur de La privatisation de la violence : mercenaires et sociétés militaires privées au service du marché (Agone, 2006), Bob Denard, mort samedi 13 octobre, n'a jamais répondu de ses crimes devant la justice, l'Etat français n'ayant pas intérêt à faire condamner un de ses protégés.

Quelles étaient les motivations de Robert Denard ? L'argent ? Le pouvoir ? L'idéologie ?

Ce sont les trois à la fois. Au début, il se cherche une vie d'aventure. Expulsé de l'armée française après une bagarre dans un bar, il devient d'abord policier au Maroc, puis mercenaire au Katanga en 1961. Si c'est un anti-communiste notoire dont l'engagement à l'extrême droite est connu, ce n'est pas pour autant un idéologue. Il va œuvrer sous des présidents de droite, mais n'interrompt pas sa collaboration avec l'Etat français lorsque François Mitterrand est élu.

En vieillissant, c'est de plus en plus l'argent qui le motive. Aux Comores, il se crée un petit empire constitué de terres agricoles, d'hôtels et d'une garde présidentielle dont il vend les services pour des actions mercenaires sur le continent.

Robert Denard menait-il ses opérations pour son compte personnel ou en sous-main pour l'Etat français ?

Les deux. Il a systématiquement agi avec le feu vert ou orange des autorités politiques françaises. Mais ce faisant, il cherchait d'abord à s'enrichir. C'est le principe des corsaires qui servaient toujours le même maître. Robert Denard a toujours servi la politique de la France, la "Françafrique"...  A aucun moment, il ne s'en est émancipé.

Lorsqu'il a pris le contrôle des Comores, il l'a fait avec l'aval de Paris, car cela permettait à la France de contourner l'embargo en Afrique du Sud et de vendre des produits à un pays qui pratiquait l'apartheid.

On a pu qualifier Robert Denard de personnage "romantique" ou romanesque. Qu'en pensez-vous?

C'était certes un aventurier mais je le trouve moyennement romantique. Il est parti en Afrique défendre le néocolonialisme, les compagnies minières. Il a commis des meutres et des actes de torture... Il est d'abord l'instrument d'une politique sale. Ce n'est pas pour rien que les Africains l'appelaient, lui et d'autres, les "Affreux".

Dans les années 1980, on l'a folklorisé. On l'a fait passer pour quelqu'un de vieux, de dépassé. On l'invite dans des talk-shows à la télé pour qu'il raconte ses mémoires. On en parlait comme si ce n'était pas si grave et passé. Or, c'était plus grave et plus actuel que ce qu'on nous en a dit.

Quelle place prend Robert Denard dans l'histoire du mercenariat au XXe siècle ?

Il fait la transition entre deux époques, entre un mercenariat ponctuel et désorganisé et un mercenariat beaucoup plus sophistiqué, avec des sociétés militaires privées.

Dans les années 1960-1970, les anciennes puissances coloniales s'évertuent à confisquer l'indépendance des nouveaux pays africains en organisant quelques opérations de mercenaires mal ficelées afin de maintenir l'exploitation des richesses du sous-sol. Dans les années 1980, mais surtout à la fin de la guerre froide, il y a une banalisation du recours au mercenaire comme instrument de politique étrangère. Là où dans les années 1960, quelques pieds-nickelés pouvaient faire la différence, il faut aujourd'hui des moyens beaucoup plus conséquents, avec des armements très sophistiqués.

La petite armée de mercenaires que Robert Denard constitue aux Comores dans les années 1980 représente un embryon de société de mercenaires privée, tel que nous les connaissons aujourd'hui.

Robert Denard a-t-il répondu de tous ses crimes ?

Jamais. Il a été condamné à des peines très clémentes, qu'il n'a pas effectuées. Ses procès étaient des mises en scène. Quel intérêt les autorités françaises auraient-elles eu à le sanctionner ? Faire semblant de le condamner était bien suffisant. Bob Denard est un agent qui a toujours agi pour le compte de l'Etat français. Et aujourd'hui, il est parti avec ses secrets.

 

Propos recueillis par François Béguin

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Denis Gautier-Sauvagnac renonce à son mandat de négociateur du Medef

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Denis Gautier-Sauvagnac, visé par une enquête judiciaire sur de très importants retraits en espèces sur le compte de l'Union de la métallurgie (UIMM) qu'il préside, s'est mis"en retrait" des négociations sur le marché du travail menées avec les syndicats, a annoncé, lundi 15 octobre, le Medef dans un communiqué.

Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), représente le patronat (Medef, CGPME et UPA) dans les discussions avec les syndicats sur le marché du travail. | GAMMA/ ALIN LE BOT                          

GAMMA/ ALIN LE BOT

Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), représente le patronat (Medef, CGPME et UPA) dans les discussions avec les syndicats sur le marché du travail.

La présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef), Laurence Parisot, "désignera dans les tout prochains jours, parmi l'équipe actuelle de négociateurs, le prochain chef de file" des discussions avec les syndicats de salariés, précise le communiqué. M. Gautier-Sauvagnac continue toutefois"de présider la commission Relations du travail et politiques de l'emploi". Il participe toujours aux travaux du conseil exécutif de l'organisation.

IMPORTANTS PRÉLÈVEMENTS EN LIQUIDE

Au nom de la présomption d'innocence, Laurence Parisot avait maintenu "DGS" à son poste de négociateur en chef, tout en prenant ses distances avec ce dernier et en s'attachant à démentir tout lien entre l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) et le Medef.

Le parquet de Paris a confié, le 26 septembre, une enquête préliminaire à la brigade financière de la préfecture de police de Paris, après un signalement de la cellule anti-blanchiment de Bercy qui avait relevé d'importants prélèvements en liquide sur des comptes de l'UIMM. A ce jour, les enquêteurs ont démontré qu'un montant d'environ 17 millions d'euros avait été retiré, entre 2000 et 2007, sur des comptes de l'UIMM, la fédération la plus importante du Medef.

L'enquête n'a pas permis pour l'instant d'identifier la destination des fonds. Les syndicats ont démenti tout financement occulte, une piste un temps évoquée par la presse. Denis Gautier-Sauvagnac avait initialement parlé du financement des "œuvres sociales" de l'UIMM, évoquant l'aide aux salariés et retraités nécessiteux. Il a ensuite expliqué avoir utilisé l'argent pour "fluidifier les relations sociales", sans autre précision.

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Les autorités suisses trouvent Cécilia encombrante

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Les autorités suisses trouvent Cécilia encombrante

                                   

      

Les autorités suisses sont fort mécontentes d’avoir appris par la presse que Cécilia Sarkozy a séjourné incognito à Genève. L’ambassade de France n’était pas au courant, le ministère suisse des Affaires étrangères non plus, ni le service du protocole. Alors que la Suisse, et la ville de Genève en particulier, a l’habitude de gérer sans problème le séjour de centaines de personnalités étrangères à risque.

Entre voisins, ce ne sont pas des manières, observent les Suisses avec mauvaise humeur.

Et encore, si elle était venue seule… Mais la première dame française était accompagnée de deux gardes du corps armés, non-suisses de nationalité, ce qui est totalement contraire aux règles diplomatiques fondamentales, observe-t-on à Berne, où l'on craint par dessus tout qu’une personnalité politique étrangère séjourne sans avertissement.

Sur place, à Genève, on rappelle qu’une nuit dans une suite à l’hôtel La Réserve est facturée 2200 Francs suisses (1300€). En fait, Cécilia Sarkozy a quitté très vite cet établissement, trop bien surveillé par les paparazzi, pour un autre moins en vue.

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L’Afrique au kärcher

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Un discours controversé

L’Afrique au kärcher

Stupeur et indignation ont accueilli le discours prononcé à Dakar par le président Nicolas Sarkozy, venu présenter sa vision des rapports franco-africains, le 26 juillet dernier. Abasourdis, presse et intellectuels du continent noir reprochent au chef de l’Etat des propos d’un « autre âge ». Certains, cherchant peut-être le second degré, se demandent même s’il pense vraiment ce qu’il dit (1).

Les médias français ont peu évoqué la prestation présidentielle, dont ils ont surtout retenu les passages concernant la colonisation. M. Sarkozy a, en quelques minutes, soldé l’affaire : s’il qualifie de « grande faute » cette période de l’histoire, il estime qu’elle n’est pas responsable des maux actuels du continent. Il conseille donc aux Africains de se tourner vers l’avenir. Ressasser le passé n’est, certes, pas toujours une bonne chose. Mais le représentant du pays qui a porté les coups est-il le mieux placé pour en décider, qui plus est unilatéralement ?

C’est surtout l’aberrante description faite du continent qui a choqué. Invoquant la « politique des réalités », le président français décrit une Afrique qui n’existe pas et qui rappelle les visions paternalistes du xixe siècle. Comme pour s’autoriser à débiter les stéréotypes les plus éculés et les préjugés les plus dépréciatifs, M. Sarkozy prend d’abord soin de rendre hommage aux civilisations noires, dont la « pensée et la culture » ont été fertiles pour les colonisateurs. Mais la présentation qu’il effectue ensuite du continent tourne au fantasme folklorique : il peint des civilisations tournées vers le passé, sans histoire, vivant « au rythme des saisons », où l’instinct joue un plus grand rôle que la raison, dans un monde presque exclusivement rural « où l’aventure humaine n’a pas sa place ». La « suprématie » de l’Europe s’en trouve de facto confirmée : elle représente « l’appel de la liberté, de l’émancipation et de la justice (...), l’appel à la raison et à la conscience universelles », à l’inverse d’une Afrique poursuivant des rêves « immobiles ».

Cinquante ans de travaux scientifiques semblent échapper au président français, notamment ceux de l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop (dont l’université où il prononce son discours porte le nom), mais aussi, entre autres, ceux du sociologue Georges Balandier ou de l’historienne Hélène d’Almeida-Topor. Tous montrent la modernité des sociétés africaines et réhabilitent un passé longtemps déformé. M. Sarkozy sait-il, par exemple, qu’alors que l’Europe était encore féodale l’Afrique connaissait des royaumes « constitutionnels » dotés de contre-pouvoirs, que ne désavoueraient pas les promoteurs actuels de la « bonne gouvernance ». Sait-il que l’université de Sankoré, dans l’actuel Mali, comptait vingt-cinq mille étudiants au XVIe siècle ? Sait-il que des milliers de manuscrits centenaires, trouvés notamment à Tombouctou, recèlent toute l’étendue du savoir technologique africain avant l’arrivée des Blancs ?

Au nom de la « franchise que l’on doit à des  amis » – M. George W. Bush et son successeur en bénéficieront-ils ? –, M. Sarkozy était surtout venu justifier une politique migratoire restrictive. S’adressant plus particulièrement à la jeunesse, celle qui, lasse d’attendre des jours meilleurs qui ne viennent jamais, est tentée par l’émigration, il a d’abord quelques phrases émouvantes. Compréhensif, il décrit le courage et la volonté qu’il faut pour quitter sa famille afin d’aller chercher du travail dans des pays lointains. Devant les regards stupéfaits, il se place ensuite sous la bannière permissive de la « sincérité » et, avec des accents qui rappellent parfois les « en vérité, je vous le dis » de la Bible, il exhorte les jeunes à « inventer [leur] avenir »... sur place. Récitant le credo libéral, il ponctue sa démonstration de « votre sort est d’abord entre vos mains », « je suis venu vous proposer de dépasser (...) souffrance », « personne ne décidera à votre place », etc.

Comme si les dés n’étaient pas pipés ! Parfois, le président français devient même franchement burlesque, notamment lorsqu’il se permet quelques conseils : « Vous voulez qu’il n’y ait plus de famine ? Alors cherchez l’autosuffisance alimentaires. Alors développez les cultures vivrières. » Comme si cette idée n’avait pas effleuré les esprits africains ! Seulement, la priorité accordée à l’exportation sur les marchés mondiaux, imposée par les institutions financières internationales, la rend impraticable. Le chef de l’Etat passe aussi sous silence les responsabilités actuelles de la France : Paris oblige les pays africains à adopter des thérapies économiques qui les tuent à petit feu ; Paris soutient les régimes les plus corrompus. Au moment où M. Sarkozy se rendait au Gabon, le 27 juillet, le président Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis quarante ans, faisait d’ailleurs l’objet d’une enquête judiciaire en France.

Néanmoins, perdu dans ses visions hallucinées, le chef de l’Etat interpelle la jeunesse : « Ouvrez les yeux ! » sur le monde moderne. Etrange injonction, quand on pense que c’est précisément parce qu’ils voient le monde tel qu’il est, notamment l’insolente prospérité des pays du Nord, que les Africains supportent de plus en plus mal leur situation. L’information circule par la famille émigrée, par la télévision et par Internet. Même les tisserands des villages les plus reculés du nord du Ghana savent qu’ils ont des concurrents en Chine. Le problème des Africains n’est pas de se lancer dans l’informatique, mais, lorsqu’ils le font, de ne pas perdre la connexion Internet durant les coupures d’électricité, séquelles parmi d’autres de la vague de privatisations des années 1990.

Pourtant, malgré une réputation plus que mitigée en Afrique – les images de l’ancien ministre de l’intérieur, drapé dans ses certitudes policières sur fond de banlieues qui brûlent, ont fait le tour du continent –, M. Sarkozy était attendu avec un certain intérêt. Durant la campagne présidentielle, n’avait-il pas déclaré vouloir en finir avec la « françafrique » ? Symboliquement, il devait se rendre au Ghana et en Afrique du Sud plutôt que dans la zone francophone. Les Africains, en particulier les jeunes, sont las des promesses non tenues (qui se souvient, en France, qu’on dansait dans les rues d’Afrique de l’Ouest, le 10 mai 1981, parce qu’on pensait que la « Françafrique » était terminée ?). Ils attendent avec impatience que la France cesse d’entretenir des relations avec les « fossoyeurs de [leurs] espérances (2) » et dialogue avec des interlocuteurs vraiment représentatifs d’un continent en profonde mutation.

Et le temps presse. L’image de la France est ternie par le génocide rwandais et les humiliations d’une politique d’immigration bêtement restrictive ; les entreprises nationales subissent la concurrence chinoise et américaine ; les vieux amis dictateurs commencent à mourir... Mais peut-être M. Sarkozy a-t-il trop d’amis parmi les patrons pour ne pas prolonger encore un peu un système si juteux. Il s’est donc finalement rendu au Sénégal, pays à peu près démocratique. Puis il est allé au Gabon, où les entreprises françaises sont choyées sous l’autorité d’un président Bongo qui connaît tout (trop ?) sur le village françafricain.

Cherchant sans doute une fin lyrique, M. Sarkozy a proposé une alliance France-Afrique contre... les excès de la mondialisation libérale. Pour faire avaler cette improbable pilule altermondialiste, il a exhumé le vieux projet d’« Eurafrique », cher à Gaston Defferre et à Léopold Sédar Senghor du temps de la colonisation. L’Europe, la France et l’Afrique unies pour doter la globalisation de règles ? Cette stratégie nécessaire serait plus crédible si les partenaires étaient égaux et si, depuis vingt-cinq ans, l’Europe et la France ne s’étaient pas soumises au libéralisme mondialisé, dont elles sont devenues les promotrices zélées.

Comme à son habitude, M. Sarkozy a tenu, sous la bannière du changement, des propos justifiant l’ordre établi. La rupture annoncée par le président français réside surtout dans le style de ses propos qui renouvelle assurément le langage diplomatique ! Peut-être, comme le suggèrent certains observateurs sénégalais (3), cela ouvrira-t-il les yeux de ceux qu’il faut encore convaincre, en Afrique, de la vraie nature de la mondialisation économique et des rapports Nord-Sud.

Anne-Cécile Robert.


1Cf. la critique du politologue camerounais Achille Mbembé, www.africultures.com /index.asp ?menu...

(2Cf. « Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy », Libération, Paris, 10 août 2007.

(3Cf. Boubacar Boris Diop, « Le discours inacceptable de Nicolas Sarkozy », Le Quotidien, Dakar, 11 août 2007.



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L'A380 prend son envol commercial

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L'A380 prend son envol commercial

         

LE MONDE POUR MATINPLUS | 15.10.07 | 06h48  •  Mis à jour le 15.10.07 | 07h00

Un A 380 de la compagnie Singapore Airline photographié à l'aéroport de Toulouse Blagnac le 13 octobre. | AFP/LIONEL BONAVENTURE                          

AFP/LIONEL BONAVENTURE

Un A 380 de la compagnie Singapore Airline photographié à l'aéroport de Toulouse Blagnac le 13 octobre.

Tout est prêt pour la fête chez Airbus à Toulouse. Lundi 15 octobre, Singapore Airlines prend livraison de son premier A380, l'avion géant que la compagnie mettra en service le 28 octobre sur la ligne Singapour-Sydney.

Jusqu'au bout, le secret a été bien gardé sur l'aménagement intérieur de ce paquebot des airs de 471 places. Tout particulièrement, sur les 12 nouvelles suites installées sur le pont principal et les 60 classes affaires du premier étage.


 


Le vol inaugural aura lieu le 25 octobre. Il emmènera, outre les invités, les passagers ayant acheté leurs billets aux enchères sur eBay. La recette, estimée à 1,3 milliard de dollars, sera entièrement reversée à des œuvres caritatives.

Singapore Airlines entend profiter de son avance sur ses concurrentes, qui ne recevront leurs A380 qu'à partir de l'année prochaine. Etre la première compagnie à utiliser l'avion avait été l'une des conditions posées par le transporteur asiatique pour faire partie des "compagnies de lancement" de l'avion géant, aux côtés notamment d'Emirates, de Qantas, d'Air France et de Lufthansa. Etre le premier en terme d'image est essentiel. Ainsi Lufthansa et Air France ont été en compétition pour être la première compagnie européenne à voler en A380 en 2009. La compagnie française l'a emporté sur sa concurrente allemande.

Quand un constructeur aéronautique décide de lancer un nouvel avion, il propose aux compagnies aériennes d'être associées au programme. Elles n'apportent pas d'argent, mais leur expertise. Au sein de groupes de travail, elles suggèrent des aménagements ou des améliorations à apporter à l'avion. Ainsi par exemple, l'une de leurs exigences a porté sur le niveau de bruit de l'A380. Elles ont demandé qu'il soit le plus bas possible pour pouvoir décoller très tôt ou atterrir très tard à Heathrow, l'aéroport de Londres - le troisième au monde en terme de trafic, après Chicago et Atlanta -, en gênant au minimum les habitants riverains des pistes.

En contre-partie, les compagnies de lancement s'engagent à acheter le nouvel avion, et bénéficient pour cela de tarifs avantageux. Avec ces premières commandes fermes, l'avionneur peut lancer la production industrielle de l'appareil. Car l'investissement est colossal : pour l'A380, il s'élève à 10,7 milliards de dollars, soit l'équivalent du coût du Tunnel sous la Manche. Et 50 000 personnes y travaillent chez Airbus.

C'est en décembre 2000, que le constructeur européen a décidé de lancer l'A380. L'objectif était de concurrencer le 747 de Boeing, qui occupe seul le créneau des gros-porteurs depuis trente ans. Pour cela Airbus conçoit un avion plus gros, à deux étages, pouvant transporter de 550 à 800 personnes, contre "seulement" 400 pour le 747.

L'avion a été découpé en plusieurs tronçons, dont la fabrication a été attribuée selon les compétences traditionnelles de chacun des partenaires d'Airbus : aux Britanniques, la voilure, aux Français, la partie avant et centrale du fuselage, aux Allemands, l'arrière, aux Espagnols, l'empennage et la dérive. Chaque pays doit livrer des équipements complets qui sont assemblés à Toulouse. 6 500 ingénieurs sont mobilisés. Cela aboutira, en 2004, à l'assemblage du premier appareil, dont le vol inaugural a eu lieu le 27 avril 2005.

C'est alors que le programme commence à déraper, en raison de problèmes de production. L'usine de Hambourg, en Allemagne, a des difficultés pour fabriquer le tronçon arrière de l'avion, notamment son câblage électrique. Le problème est d'autant plus important que, dans un avion comme l'A380, courent 500 kilomètres de fils électriques. Autre difficulté : chaque avion est pour ainsi dire particulier, les clients ayant demandé des aménagements spécifiques. Une compagnie a demandé l'installation de douches alors qu'une autre aurait envisagé d'y créer un casino et même des chambres à coucher.

Malgré les déboires, la crise industrielle et les scandales financiers qui ont secoué Airbus et sa maison mère EADS depuis plus d'un an, l'avion géant fait toujours rêver. Des clients qui s'étaient tenus à l'écart pendant les turbulences commencent à s'y intéresser. Bristish Airways a ainsi commandé au début du mois douze A380. Une décision majeure pour Airbus, car jusqu'alors la compagnie britannique avait toujours choisi des Boeing pour sa flotte de longs courriers. Le tour-opérateur espagnol Marsans en a acheté quatre, jeudi, ce qui porte à 169 le nombre d'A380 commandés. Malgré deux ans de retard par rapport au calendrier initial, le décollage du premier A380 commercial s'annonce à nouveau prometteur. Reste maintenant à être sûr que les ennuis industriels d'Airbus sont désormais terminés, et que l'avionneur sera capable de tenir ses livraisons et son objectif de sortir quatre avions par mois à partir de 2010.

Dominique Gallois

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ADN, Guaino, la rechute finale de la gauche ?

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ADN, Guaino, la rechute finale de la gauche ?

Enflures verbales contre l'ADN, insultes contre Henri Guaino mais silence total sur l'économique et le social, une certaine gauche réitère les erreurs de la fin des années 1990, qui ont engendré la montée de Le Pen et la défaite de 2002.



Nous vous parlons d'un temps que les moins de vingt ans peuvent très bien connaître. Paris en ce temps-là - l'hiver 1997 - voyait défiler contre les lois Pasqua-Debré des milliers de manifestants partis de la gare de l'Est, dont certains, pas les plus discrets, arboraient au revers de leur veston une étoile jaune et portaient des valises ou des pijamas rayés. Les arrestations d'étrangers en situation irrégulière étaient des «rafles», leur expulsion du pays des «déportations» et Pasqua et Debré des quasi-nazis. Quelques anciens déportés protestèrent, expliquant le danger de banalisation des crimes nazis dont témoignaient ces enflures verbales. Leur voix était un murmure, et on ne les écouta point. Là aussi, comme aujourd'hui, Libération, dirigé déjà par Laurent Joffrin, avait pris la tête de la révolte. Puis, il y a eu la suite. La dissolution de l'Assemblée nationale. La victoire de la gauche aux législatives de 1997 sur un discours ambigu, eurosceptique et anti-néolibéral de socialistes soudain gauchis.

L'impasse de l'anti-racisme
Ensuite sont venues les reculades de Jospin. À Amsterdam, à Renault-Vilvorde, chez Michelin. L'erreur fatale des 35 heures. La poudre aux yeux des emplois-jeunes. La défaite de 2002, enfin. Parce que, comme l'a écrit Roland Hureaux dans ces colonnes, la gauche ne retrouvera pas une identité ailleurs que dans la lutte des classes et le social. Parce que, sur le terrain sociétal, elle peinera à se distinguer des libéraux de droite.
On le voit bien aujourd'hui : s'ils n'ont pas tous fait le déplacement au meeting anti-ADN du Zénith (voir ci-dessous le reportage de Sylvain Lapoix), beaucoup d'hommes politiques de droite sont hostiles à l'amendement sur l'ADN. De Charles Pasqua (quelle ironie de l'histoire, le facho de 1997!) à Dominique de Villepin en passant par plusieurs ministres du gouvernement, l'amendement Mariani est très loin de faire l'unanimité à droite, et on ne serait guère étonné de voir le gouvernement reculer sur cette affaire. Pour une raison simple : l'usage de l'ADN renvoie à une conception effectivement restrictive de la famille, réduite à la filiation biologique. Par ailleurs, elle passe sans doute à côté des filières d'immigration clandestine fondées, elles, sur le trafic de faux papiers d'identité, dont le développement inquiète de plus en plus les services de police dans tous les pays européens.
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Mais si cette mesure contre l'une des fraudes à l'immigration est maladroite, elle n'a pas forcément de contenu idéologique avéré puisque la plupart des autres pays européens permettent aux candidats à l'immigration familiale, en particulier quand ils viennent de pays où les registres d'état-civil sont sommaires ou peu fiables, d'utiliser ce test pour prouver leur bonne foi. L'usage même de tests ADN n'est pas scandaleux en soi puisque, comme l'explique très bien Anne-Marie Le Pourhiet (voir Marianne TV), beaucoup de plaignants l'exigent devant les tribunaux, notamment dans les recours en paternité. La vérité est que le même problème se pose dans toute l'Europe : le néolibéralisme a imposé la libre circulation des capitaux et des marchandises, et il souhaite à présent imposer la libre circulation des hommes, qui anéantit toute régulation sociale en imposant une concurrence sauvage sur le marché du travail.

Un silence assourdissant sur le plan social

La gauche a décidé de tonner très fort contre ce test ADN destiné aux immigrants du regroupement familial. Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent pour s'opposer au pouvoir sarkozyste, y compris au nom de ce que l'on veut croire être encore les principes et les idées de la gauche. Celle-ci pourrait s'opposer aux franchises médicales, qui sont un vrai coup de poignard dans le principe d'égalité. ; exiger la suppression définitive des stocks-options et de toute rémunération sans charges patronales ; s'opposer à ce projet ultralibéral, lancé, qui plus est, par l'un des siens, Jacques Attali, et qui entend supprimer toute règle dans la négociation entre producteurs et distributeurs au moment où cinq enseignes françaises dominent 80% du marché des produits alimentaires. La gauche pourrait aussi exiger un transfert des charges sur la TVA qui favorise l'emploi en aidant les entreprises de main-d'œuvre au détriment des entreprises vivant des importations, ou, si cette option ne lui convient pas, proposer des mesures destinées à lutter contre les délocalisations.

Mais non ! Tous ces sujets n'intéressent pas Laurent Joffrin, Philippe Val, BHL et ceux qui, à gauche, entonnent à nouveau la rengaine usée de l'antiracisme et de l'antifascisme, qui fera le jeu de Sarkozy comme elle fit naguère celui de Le Pen.
Quand on entend Philippe Val tonner, trois chroniques de France Inter successives, contre l'amendement Mariani, qui ne concernera que quelques centaines de candidats à l'immigration par an et l'interpréter comme un revival « royaliste » et « xénophobe », on se pince…
Quand on écoute BHL traiter Henri Guaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy de raciste pour le discours prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy, on a envie de crier au fou.... Première remarque, ce discours a été signé et prononcé par Nicolas Sarkozy. BHL aurait-il donc peur du Président pour s'en prendre à celui qui l'aide à faire ses discours ? Ou bien pense-t-il que les hommes politiques, et en tout cas Nicolas Sarkozy, ne sont que des pantins articulés par leurs conseillers ? Deuxième observation, si le discours de Dakar est fort contestable en ce qu'il homogénéise une Afrique plus diverse qu'il ne la laisse transparaître, il n'est en rien raciste si l'on veut bien situer la phrase sur « l'homme africain » dans son contexte, et lire le reste du texte qui revient sur l'esclavage et le colonialisme.
De l'ADN considéré comme une loi qui rappelle « les heures les plus noires de notre histoire » à l'accusation contre Henri Guaino, celle contre Jean-Pierre Chevènement (traité de « maurassien »), tout se passe comme si la gauche, mal en point depuis la victoire de Sarkozy mais incapable d'un examen rationnel et critique de son bilan, était frappée de rechute. Comme si le Zénith, dix ans après, marquait cette même impuissance à combattre la droite autrement que sur le terrain sociétal. Et comme si le chant de l'antiracisme, fièrement claironné par les trompettes bhliennes, redevenait cet hiver la complainte du socialisme des imbéciles, comme l'avaient justement nommé Pierre André Taguieff et Alain Finkielkraut…


Lundi 15 Octobre 2007 - 00:01

Philippe Cohen



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Gustave Courbet est au Grand Palais

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PEINTURE

     

Gustave Courbet est au Grand Palais

NOUVELOBS.COM | 15.10.2007 | 08:35

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Une exposition consacrée au peintre Gustave Courbet est organisée au Grand Palais du 13 octobre au 28 janvier 2008.

"L'Origine du Monde" (Sipa)

"L'Origine du Monde" (Sipa) 

Une rétrospective du peintre franc-comtois, Gustave Courbet (1819-1877), est organisé au Grand Palais du samedi 13 octobre au 28 janvier 2008. Quelque 200 œuvres y seront présentées (120 toiles, 60 photographies et dessins).
L'ambition de cette rétrospective "est de proposer une nouvelle lecture de l'œuvre" de Gustave Courbet, peintre à scandale et député de la Commune, mort en exil. L'exposition accueillera des grands formats comme "Un Enterrement à Ornans", "L'Origine du Monde", des natures mortes, ses séries de paysages, mais aussi le fameux tableau "Femme nue couchée".

"Peindre en grand"

Gustave Courbet voulait "peindre en grand" mais surtout pas les sujets classiques de son époque, il peignait les choses qu'il voyait. La réalité et la banalité sont les thèmes majeurs de son œuvre. L'exposition est organisée en huit sections. Elle commence par les autoportraits de l'artiste avec "Le Désespéré" qui sert d'affiche à l'exposition. Aux côtés des paysages francs-comtois, l'exposition présente une partie moins connue de l'œuvre du peintre, ses scènes de chasse. Elle se termine avec les natures mortes, peintes en prison et en exil.
La rétrospective ira ensuite au Metropolitan Museum of Art de New York (27 février-18 mai 2008) et au musée Fabre de Montpellier (13 juin-28 septembre 2008).

(Tous les jours sauf le mardi de 10H00 à 22H00, le jeudi jusqu'à 20h00. Prix d'entrée : 10 euros - Tarif Réduit : 8 euros. Catalogue 472 pages. RMN Editions. 49 euros).


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