08 octobre 2007
Tests ADN : Le Pen soutient Fillon
IMMIGRATION
Tests ADN : Le Pen soutient Fillon
pour l'emploi du mot "détail"
NOUVELOBS.COM | 08.10.2007 | 13:56
Le leader du FN estime que le procès fait au Premier ministre marque la "tyrannie intellectuelle" et la pression de "lobbies." Politiques de gauche et associations dénoncent l'usage d'une expression estampillée extrême-droite.

Jean-Marie Le Pen
(c) ReutersJean-Marie Le Pen estime lundi 8 octobre que le procès fait à François Fillon pour avoir parlé de "détail" à propos des tests ADN marque la "tyrannie intellectuelle qui règne" en France."Je trouve cette bataille dérisoire, non pas seulement par l'usage abusif qui est fait de ce mot ostracisé par la politique. Je parle du mot 'détail'", a déclaré le président du Front national sur RTL.
"Un simple mot utilisé par un homme politique est frappé tout de suite de tas de difficultés. C'est dire à quel point les lobbies qui gouvernent la pensée collective sont puissants et capables de diaboliser qui que ce soit", a-t-il ajouté par référence à ses propres difficultés en 1987.
"Banalisation de crime contre l'humanité"
Jean-Marie Le Pen avait alors estimé que les chambres à gaz était un "détail" de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, ce qui lui a valu une condamnation quatre ans plus tard pour "banalisation de crime contre l'humanité".
En parlant de "détail" à propos du recours aux tests ADN pour les candidats au regroupement familial, le Premier ministre, François Fillon, a été la cible le week-end dernier de vives critiques de l'opposition.
Pour l'utilisation des tests ADN
Jean-Marie Le Pen a dit ne pas être choqué par l'article sur les tests ADN voté la semaine dernière par le Sénat, jugeant "cette bataille dérisoire."
"S'il y a des moyens de contrôle, je pense qu'on peut les employer d'autant qu'ils étaient volontaires", a-t-il dit.
Il a également évoqué des précautions "qui doivent rassurer les esprits démocratiques et humanitaires."
France télévisions : le rapport secret de Carolis confié au cabinet de Copé
France télévisions : le rapport secret de Carolis confié au cabinet de Copé
Le directeur de France télévisions a confié au cabinet qui emploie Jean-François Copé lla rédaction d'un projet de fusion des chaînes du groupe. Drôle de coïncidence, trois des anciens collaborateurs de Copé travaillent à présent auprès de Patrick de Carolis.
Tout commence par la petite bombe lâchée en dernière page du Canard enchaîné
du 3 octobre. Le grand plan secret de Patrick de Carolis pour répondre
aux exigences d'économie figurant dans la lettre de mission rédigée par
Nicolas Sarkozy à la ministre Christine Albanel y est dévoilé : le
projet « ORTF » comme l'appellent ses détracteurs prévoie la fusion des
chaînes du groupe France télévisions à travers un « projet de disposition législative » dont la rédaction a été commandée à un grand cabinet d'avocat.
Le Canard
ne le relève pas mais, hasard ou coïncidence, il s'agit justement du
cabinet Gide Loyrette et Nouel, celui où collabore Jean-François Copé.
Ce dernier vient d'ailleurs de se faire sérieusement avoiner pour
cumuler sans complexe son poste de député-maire et patron du groupe UMP
avec un juteux « temps partiel »
dans ledit cabinet. Le député-maire de Meaux s'est-il occupé lui-même
de la rédaction du texte commandité par Carolis ? Une chose est sûre,
on n'est pas loin du conflit d'intérêt.
Le soupçon plane d'autant plus que,
dans la garde rapprochée du directeur de France télévisions, certains
ont, par le passé, travaillé en étroite collaboration avec l'ancien
ministre du Budget. A titre d'exemple, l'attachée de presse personnelle
de Patrick de Carolis, Aurélie Ferton, est passée par les relations
presse du ministère du Budget à l'époque où Copé était en fonction. A
un poste nettement plus stratégique, on trouve le directeur général
Damien Cuier, ancien conseiller et surtout Bastien Millot, aujourd'hui
directeur délégué du groupe France télévisions auprès de Carolis,
ex-directeur-ajoint de cabinet de Copé au ministère du Budget et ami du
député-maire de Meaux (Copé lui avait même prêté son appartement). Les
rumeurs vont bon train dans les couloirs du bastion service publique.
Selon la lettre A,
Patrick de Carolis compte sur Jean-François Copé pour obtenir une
rallonge budgétaire indispensable au moment où, du fait de la baisse de
son audience, France Télévisions voit ses recettes publicitaires
s'éroder.
Mais Bastien Millot tient sa défense : le cabinet Gide Loyrette et Nouel « travaille avec France Télévisions depuis douze ans ». Et de préciser en riant : « il y a douze ans, moi, je n'étais pas encore sorti de science-po ! »
Il n'en demeure pas moins que le cabinet collaborant avec le chef des
députés de la majorité - à ce titre chargé de leur faire adopter le
budget du groupe France Télévisions - apparaît malencontreusement au
coeur d'un réseau aux mailles étroites de personnes d'influence.
Question : après douze ans de fidélité Gide Loyrette et Nouel, ne
serait-ce pas le bon moment pour procéder à un appel d'offres en bonne
et due forme, afin de se dédouaner de toute collusion ?
Et le pire est à venir : la « note prospective »
confiée à Gide Loyrette et Nouel, qui consiste à réfléchir à un texte
de loi visant à regrouper les services de France 2, France 3, France 4,
France 5 et RFO, et, au passage, à réaliser quelques économies
d'échelle en se débarrassant de 900 emplois, inquiète vivement les
syndicats. Ils sont d'autant plus sous le choc que, sans l'hebdomadaire
satirique, ils n'auraient eu vent de rien. Interrogés par Marianne2.fr, certains n'hésitent pas à dénoncer un Carolis « prêt à tout pour plaire à Nicolas Sarkozy et faire oublier son passé de chiraquien ».
Jean-François Tealdi, secrétaire général SNJ-CGT de l'audiovisuel
fustige de plus l'absence d'interlocuteurs : depuis leurs prises de
fonction, ni la ministre Christine Alabanel, en charge de
l'audiovisuel, ni Bernard Kouchner, en charge du rayonnement
international de l'audiovisuel français, n'ont daigné répondre aux
partenaires sociaux du service public. « Le seul qui nous parle, c'est George-Marc Benamou. »
Si les relations Copé-Carolis restent à définir, au moins, entre le
gouvernement et le conseiller culturel de l'Elysée, on sait qui tient
le gouvernail.
Lundi 08 Octobre 2007 - 16:07
Anna Borrel
Gautier-Sauvagnac: 15 millions dans la caisse noire
Exclusif
Gautier-Sauvagnac: 15 millions dans la caisse noire Jean-Marie Pontaut
Ce n'est pas 5 mais près de 15 millions d'euros que Denis Gauthier-Sauvagnac aurait finalement tiré en liquide sur le compte en banque de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie, entre 2000 et 2007. Dans quel but? Piste privilégiée: le financement occulte des syndicats.
'affaire
de la caisse noire de la Fédération de la métallurgie est encore plus
grave qu'on l'imaginait. Ce n'est pas seulement 5,6 millions d'euros
que le président de l'Union des industries et des métiers de la
métallurgie (UIMM), Denis Gautier-Sauvagnac
(DGS), a sorti en liquide, entre 2000 et 2007, mais près du triple.
L'enquête révèle en effet que DGS ne puisait pas dans un seul compte de
la fédération, mais dans trois. Le total des sommes en espèces retirées
au cours de la même période s'élèverait donc à près de 15 millions
d'euros. Reste évidemment à savoir comment Denis Gautier-Sauvagnac
utilisait cette manne et à qui elle était destinée. Le financement
occulte de syndicats demeure la piste privilégiée.
Mais beaucoup se demandent également pourquoi cette affaire sort aujourd'hui. Le Tracfin, organisme anti-blanchiment du ministère des Finances, enquête sur ce dossier depuis 2004. Il s'est davantage interrogé, semble-t-il, sur les rentrées d'argent que sur les sorties. En clair: comment ces fameux comptes étaient approvisionnés au sein même de l'UIMM. Il n'empêche que ces troublants retraits étaient connus depuis longtemps.
On s'étonne donc de la diligence soudaine du Tracfin à transmettre ce dossier à la justice et de la rapidité du parquet à diligenter l'enquête. Elle a déjà abouti à une perquisition au sein de la Fédération de la métallurgie et aux domiciles personnels de Gautier-Sauvagnac et de sa collaboratrice, Dominique Renaud, qui récupérait les espèces à la banque. Plus de 400 000 euros ont été saisis au siège de l'UIMM.
Tout dépend maintenant de ce que va déclarer DGS et s'il livre le nom des destinataires des sommes. Une bombe politico-sociale selon les spécialistes.
